Législatives 2022 : le RN renforce ses positions face à la Majorité présidentielle dans les Pyrénées-orientales

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Le Rassemblement national est au second tour dans les quatre circonscriptions face à 3 Renaissance ! et un NUPES, une formation qui fait tout de même une forte poussée dans le département.

Pierre Bataille, candidat de la majorité présidentielle et proche de Jean Castex, ex-Premier ministre, éliminé dans la 3ème circonscription, appelle à voter blanc au second tour et ne prend pas position entre Sandrine Dogor (RN) et Nathalie Cullelle (NUPES-LFI).

Hermeline Malherbe, présidente du conseil départemental des Pyrénées-orientales qui avait appelé à voter pour les dissidents PS "déplore les effets de l'accord NUPES, qui s'est fait dans un manque de transparence plutôt qu'au plus près des réalités ce qui n'a pas permis de présenter des candidats présumés et engagés. J'appelle chacune et chacun à se mobiliser dimanche prochain. Chaque voix compte. Fidèle à mon engagement et à mes valeurs politiques, j’appelle clairement à voter contre les candidats du Rassemblement national et dans la 3ème circonscription à voter pour la candidate de gauche."

Louis Aliot analyse la performance globale du RN dans le département: "Sur Perpignan, nous progressons encore, ce qui valide notre stratégie ainsi que notre action municipale.Des ce soir, j’appelle toutes les forces républicaines, nationales et patriotes à se rassembler pour l’avenir. J’ appelle aussi tout ceux qui ne veulent ni de Macron ni de l’extrême-gauche à nous rejoindre."

Anaïs Sabatini (RN), en tête dans la 2ème est satisfaite: "On est très fier de notre résultat aujourd'hui. Avec un peu moins de 37%, c'est assez confortable cependant, on va continuer à travailler, il reste encore une semaine de campagne." La crainte d'un front républicain ? "Il  a ses limites et on l'a vu il y a deux ans avec notre victoire à la mairie."

4ème circonscription : résultats définitifs. Au second tour Michèle Martinez (RN) 28,91% affrontera le député sortant Sébastien Cazenove (Ensemble !) 19,39%. Jérôme Pous (LFI-NUPES) est écarté du second tour pour 132 voix. La dissidence PS d'Alexandre Reynal (9,71%) empêche la qualification de la NUPES au second tour. 

1ère circonscription : résultats définitifs. Romain Grau (24,54%), député sortant Renaissance sauve de peu sa place au second tour. Il devance Francis Daspe (23,63% NUPES) arrivé 3ème de moins de 300 voix. Sophie Blanc (RN) arrive en tête avec 31,36%. 

3ème circonscription : résultats définitifs. Sandrine Dogor (RN) 27,67% sera opposée à Nathalie Cullell (LFI-Nupes) 27,29 %. 156 voix séparent les deux candidates. Le candidat de la Majorité présidentielle Pierre Bataille, un proche de Jean Castex est éliminé avec 24,36% des voix. Avec seulement 11,65% des inscrits, il ne peut se maintenir. La députée sortante de la Majorité présidentielle Laurence Gayte ne se représentait pas. "Nous avons mené une campagne collective et ça a payé. C'est extrèmement inquiétant de voir le RN aussi fort. Il faut aller chercher les abstentionnistes un à un, explique Nathalie Cullell.

Premier résultat définitif avec la 2ème circonscription: Le duel au second tour opposera Anaïs Sabatini (RN) 37,62% à Frédérique Lis (Ensemble !) 20,49%.  Cette dernière devance de 99 voix David Berrué (NUPES) qui obtient 20,32% des voix mais comme il ne réunit pas 12,5% des inscrits, il ne peut se maintenir. "Nous n'avons pas assez convaincu même si nous avons été à l'écoute des citoyens." Une déception à relativiser selon Emmanuel Négrier, politologue: "C'est une circonscription très à droite. C'est un résultat remarquable, plus encourageant que décevant".

Pour Frédérique Lis (LREM): "on vient de vivre 5 ans inutile sur ce territoire avec une députée RN." Elle fait un appel du pied au candidat de la NUPES David Berrué: "on n'est peut-être pas d'accord sur les idées mais on est d'accord sur les valeurs, d'accord de vouloir travailler pour notre territoire."

