Départementales 2021 en Lozère : la gauche en position de force

L’actuelle présidente du Conseil départemental de la Lozère vise un second mandat. Ce serait un nouvel exploit dans ce département historiquement acquis à la droite. Un exploit possible au vu de la situation délicate de la droite en Lozère. 

Bâtiment de l'hôtel du département de la Lozère
Bâtiment de l'hôtel du département de la Lozère © CD48

Elle est celle qui a fait basculer la Lozère à gauche pour la première fois de son histoire. En 2015, elle est aussi la seule au PS à ravir un département à la droite. Sophie Pantel termine son mandat à la tête de la Lozère mais n’entend pas s’arrêter là. “Si je me représente, c’est parce qu’avec mon équipe, nous avons une vraie ambition pour la Lozère”, explique-t-elle. “Nous voulons que la Lozère soit une terre où il fait bon vivre, on veut travailler en priorité sur le bien vivre ensemble et sur la jeunesse, ainsi que sur l’anticipation des changements environnementaux.”

Si je me représente, c’est parce qu’avec mon équipe, nous avons une vraie ambition pour la Lozère

Sophie Pantel, présidente sortante du conseil départemental de Lozère

Un nouveau mandat qui s’inscrirait dans la continuité du premier, son bilan comme un argument de campagne. Candidate sur son canton de Saint-Etienne-du-Valdonnez, l’ancienne maire du Pont-de-Montvert pourrait bien renouveler l’exploit voire même battre son score de 2015 sur cette terre traditionnellement de droite. Le département n’avait jamais connu d’élue de la gauche à sa tête auparavant. Les terres de Jacques Blanc restant fidèles à son parti historique. 

Mais depuis la fin de l’ère de l’ancien secrétaire d’Etat, la gauche ne cesse de gagner du terrain : le sénat conquis par Alain Bertrand, la ville de Mende par Laurent Suau… et le Conseil départemental par Sophie Pantel.

Aujourd’hui, seule l’Assemblée nationale reste fidèle à la droite. Mais pour combien de temps encore ? Pierre Morel-à-l’Huissier poursuit son 4e mandat mais il est actuellement cité à comparaître devant le tribunal de Mende à la suite d’accusations de malversations financières par l’un de ses anciens attachés parlementaires.

Une image ternie, au point de contraindre le député UDI à renoncer à ses velléités départementales : sa participation ayant été refusée sur le canton de Grandrieu par Valérie Vignal-Chemin. “J’ai été assaillie de demandes de nombreux candidats, y compris Pierre Morel-à-l’Huissier. Mais moi je suis une femme intègre et franche, je ne joue pas pour moi, je suis là pour aider la population, pas me faire de l’argent”, affirme la candidate de droite mais non encartée qui fait campagne en faveur de l’attractivité touristique (et économique) de la Margeride afin d’y faire revenir duralement la population. 

La droite présente dans 7 cantons sur 13

Aujourd’hui la droite n’est présente que dans 7 cantons sur 13, et absente de la première circonscription de Mende. La droite lozérienne en crise ? Une analyse que réfute le maire d’Aumont-Aubrac, candidat pour la droite (mais non encarté) sur le canton de Peyre-en-Aubrac. “Je ne pense pas qu’elle soit en crise, chaque canton a ses spécificités et il n’est pas toujours possible d’y trouver des candidats. Mais au vu des dernières élections, on voit bien qu’il y a des gens de droite près à travailler ensemble en Lozère".

 Alain Astruc vient en effet d’être élu à la tête de l’association des maires de Lozère et du SDEE (le Syndicat Départemental d’Energie et d’Equipement de la Lozère). Alain Astruc repart en campagne avec la même équipe qu’il y a 6 ans et un programme axé sur la coopération entre département et collectivités locales. “Elles ont de moins en moins de ressources, il faut les accompagner et travailler sur la politique d’accueil de nouvelles populations dans notre département." Le maire d’Aumont-Aubrac dit n’avoir aucune ambition personnelle à diriger le département mais n'exclut pas d'accepter cette fonction si l’occasion se présentait.    

Impossible bien sûr de présumer du résultat de cette élection aujourd’hui. En 2015, Sophie Pantel avait d’ailleurs été élue grâce au découpage des cantons mais la droite représentait alors 60% des suffrages exprimés sur l’ensemble du département. 

Une chose est sûre, avant même le début du scrutin, un canton est déjà remporté par l’actuelle présidente du Conseil départemental : le canton du Collet-de-Dèze où un seul binôme est en lice, composé de Michèle Manoa et Robert Aigoin, des conseillers départementaux sortant, acquis à l’actuelle majorité départementale.

Les raisons de l'annulation du débat des départementales en Lozère sur France 3 Occitanie

 

La diffusion du débat des départementales en Lozère était prévu sur France 3 Occitanie lundi 7 juin après le débat des Pyrénées-Orientales.

Pour pouvoir inviter des candidats représentant la diversité des sensibilités politiques, nous avons contacté cinq formations politiques présentes en Lozère et représentatives selon les critères du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, c'est à dire en se fondant sur les résultats des précédents scrutins.

- Sophie Pantel, présidente actuelle du conseil départemental de Lozère, a été désignée pour représenter le "Parti Socialiste" et ses alliés "Divers Gauche".

- Grégoire de Saint Jorre a été désigné pour représenter "Europe Ecologie - Les Verts".

- Serge Gayssot a été désigné pour représenter le "Parti Communiste".

- Jean-François Pardigon a été désigné pour représenter le "Rassemblement National"

- Concernant "Les Républicains", Jean Paul Pourquier - ancien président du Conseil Général de Lozère et chef de file du parti - qui ne pouvait être présent, nous a proposé d'être représenté par un seul autre membre de son parti : Paul De Las Cases. Les noms de messieurs Patrice Saint Léger et Patrick Renouard ont aussi été évoqués mais - pour ces éléctions départementales - ils représentent d'autres sensibilités (respectivement "Divers Droite" et "La République En Marche").

Des invitations ont été adressées à Madame Pantel et Messieurs  De Las Cases, Pardigon, Gayssot et de Saint Jorre à la fin du mois de mai 2021. Tous nous ont renvoyé leur accord écrit pour participer au débat réalisé le lundi 7 juin 2021 dans notre studio de Montpellier.

Dimanche 6 juin, Madame Sophie Pantel nous a adressé un mél pour nous informer qu'elle ne viendrait finalement pas du fait du "désistement de la Droite Républicaine".

Lundi 7 juin au matin Serge Gayssot nous a adressé un mél pour nous informer qu'il ne serait pas non plus présent, précisant que cela été motivé par "l'absence de messieurs Pourquier et Astruc, représentants légitimes et reconnus de l'opposition à la majorité départementale".  

Lundi 7 juin en fin de matinée Grégoire de Saint Jorre a été le dernier à se désister. 

Paul De Las Cases et Jean-François Pardigon se préparaient à rejoindre Montpellier pour participer au débat quand nous les avons contactés pour leur expliquer la situation. Paul De Las Cases n'a pas souhaité débattre "en tête à tête" avec monsieur Jean-François Pardigon, cela n'étant pas la proposition initiale.

A notre grand regret, lundi 7 juin à midi, nous sommes donc convenus, avec messieurs De Las Cases et Pardigon, d'annuler ce débat.

Christophe Chassaigne, rédacteur en chef de France 3 Occitanie

 

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