Perpignan : la nappe phréatique menacée par le fleuve côtier Têt

La nappe phréatique qui se situe sous la rivière Têt, dans les Pyrénées-Orientales, pourrait dans un avenir proche être polluée par les eaux de ce fleuve côtier, à cause de l'érosion prématurée de son lit. La ponction d'alluvions pour construire la route nationale 116 aurait accéléré le phénomène.

Le fleuve Têt prend sa source au pied du pic Carlit, traverse le Conflent, puis le Roussillon et la ville de Perpignan avant de se jeter dans la mer Méditerranée, à Canet-en-Roussillon.

A Néfiach, à l'ouest de Perpignan dans les Pyrénées-Orientales, l'érosion de son lit est particulièrement visible. Le phénomène s’est accéléré depuis la construction de la route nationale 116.
La situation est telle que la nappe phréatique elle-même pourrait être menacée. Si le fleuve entrait en contact avec elle, ce serait une véritable catastrophe écologique irréversible.

"C’est un phénomène qu’on observe depuis 1937, le syndicat a compilé toutes les données existantes pour mesurer l’altitude de la rivière à l’entrée de Perpignan. C’est un phénomène d’enfoncement généralisé du lit que l’on constate et qui prend de l'ampleur" explique Fabrice Carole, directeur du bassin versant de la Têt.

Fort de ce constat, le département, le syndicat de la Têt et le syndicat des nappes ont lancé une étude pour connaître avec précision l’étendue des dégâts et trouver des solutions pour y remédier.

Un budget colossal

Selon le syndicat des nappes, il faudrait effectuer d'urgence de gros travaux, déverser des rochers en fond de rivière pour lutter contre cette érosion. Un chantier colossal estimé à quelque 150 millions d’euros pour solidifier 15 km de rivière.

Au fil des années, 3 millions de mètres cubes d'alluvions ont été prélevés entre le barrage de Vinça et la commune de Perpignan pour réaliser la route nationale 116.

Ceux qui ont pris le risque d’enlever les alluvions et qui nous ont conduits aux difficultés que nous connaissons aujourd’hui, doivent payer la totalité de la facture. Il s’agit de l’État !

Pierre Parra, président du syndicat mixte Têt bassin versant.

Une réunion de concertation est prévue le 30 septembre prochain avec l'ensemble des acteurs concernés. Tous s'accordent sur un point : il y a urgence à agir !

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