Les premiers partiels nous parviennent. Dans la 3ème circonscription, 91 % des bulletins ont été dépouillés. Nathalie Cullelle (NUPES) est en tête avec 28% des voix devant Sandrine Dogor-Such (RN) 26,67% et Pierre Bataille (Renaissance) 24,79%. 

Dans la 2ème circonscription, la protégée de Louis Aliot Anaïs Sabatini domine avec près de 37% des voix avec 88,10% des résultats attendus. Elle devance Frédérique Lis (Renaissance) 20,66% et David Berrué (EELV-NUPES) 20,32%. 

Dans la 1ère circonscription, (77% des résultats attendus), Sophie Blanc (RN) est en tête avec près de 32% des voix devant Francis Daspe (NUPES) 23,83% et Romain Grau député sortant LREM (23,78%).

Dans la 4ème circonscription (70% des résultats attendus) Michèle Martinez (RN) est en tête avec 30,35% des voix devant Sébastien Casenove, député sortant LREM 22,03% et Jérôme Pous (LFI-NUPES) 20,60%.

Le premier a tweeté durant cette soirée est Louis Aliot, le maire de Perpignan mais pour saluer le matien de l'USAP en Top 14 après sa victoire à Mont-de-Marsan. 

A 20 heures, nous vous proposons notre première estimation nationale. Ensemble § et la NUPES sont à égalité.

Les bureaux de vote ont tous fermé à 18 heures pour les Pyrénées-orientales.

Pour connaître tous les résultats, nous vous proposons ce widget Franceinfo et suivre la soirée sur notre antenne, à la télévision

1ère circonscription : la plus macroniste

Elle est composée d'une bonne partie de la ville de Perpignan et de villes importantes de sa périphérie. En 2017, Louis Aliot a préféré migrer sur la 2ème circonscription, laissant son attaché parlementaire, Alexandre Bolo, tenter de l’emporter, sur la base d’un bon score FN lors de la présidentielle (27,9% puis 43,7% au second tour).

Venu lui-même de la droite et passé à la République en marche en 2017, Romain Grau avait conquis cette circonscription il y a cinq ans. Egalement conseiller départemental au Moulin à Vent, il avait échoué dès le premier tour aux municipales de Perpignan il y a deux ans. Dans la circonscription la plus macroniste du département, le député sortant reste le favori.

L'adversaire la plus dangereuse du député sortant s'appelle Sophie Blanc. Adjointe chargé de l'éducation à la mairie de Perpignan, elle se lance pour la première fois dans une campagne législative. Elle y défend les couleurs du Rassemblement National et de Marine Le Pen. Mais elle s'appuie avant tout pour cela sur l'action de son maire, Louis Aliot.

Dans cette circonscription historiquement plutôt à droite, Valérie Pécresse n'a obtenu qu'un peu plus de 3% à la présidentielle. Pour faire oublier ce score, Christine Gavalda-Moulenat, la candidate des Républicains met en avant les valeurs de droite qui, selon elle, sont majoritaires actuellement dans le pays et, plus encore dans cette circonscription.

2ème circonscription : détenue par le RN

C'est la circonscription la plus peuplée des pyrénées-orientales. Détenue par le Rassemblement national depuis 2017, la circonscription englobant l'Agly, la Salanque, la Côte sableuse et les Fenouillèdes. 

En 2017 Louis Aliot, alors candidat du Front, l'avait emporté au premier et deuxième tour. Catherine Pujol l'a remplacé lorsqu'il est devenu maire de
Perpignan. 

La député sortante ayant été écartée, c'est Anaïs Sabatini, avocate perpignanaise de 32 ans, qui reprend le flambeau pour tenter de conserver au Rassemblement national sa seule circonscription dans les Pyrénées-Orientales. Anaïs Sabatini a sur le terrain un déficit de notoriété mais dans cette circonscription où Marine Le Pen a fait 60% au second tour de la présidentielle, l'adjointe de Louis Aliot à la mairie de Perpignan reste favorite.

La principale adversaire de la candidate du Rassemblement National est également une femme de 32 ans. Frédérique Lis, pas très connue elle-non plus sur la circonscription. Référente de la République en marche dans le département, elle veut dénoncer l'inaction des députés RN ici depuis cinq ans.

