Expulsion des familles de délinquants des logements sociaux : la motion polémique du Rassemblement national rejetée

La motion "visant à faciliter et à systématiser l'expulsion des délinquants et de leur famille, occupant des logements sociaux" a été rejetée par le conseil communautaire de Perpignan Méditerranée Métropole, lundi 23 octobre. Un échec pour les élus Rassemblement national de Perpignan, à l'origine de la proposition.

Un débat houleux, et un vote recommencé par trois fois, auront eu raison de cette motion. Après les sempiternelles questions de budget et de mobilité, l'apogée du conseil communautaire est venue au moment de la toute dernière proposition inscrite à l'ordre du jour : la motion "visant à faciliter et à systématiser l'expulsion des délinquants et de leur famille, occupant des logements sociaux".

La motion portée par Xavier Baudry, adjoint à la mairie de Perpignan a été le théâtre en fin de séance de discussions âpres et animées. 

"Assurer la quiétude et la tranquillité des habitants"

Dans une prise de parole tranchante, Xavier Baudry s'est voulu direct : "Chaque citoyen doit pouvoir jouir en paix de son logement, il devient insupportable pour les habitants des logements sociaux de devoir supporter la délinquance et le deal, qui s'accroissent en toute impunité" a-t-il lancé à l'assemblée.

Chaque citoyen doit pouvoir jouir en paix de son logement

Xavier Baudry, adjoint au maire de Perpignan

Toujours selon ses mots, la proposition consisterait à créer une convention entre bailleurs sociaux, procureur de la République et préfet. Le tout à l'initiative des communes volontaires, et pour expulser presque systématiquement des logements H.L.M "tous les délinquants auteur de crimes et de délits, ainsi que leur famille".

"Il est temps pour nous, collectivités, de prendre la responsabilité d'assurer la tranquillité de nos habitants, qui en ont marre de côtoyer et de recroiser devant chez eux les mêmes délinquants", ajoute l'élu.

Hors sujet pour l'opposition

La motion polémique de ce conseil a immédiatement fait réagir l'opposition, qui a surgi pour tancer Xavier Baudry. Pêle-mêle, les maires opposés à la création de cette convention ont accusé la majorité de la mairie de Perpignan d'être hors sujet : "Cette proposition n'a rien à faire dans cette assemblée, ces problématiques relèvent de l'Etat", lance l'un,"ce type de convention existe déjà entre les acteurs concernés", continue l'autre.

Plus largement, l'opposition a dénoncé le manque de sérieux dans les termes de Xavier Baudry. Selon eux, les véritables questions de société de logements et de pauvreté sont volontairement éludées par le Rassemblement national.

L'injustice que représenterait une telle mesure a aussi été ciblée : "Est-il normal de faire payer aux parents, et aux frères et sœurs, les bêtises d'un seul ?" questionne un membre de l'opposition, "Et puis où voulez-vous expulser ces gens pour la majorité français ?", conclut-il ardemment.

Mention rejetée par le conseil après un bug informatique 

Un vote à bulletin secret a été demandé par l'assemblée, après un long débat, tenu en haleine par un problème informatique. Les télécommandes de vote ne fonctionnaient pas pour quelques élus ; le moment de flottement a tenu l'assemblée dans son agitation.

Au troisième vote et après réparation des machines, le verdict est rendu : la motion est rejetée à 40 votes contre 33. Un revers pour le Rassemblement national.