Municipales 2020 : à Perpignan, la campagne est bel et bien lancée

Le Rassemblement national veut en faire sa plus grosse prise, tandis qu'en face les Verts espèrent confirmer le succès des européennes : Perpignan attise les convoitises. Vendredi 31 janvier, les deux partis et leur candidat, Louis Aliot et Agnès Langevine, tenaient un meeting en même temps. 
Louis Aliot en meeting pour les municipales, le 31 janvier 2020.
Louis Aliot en meeting pour les municipales, le 31 janvier 2020. © RAYMOND ROIG / AFP
Pas de doute, les élections municipales approchent. Alors que le mois de mars se profile à l’horizon, Perpignan fait en effet l’objet de toutes les convoitises. Aussi bien le Rassemblement national que les Verts la convoitent, tandis que les Républicains, concurrencés par La Républiques en Marche, espèrent rester au pouvoir.

Vendredi 31 janvier, la cité catalane accueillait deux meetings adverses : celui du RN d’une part et celui d’EELV d’autre part.

Au palais des Congrès, le député et candidat frontiste Louis Aliot a rassemblé ses troupes. Le cadre du parti de Marine Le Pen n’est pas un novice en la matière : il a déjà fait campagne en 2008 et en 2014. La seconde fois, il était même arrivé premier au premier tour, avec 31,18% des voix, devant le maire sortant LR Jean-Marc Pujol (30,67%), avant d’être finalement battu par ce dernier grâce au retrait du candidat socialiste.

En 2020, Louis Aliot croit en ses chances. Les sondages le donnent d’ailleurs en tête, mais le réservoir de voix dont il dispose est plus faible que ses adversaires. Une victoire à Perpignan serait une véritable prise de guerre pour le Rassemblement national : avec ses 122.000 habitants, la ville serait la plus grande ville conquise par le parti depuis Toulon en 1995 (jusqu’en 2001).
 
 

"N'ayez pas peur !"


Pour gagner, l’ex-compagnon de Marine Le Pen mise sur le "rassemblement local". Sur sa liste figurent ainsi des candidats extérieurs au parti, comme Patricia Fourquet, conseillère LR de Nîmes. Au palais des Congrès, Louis Aliot a aussi reçu le soutien de Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy.

Devant plusieurs centaines de ses soutiens, le candidat a assuré qu’il ne serait "pas un maire partisan" mais "un arbitre bienveillant", et gérerait la ville en "bon père de famille" s'il était élu. "Alors mesdames et messieurs, n'ayez pas peur !", a-t-il lancé sous les applaudissements, après avoir invité dans son discours à n’avoir "aucune compromission face à une immigration débridée et à un communautarisme qui, avec la complicité de certains maires, gagne du terrain".
 

La candidate EELV, invitée suprise ?


Dans le même temps, la candidate des écologistes Agnès Langevine avait rassemblé ses propres troupes dans un cinéma du sud de la ville. Dans la salle, un poids-lourd du parti : Yannick Jadot, avec qui EELV a réalisé un très beau score aux européennes (13,5% des voix, troisième parti du pays). L'écologie est "une réconciliation avec l'avenir (...) Quand on se bat pour les déplacements, le logement, l'éducation, la santé, on est citoyen, on maîtrise sa vie, et on botte le cul de l'extrême droite", a-t-il lancé devant les quelques 600 partisans réunis.

L'eurodéputé Raphaël Glucksmann était aussi là pour soutenir Agnès Langevine, à la tête d'une liste EELV et PS. Agnès Langevine fait le pari que l'écologie sera "invitée surprise de ce scrutin". C'est un "changement irréversible. Le réalisme a changé de camp", avance-t-elle.
 
Agnès Langevine, candidate EELV à la mairie de Perpignan.
Agnès Langevine, candidate EELV à la mairie de Perpignan. © RAYMOND ROIG / AFP


Autant que le programme, ce sont les valeurs républicaines qui sont à défendre selon la candidate, qui compte bien battre ses adversaires de droite, en préférant "un vote de cœur à un vote de la peur".

EELV prend cependant le risque de surjouer un affrontement à l'issue incertaine. Contrairement à des sondages plaçant EELV en tête à Strasbourg, Besançon ou encore à Lyon, au premier tour la candidate n'arrive selon l'Ifop en janvier qu'en troisième position à 14,5%, loin des 26% d’Aliot et même des 18% de Pujol.

Agnès Langevine est même contestée à gauche par la liste PCF-LFI (13,5%) et au centre par le candidat LREM. Le député Romain Grau, camarde de promotion à l’ENA d’Emmanuel Macron, qui avance déjà le scénario d'un "front républicain" au second tour, est crédité de 14% d’intentions de vote dans les sondages. En revanche, si la candidate EELV se maintient sur le podium, elle pourra espérer profiter de désistements autour d’elle.
 
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