• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT

Pourquoi le procès en révision de Nîmes est historique ?

A l'ouverture du procès devant les assises du Gard / © PASCAL GUYOT / AFP
A l'ouverture du procès devant les assises du Gard / © PASCAL GUYOT / AFP

Du 30 juin au 3 juillet, Abdelkader Azzimani et Aberrahim El Jabri comparaissent devant les assises du Gard pour obtenir leur acquittement définitif après leur condamnation à 20 ans pour le meurtre d'un dealer à Lunel, en 1997. Seules huit erreurs judiciaires ont abouti en acquittements depuis 1945.

Par Laurence Creusot

Les révisions en condamnations sont rares. Depuis 1945 on en compte seulement huit. Si le procès de Nîmes aboutit à l'acquittement de Abdelkader Azzimani et Aberrahim El Jabri, les deux Héraultais deviendront les 9ième et dixième condamnés reconnus innocents et réhabilités par la justice.

Nîmes : les familles des victimes à la cour de révision
Reportage F3 : N.Perez et N.Tahar

Huit hommes ont été acquittés et réhabilités depuis 1945.

2012 Marc Machin
Marc Machin (à d.), accompagné de son avocat, Me Louis Balling, avant le début de son procès à la Cour de révision, le 2 mars 2010. / © OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP
Marc Machin (à d.), accompagné de son avocat, Me Louis Balling, avant le début de son procès à la Cour de révision, le 2 mars 2010. / © OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP
Marc Machin avait 19 ans quand il a été placé en garde à vue pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot tuée sur le pont de Neuilly (Hauts-de-Seine), le 1er décembre 2001. Après quarante heures de ce huis clos, sous la pression d'un commandant de police, il est passé aux aveux. Ainsi, sa détention provisoire a débuté le 15 décembre 2001 pour atteindre 855 jours avant le premier procès. Elle s'est poursuivie plus d'un an jusqu'au verdict d'appel.

Condamné à dix-huit ans de réclusion, en 2005, Marc Machin ne serait probablement pas sorti de prison avant la fin de sa peine si le véritable meurtrier, David Sagno, ne s'était rendu pour revendiquer le meurtre, en mars 2008. Résultat, le jeune homme aura passé 2 126 jours en cellule alors qu'il était innocent. 
Marc machin réclame 2 millions d'euros de dommages à la justice.

2011 Loïc Sécher
Loïc Sécher, le 20 juin 2011 / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Loïc Sécher, le 20 juin 2011 / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Condamné à tort à 7 ans de prison pour viol, Loïc Sécher est condamné à seize ans de réclusion. Fin 2000, une adolescente de 14 ans l'accuse de viols et agressions sexuelles. En 2008 la jeune femme avoue avoir menti. Après son procès en révision Loïc Sécher a perçu près de 800.000 euros de la part de l'institution judiciaire. L'une des plus grosses indemnisations versées par la justice à un condamné blanchi.

2002 Patrick Dils
© France 3 Lorraine
© France 3 Lorraine
Le 28 septembre 1986, Patrick Dils, alors âgé de 16 ans, découvre le corps de 2 enfants assassinés près de chez lui à Montigny-les-Metz. Il passera 15 ans en prison pour ce double crime avant d’être acquitté. Apprenti cuisinier, il est à 19 ans en 1989 le plus jeune condamné à perpétuité.
Il faudra trois recours en révision pour l'innocenter. Quand il sort de prison à 31 ans, il a passé la moitié de sa vie derrière les barreaux.

1999 Rida Daalouche
Rida Daalouche et sa famille / © CLAUDE PARIS / AFP
Rida Daalouche et sa famille / © CLAUDE PARIS / AFP
Libéré en 1997, Rida Daouche retrouve sa famille à Marseille.
Ce tunisien est condamné à 14 ans de réclusion pour le meurtre d'un dealer à Marseille en 1991. En 1997, il réussit à prouver qu'il était en cure de désintoxication au moment des faits. Il est libéré en 1997 puis acquitté en 1999.

1985 Guy Mauvillain
Guy Mauvillain avec sa femme en juillet 1981 / © RENE JEAN / AFP
Guy Mauvillain avec sa femme en juillet 1981 / © RENE JEAN / AFP
Le 9 janvier 1975 à La Rochelle, Élise Meilhan, professeur de musique retraitée de 76 ans, est sauvagement agressée dans sa maison. Guy Mauvillain est condamné à 18 ans de réclusion criminelle après une enquête bâclée et un procès expéditif. Soutenu par la ligue des droits de l'homme et un comité de soutien où apparaissent Haroun Tazieff et Yves Montand.
Il est rejugé et acquitté le 29 juin 1985 par la cour d'assises de la Gironde. Il obtiendra 400 000 francs de dommages et intérêts.

1985 Roland Agret
Roland Agret le 10 novembre 1985 au palais de justice de Grenoble / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Roland Agret le 10 novembre 1985 au palais de justice de Grenoble / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Condamné à quinze ans de réclusion en 1973 pour l'assassinat d'un garagiste, il ne cesse de clamer son innocence : il se lance dans une grève de la faim, escalade le toit de sa prison et va même jusqu'à se couper deux doigts en protestation. Il obtient la révision de son procès et son acquittement en 1985. Depuis, il a fondé une association, Action justice, destinée à épauler des victimes d'erreurs judiciaires. En 2006, il se tire une balle dans le pied pour réclamer une indemnisation.

1969 Jean-Marie Deveaux
Jean-Marie Deveaux à gauche et son avocat en septembre 1969 / © STF / AFP
Jean-Marie Deveaux à gauche et son avocat en septembre 1969 / © STF / AFP
Ce garçon boucher est condamné à vingt ans de réclusion en 1963 pour l'assassinat de la fille de ses patrons dans la banlieue de Lyon. Une petite fille de sept ans Dominique Bessard retrouvée morte dans une cave, frappée de plusieurs coups de couteau avant d'être égorgée en juillet juillet 1961.
Jean-Marie Deveaux avoue lors de l'instruction, puis se rétracte à l'audience. En prison, il tente de suicider. Il est rejugé après révision et acquitté en 1969.

1955 Jean Deshays

Ce docker accusé d'avoir assassiné un fermier est condamné à vingt ans de travaux forcés en 1949. Les véritables auteurs du crime sont découverts en 1952 et condamnés en 1954. Jean Deshays est alors rejugé après révision de son procès.

A lire aussi

Sur le même sujet

Incendie de Rouen : polémique à l'USAP sur le maintien du match de rugby de Pro D2

Les + Lus