Coronavirus : nommé “Ministre“ du déconfinement, le maire de Prades Jean Castex est ”un bosseur, toujours à l'écoute”

Jean Castex, au conseil départemental des Pyrénées-Orientales en 2019. / © Michel Clementz / Max PPP
Jean Castex, au conseil départemental des Pyrénées-Orientales en 2019. / © Michel Clementz / Max PPP

Tout le monde l'attend mais personne ne sait ni quand ni comment il va se passer. C'est le maire de Prades dans les Pyrénées-Orientales qui vient d'être chargé de la mission d'organiser le déconfinement par le gouvernement. Jean Castex, haut fonctionnaire de 54 ans, est maire (LR) depuis 2008.

Par Carine Alazet et Olivier Meyer

Le Premier Ministre l'a annoncé jeudi 2 avril lors de son intervention dans le journal télévisé de TF1. 

"Le déconfinement ne pourra intervenir que de façon progressive", a répété Edouard Philippe, "nous sommes en train de réfléchir à plusieurs scenarii" avec "des experts de la santé, des logisticiens sous la houlette du délégué interministériel aux Jeux Olympiques, Jean Castex".

"C'est un haut fonctionnaire qui connaît parfaitement le monde de la santé et qui est redoutable d'efficacité"

"C'est un haut fonctionnaire qui connaît parfaitement le monde de la santé et qui est redoutable d'efficacité", a précisé le chef du gouvernement, soulignant que la sortie du confinement "n'est pas pour demain matin (...) la logique du confinement doit prévaloir, au moins jusqu'au 15 avril" et "probablement plus longtemps si les conditions sanitaires l'exigent".

Selon son entourage, Jean Castex prend cette nomination comme "une belle preuve de confiance" et un "sacré challenge"."Il a conscience qu’un travail lourd et sans précédent l’attend".

Jean Castex a fait savoir qu'il ne s’exprimerait pas tant qu’il n’aura pas pris officiellement ses fonctions.

Ce matin encore, le maire de Prades se préoccupait de l'avancée des travaux de la RN 116, la route bloquée depuis la tempête Gloria fin janvier 2020. Une fermeture qui pénalise l’ensemble du Conflent.
 

Il devrait rejoindre Paris dans les prochaines heures et prendre très rapidement ses nouvelles fonctions.


Qui est Jean Castex ?

Maire de Prades, commune près de Perpignan, élu depuis 2008, réélu dès le premier tour des élections municipales de mars dernier avec 75% des suffrages exprimés, Jean Castex est un haut fonctionnaire, passé par l'ENA, la Cour des Comptes (conseiller-maître) et la préfecture du Vaucluse (secrétaire général).
 

Il est également conseiller départemental Les Républicains des Pyrénées-Orientales depuis 2015, et il a été conseil régional du languedoc-Roussillon de 2010 à 2015.
 

C’est pas Dieu mais c’est un bosseur

Jean-José Montessino connaît bien Jean Castex. Il est maire d’Eus, une petite commune voisine, et a participé à ses campagnes pour les élections départementales et régionales.

"C’est pas Dieu mais c’est un bosseur ! Quand il accepte une mission il se lance à fond, connaît ses dossiers et fait le job jusqu’au bout, explique Jean-José Montessino, "C’est quelqu’un qui est prêt à travailler 15 heures par jour. Jean Castex vient d’être réélu maire dès le 1er tour avec 75 % des voix, c’est pas sans raison.".
 

Il est fédérateur

Selon le maire d'Eus, son ami a toutes les qualités pour remplir la difficile mission qui vient de lui être confiée : "Il fait la quasi-unanimité dans le Conflent, il sait s’entourer et sera capable de rassembler au-delà des clivages politiques. Ses qualités sont reconnues à gauche comme à droite, il est fédérateur et il connaît bien l’univers médical. Jean a le sens de l’humain, c’est énorme surtout dans le contexte actuel."
 
A Prades le 27 novembre 2017, Jean Castex guide une visite ministérielle avec Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique et des transports et Julien Denormandie, secrétaire d'Etat à la cohésion des territoires. / © Michel Clementz / Max PPP
A Prades le 27 novembre 2017, Jean Castex guide une visite ministérielle avec Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique et des transports et Julien Denormandie, secrétaire d'Etat à la cohésion des territoires. / © Michel Clementz / Max PPP

Pour le docteur Yves Delcor, premier adjoint de Jean Castex à Prades, c'est l'homme de la situation : "C’est une tâche administrative et sanitaire qu’il va occuper. Même si ce n’est pas une fonction exécutive, c’est une mission essentielle. J’ai toute confiance pour qu’il mène à bien cette mission de déconfinement."

