Affaire Fiona : au procès en appel, l'espoir d'avoir la vérité sur la mort de l'enfant martyre

Lundi 9 octobre, aux assises de Haute-Loire, au Puy-en-Velay, s'ouvre le procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf, la mère et le beau-père de la petite Fiona. Tous deux sont accusés de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. / © BENOIT PEYRUCQ / AFP
Lundi 9 octobre, aux assises de Haute-Loire, au Puy-en-Velay, s'ouvre le procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf, la mère et le beau-père de la petite Fiona. Tous deux sont accusés de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. / © BENOIT PEYRUCQ / AFP

"Ce que j'attends, c'est qu'ils craquent". Le procès en appel de la mère de Fiona et de son ex-compagnon s'est ouvert lundi devant les assises de Haute Loire, où les parties civiles espèrent avoir la vérité sur la mort de la fillette dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Par Z.S. avec F3 Auvergne-Rhône-Alpes et AFP

Au procès en appel devant les assises de Haute Loire, les parties civiles avoir la vérité sur la mort de Fiona.

Garde à vue à Perpignan


Pour rappel, la mère de Fiona et son compagnon avaient fait croire à l'enlèvement de la fillette avant d'avouer lors de leur garde à vue à Perpignan avoir tué l'enfant. Fiona, 5 ans, a disparu en mai 2013 à Clermont-Ferrand. Le corps de l'enfant n'a jamais été retrouvé.

La mère de Fiona et son compagnon rejugés


Cécile Bourgeon, 31 ans, et Berkane Makhlouf, 36 ans, sont rejugés pour des violences volontaires ayant entraîné la mort de l'enfant, sans intention de la donner. La mère est apparue dans la salle d'audience le visage bouffi. Son ancien concubin, le visage émacié. Le 26 novembre 2016 Cécile Bourgeon avait été acquittée des faits criminels par la cour d'assises du Puy-de-Dôme qui l'avait cependant condamnée à cinq ans de prison pour avoir élaboré le scénario mensonger d'une disparition de Fiona, sa fille de cinq ans, en 2013. Berkane Makhlouf avait écopé de 20 ans de réclusion criminelle. Le parquet général, qui avait requis contre les deux accusés la peine maximale - 30 ans - avait fait appel.

Affaire Fiona. Première journée d’audience du procès en appel
Lundi 9 octobre a débuté au Puy-en-Velay, le procès en appel de la mère de la petite Fiona et de son ex-compagnon. Devant la Cour d’assises de Haute-Loire, ils comparaissent pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Intervenants : Nicolas Chafoulais, Père de Fiona / Christiana Brunet, Grand-mère paternelle de Fiona / Dessin : Franck Lemort  - V. Riffard / E. Monnier / G. Malfray / France 3 Auvergne

"Ce que j'attends, c'est qu'ils craquent"


Le premier procès, très tendu, n'avait rien résolu aux yeux des proches de la victime qui attendent beaucoup de l'audience d'appel au Puy-en-Velay. "Je veux savoir où est ma petite-fille, pourquoi et comment elle est morte, je n'ai eu aucune réponse", a déclaré la grand-mère paternelle de Fiona, Christiane Brunel. "Mon intime conviction, c'est qu'ils mentent. Ce que j'attends, c'est qu'ils craquent", a-t-elle ajouté aux côtés de son fils Nicolas Chafoulais, père de l'enfant. "Je veux qu'elle (la mère de Fiona) fasse une grosse peine de prison, cinq ans, c'est pas grand-chose", a lancé celui-ci. "Elle manipule la cour, elle manipule tout le monde (...) Je ne pense pas qu'elle soit prête à parler, lui on verra."

Interrogatoires à Perpignan


L'affaire débute le dimanche 12 mai 2013 quand Cécile Bourgeon, enceinte de son troisième enfant, signale à la police la disparition de sa fille dans un parc de Clermont-Ferrand, pendant qu'elle faisait une sieste. La thèse de l'enlèvement est privilégiée. Devant les caméras, la mère, en larmes, lance un déchirant appel pour la retrouver. Mais les enquêteurs soupçonnent rapidement ce couple, connu pour sa toxicomanie, et le placent sur écoute. Ils attendent l'accouchement en septembre 2013 à Perpignan, où Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf ont déménagé, pour les réinterroger.

Les accusés se rejettent la faute


Ils avouent alors que Fiona est morte et qu'ils l'ont enterrée aux alentours de Clermont-Ferrand. Mais tous deux se rejettent la faute et le lieu d'inhumation reste introuvable. La mère accuse son compagnon d'avoir maltraité la fillette et de lui avoir assené des coups violents la veille du drame. Des allégations qu'il rejette en bloc, l'accusant en retour d'avoir frappé Fiona. Le flou de leurs souvenirs empêche les enquêteurs d'y voir clair et tous deux sont renvoyés sans distinction devant les assises.

"Est-ce qu'ils vont enfin parler ?"


A Riom en première instance, les débats s'enlisent et le procès vire à la farce quand un témoin-surprise, une médium-radiesthésiste, explique à la barre avoir été "contactée par la fillette"... avant de s'effondrer sur le sol. Poussée dans ses retranchements, Cécile Bourgeon perd plusieurs fois son sang-froid. Au final, le verdict de la cour fait un choix entre les deux accusés, mais la disparition de Fiona reste entourée de mystère. Au Puy-en-Velay, "l'enjeu, c'est la manifestation de la vérité. C'est ce que nous devons à Nicolas Chafoulais, à savoir où le corps de sa fille a été jeté et par qui, sous quels coups elle est décédée (...) Tout dépend de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf : est-ce qu'ils vont enfin parler ?", souligne l'avocat du père, Charles Fribourg.
La défense est plutôt pessimiste.

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