Pyrénées-Orientales : Cabestany croule sous les dépôts sauvages

Depuis plusieurs mois, des dépôts d’ordures sauvages s'entassent au lieu-dit chemin du Prou de la Coulobres à Cabestany. Ils proviennent essentiellement d'un campement des gens du voyage, installé depuis décembre dernier sur une aire d'accueil désaffectée.

Un dépôt d’ordures sauvages au lieu-dit chemin du Prou de la Coulobres à Cabestany
Un dépôt d’ordures sauvages au lieu-dit chemin du Prou de la Coulobres à Cabestany © Chloé Fabre/FTV

Des sacs-poubelle éventrés, des bennes et des containers qui débordent… C'est une petite montagne de déchets qui accueille le visiteur à l'entrée de cette aire pour les gens du voyage. Sur demande des collectivités locales, six employés d'une entreprise privée s'affairent depuis ce mercredi pour dégager la montagne de détritus.  Un soulagement pour la communauté qui vit là, dans des conditions d'hygiène indignes, sans eau ni électricité. Leur représentant explique qu'ils ne sont pas les seuls responsables : "Beaucoup de gens viennent déposer leurs ordures ici et les bacs mis à notre disposition ne suffisent pas."

Une communauté installée sur l'aire désaffectée de Cabestany depuis décembre 2020.
Une communauté installée sur l'aire désaffectée de Cabestany depuis décembre 2020. © Laura-Laure Gally/FTV France 3 Occitanie

Une position que ne partage pas le président de Perpignan Méditerranée Métropole, gestionnaire de l'aire d'accueil, qui justifie l'arrêt du ramassage depuis le 20 mars par l'absence de respect des services mis en place.

"Nous avons arrêté la collecte, car les ordures n'étaient jamais jetées dans les bacs que nous avons mis en place aux abords du lieu de campement. De plus, nos agents subissaient régulièrement des menaces."

Robert Vila, Président de Perpignan Méditerranée Métropole

Robert Villa, Président Perpignan Méditerranée Métropole
Robert Villa, Président Perpignan Méditerranée Métropole © Laura-Laure Galy/FTV France 3 Occitanie

Mais le bras de fer entre gens du voyage et collectivités locales remonte en fait à l'été 2020, lorsque l'aire d'accueil est totalement saccagé par un groupe d'une centaine de personnes qui quitte les lieux sans payer. La commune se voit contrainte de fermer l'aire pour y réaliser des travaux de remise en état estimés à 400 000 euros.

Six mois plus tard, Un nouveau groupe s'installe et, malgré la mise en place de rochers pour condamner l'entrée, parvient à contourner l'obstacle et s'installe. Quelques jours plus tard, une vingtaine de gendarmes se déplace avec un technicien pour désinstaller un branchement illicite et surtout dangereux sur la ligne électrique aérienne d'ENEDIS. