Dépakine. "Un foutage de gueule immense" : le combat d'une mère, lanceuse d'alerte, pour faire indemniser ses enfants handicapés

Depuis 14 ans, Marine Martin se bat pour faire reconnaître le préjudice causé à ses enfants par la Dépakine, un antiépileptique entraînant des malformations et des retards de développement chez l'enfant. Désormais, elle cherche aussi à faire indemniser son fils et sa fille, au niveau de leurs handicaps.

Marine Martin est une lanceuse d'alerte installée à Pollestres dans les Pyrénées-Orientales. Depuis 2009, elle livre un combat pour faire reconnaître le scandale sanitaire de la Dépakine, un antiépileptique pris par des milliers de femmes pendant leur grossesse et à l'origine de troubles neurologiques et physiques de leurs enfants.

"Je n'attends plus de compassion"

Ses deux enfants sont nés avec de lourds handicaps : visage marqué, trouble de l'apprentissage et de l'interaction sociale pour Salomé, malformations et autisme reconnu pour Nathan. Un préjudice que les deux enfants ont porté devant l'Oniam, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, un organisme public censé proposer un accord à l'amiable plus rapide que les tribunaux. Pourtant l'Oniam multiplie les demandes de justificatifs.

"Il faut retrouver les tickets d'autoroutes de 2008 quand on allait faire opérer Nathan à l'hôpital, s'agace Marine Martin. J'ai beau leur expliquer que derrière, il y a des vies, il y a des enfants qui souffrent. Je suis en colère, je n'attends plus rien, pas de compassion, de compréhension."

L'Oniam a fini par proposer une indemnisation aux enfants : 360 000 euros pour Nathan, 100 000 pour Salomé. Des montants plus bas que ce que les tribunaux prononcent habituellement. Mais épuisés, les enfants Martin ont fini par accepter.

"L'image de profiteurs"

"Je le perçois, comme une injustice et, pour le dire vulgairement, un foutage de gueule immense, s'émeut Nathan. Je ne comprends pas comment on peut se moquer autant des personnes. C'est quelque chose d'inhumain et d'absurde."

"Énoncer la somme comme ça, ça paraît énorme, complète Salomé. Mais par rapport à ce que ma vie aurait pu être, aux portes qui m'ont été fermées à cause de mon handicap, au final on se rend compte que c'est dérisoire. On nous renvoie l'image de profiteurs comme si on venait gratter les fonds de caisse de l'Oniam. C'est révoltant."

Une situation difficile à vivre pour les 2 enfants et la famille mais loin de décourager, Marine Martin, cette habitante de Pollestres qui se bat toujours contre le géant pharmaceutique Sanofi, fabricant de la Dépakine.

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