REPORTAGE. Voyage au cœur des Gorges du Tarn avec les derniers bateliers de Lozère

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La descente des Gorges du Tarn est apaisante, d'autant plus cette année que le niveau de la rivière est exceptionnellement haut et permet une navigation toute en douceur au milieu des immenses falaises. ©S. Banus / Y. Le Teurnier / F3 Occitanie

C'est l'une des attractions touristiques les plus apaisantes de la Lozère : la descente des Gorges du Tarn avec les Bateliers de La Malène. Jusqu'en 1905, ils ont été le seul moyen de transport de la vallée. Aujourd'hui, ils emportent les touristes pour un voyage hors du temps au fil du Tarn.

Au petit matin, la brume enveloppe encore les Gorges. Il faut être patient pour découvrir le trésor des lieux : une eau "vert émeraude" qui se révèle seulement aux premiers rayons du soleil. Et qui s'apprécie à bord des barques des bateliers, comme nulle part ailleurs.

Descendre la rivière, remonter le temps

Thomas Percegol est l'un des bateliers de La Malène. Le niveau d'eau est bon cette année : "Ça fait plaisir à voir. C'est très très vert, on le voit à la rivière, on le voit à la végétation."

Descendre le Tarn avec les bateliers, c'est d'abord remonter le temps. Car pendant des siècles, les habitants, coincés entre les Causses Méjean et de Sauveterre, n'avaient que ce moyen de transport à leur disposition.

Des bateaux depuis 1 000 ans

"Tous les trajets étaient compliqués, très durs [...] Et puis dès que la rivière monte, elle est inutilisable. Quand il y a trop d'eau, c'est trop dangereux", poursuit le batelier.

Thomas Percegol connaît l'histoire de la vallée sur le bout des doigts : "On a des traces de bateaux dans la rivière depuis le XIe siècle." En 1905, la construction de la route révolutionne les déplacements. "Ça a été une révolution pour la vallée, ça a tout transformé."

Les "détroits", c'est l'autre attrait de cette balade. Et pas des moindres. Sur l'ensemble des Gorges du Tarn, c'est ici, sur un petit kilomètre, qu'elles sont les plus étroites.

À cet endroit, la profondeur du canyon est de 500 m. L'effet est vertigineux.

"Grandiose"

Robert Lévy est originaire de Charente-Maritime. Il passe des vacances dans la région. Il peine à trouver les mots justes pour décrire ce qui l'entoure ce jour-là : "Grandiose... Ça nous ramène au passé, à des millions d'années, quand la nature a fait ces choses qu'on ne fera jamais. Donc effectivement, on est amoureux de tout ça."

L'activité des bateliers est bien moins importante que celles des loueurs de canoës dans les Gorges du Tarn

Mais clin d'œil de l'histoire... Après avoir assuré la survie des habitants comme mode de transport, les bateliers de la Malène emploient aujourd'hui huit personnes à l'année et 22 en pleine saison.