Le candidat le plus connu dans cette circonscription, c'est finalement lui, David Bret, adjoint à la mairie de Canet et petit fils d'Arlette Franco, ancienne maire et ancienne député. Selon, lui, la 2ème circonscription doit naturellement redevenir un fief de la droite.

David Berrué sera le seul candidat des Verts du département cette année. Mais dans cette 2ème circonscription, pas très favorablement à la gauche, c'est au nom de la NUPES, la nouvelle Union populaire écologiste et sociale qu'il se présente.

Professeur d'histoire géo et référent départemental de la France-insoumise, Francis Daspe espère bien jouer les trouble-fête dans cette élection. Il sera en effet cette année LE candidat de l'union de la gauche.

3ème circonscription : la plus étendue de France

La 3ème circonscription s'étend des quartiers de Perpignan (Clémenceau, Vauban, Gare), sur la vallée de la Têt jusqu'en Cerdagne. C'est la plus étendue de France.

La sortante Laurence Gayte ne se représente pas. Elle a été débarquée et la majorité présidentielle lui a préféré Pierre Bataille , 51 ans, maire de Fontrabiouse-Espousouille, président de la communauté de communes Pyrénées Catalanes et proche de l'ancien premier ministre Jean Castex .Mais la partie s'annonce dure pour la majorité présidentielle, au vu du score d'Emmanuel Macron au 1er tour de la présidentielle, arrivé en 3e position.

LR a investi la Perpignanaise Laurence Martin, commerçante. Le maire sans étiquette de Vernet-les-Bains, Henri Guitart, est soutenu par Jean Lassalle qui avait fait son meilleur score en rassemblant 5,24 % des suffrages, deux points de plus que sa moyenne en France mais surtout deux points de mieux sur ce territoire que Valérie Pécresse (LR) et Yannick Jadot (EELV).


Le RN a choisi Sandrine Dogor, déjà candidate en 2017. Il n'y a pas de candidat PS, et c'est une première depuis la naissance de cette circonscription. Nathalie Cullell, LFI, enseignante, est la candidatte de NUPES et pourrait bien bénéficier des 30% de voix obtenus par les partis de l'accord Nupes au premier tour de la présidentielle.

4ème circonscription : pas d'accord à gauche

La 4ème circonscription englobe les cantons d'Argelès-sur-Mer, d'Arles-sur-tech, de Céret, de la Côte Vermeille, d'Elne, de Prats-de-Mollo-la-Preste et de Thuir. C'est celle le plus au sud du département historiquement à gauche.


12 candidats en lice en 2022

Alexandre Reynal a donc franchi le pas. Sa candidature sera dans le département la seule fausse note de l'accord d'union à gauche. L'ancien maire socialiste d'Amélie les bains part sans étiquette mais pas sans soutien. Il a reçu celui du maire communiste d'Elne mais aussi de Carole Delga et d'Hermeline Malherbe. 

S'il n'a pas d'adversaire à gauche, Alexandre Reynal aura néanmoins un concurrent.
Infirmier de profession, Jérôme Pous mène une campagne au plus près des villages et des citoyens. Militant de la France insoumise, c'est lui le candidat de la nouvelle Union populaire écologiste et sociale.

Député sortant de la République en marche, Sébastien Cazenove pourrait en effet profiter une nouvelle fois de la désunion de la gauche. Novice en politique en 2017, il avait conquis cette circonscription traditionnellement socialiste. Se targuant d’‘un millier de déplacement sur le terrain en cinq ans, il entend bien l’emporter à nouveau.

Dans cette circonscription où Marine Le Pen a dépassé les 56% au second tour de la présidentielle, le Rassemblement national présente cette année Michèle Martinez. Adjointe à la mairie de Perpignan, elle met en avant ces liens avec la côte vermeille. Le RN a obtenu des scores importants dans la ville communiste d’Elne (61,29 %), dans les communes des Albères, habituellement à droite, à Argelès-sur-Mer (55 %) ou encore dans le bastion socialiste de Thuir (54 %).

Président de l’ordre régional des pharmaciens et nouveau maire de Palau del vidre, Bruno Galan fait ses débuts en politique. Candidat des Républicains, il a ajouté sur ses tracts « Indépendant » à côté du nom de son parti.