Il connaît tous les interlocuteurs-clés.

"Ce sera d’autant plus  facile qu’il était délégué interministériel en charge de l’organisation des JO", précise Yves Delcor, "donc il connaît parfaitement tous les interlocuteurs clés dans chaque ministère que ce soit dans le domaine de la santé bien sûr mais aussi les écoles, les territoires, l’urbanisme, la cohésion sociale ou les finances."

Sa nomination est une bonne chose pour lui et pour nous

"Jean Castex connaît l’univers médical puisqu’il  était directeur de l’hospitalisation et de l’offre de soin au niveau national à l’époque ou Xavier Bertrand était ministre de la Santé. Il a une certaine légitimité dans ce domaine. Sa nomination est une bonne chose pour lui et nous !", conclut le premier adjoint de Prades.
 


Dans la presse nationale, Patrick Pelloux, médecin urgentiste et médiatique, ne dit pas autre chose.

Il est toujours à l'écoute

Lors du grand mouvement de grève des urgences en 2005, Jean Castex était directeur de l’hospitalisation et des offres de soins au ministère de la Santé. 

"C’est un super mec ! Un homme d’Etat. Le sens du travail, respectueux des gens, toujours à l’écoute."

La famille de Jean Castex est originaire du Gers,, il est né le 25 juin 1965 à Vic-Fezensac, ville dont son grand-père Marc Castex a été maire de 1971 à 1989 et sénateur.

Après son bac, il étudie l'histoire à Toulouse puis entre à Sciences Po Paris, avant d'intégrer l'ENA et de commencer une carrière de haut fonctionnaire.
Jean Castex, délégué interministériel à l'organisation des Jeux Olympiques et paralympiques de Paris 2024 avec Tony Estanguet, président du comité d'organisation Paris 2024 et le président de la République Emmanuel Macron en janvier 2019. / © Ludovic Marin / Max PPP
Jean Castex, délégué interministériel à l'organisation des Jeux Olympiques et paralympiques de Paris 2024 avec Tony Estanguet, président du comité d'organisation Paris 2024 et le président de la République Emmanuel Macron en janvier 2019. / © Ludovic Marin / Max PPP


Carrière politique


Jean Castex connaît bien le ministère de la Santé, dont il va dépendre pour sa nouvelle "mission de déconfinement".

Il y a occupé la fonction de directeur de l'hospitalisation et de l'organisation des soins de 2004 à 2006, puis il a été directeur de cabinet de Xavier Bertrand, quand il était ministre de la Santé de 2005 à 2007, avant de le suivre au ministère du travail. 

En 2008, il est élu maire de Prades, sous l'étiquette UMP, petite commune de 6 000 habitants près de Perpignan. Il est réélu au premier tour en 2014 puis en 2020, avec 75% des suffrages exprimés.
    
En 2011, il est nommé secrétaire général adjoint de l'Élysée et le reste jusqu'à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy en 2012. Une fonction qu'il a occupée sans quitter son mandat d'élu local, revenant chaque week-end à Prades, auprès de son épouse et de leurs quatre filles.

En 2012, poussé par Nicolas Sarkozy, il se présente comme député dans la 3ème circonscription des Pyrénées-Orientales mais il échoue au second tour face à la socialiste Ségolène Neuville, portée par la vague rose qui déferle sur le pays à ce moment-là.

Son nom avait été avancé pour succéder à Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur, mais c'est Christophe Castaner qui a finalement été choisi.
 

En 2017, Jean Castex a été nommé délégué interministériel aux jeux Olympiques et paralympiques de 2024 à Paris.

En 2019, il est devenu président de l’Agence nationale du sport.

Le 2 avril 2020, le Premier Ministre l'a chargé de la mission d'organiser le déconfinement, "sans doute progressif". Une mission dont les contours n'ont pas encore été précisés.

La stratégie appliquée pour sortir du confinement va notamment dépendre de la disponibilité de tests, alors que le gouvernement est déjà critiqué sur cette question et a promis une montée en puissance des tests disponibles. 
    
Le président Emmanuel Macron s'est entretenu avec les membres du Conseil scientifique sur le Covid-19 qui ont déjà estimé que le confinement pourrait durer jusqu'à six semaines au moins.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus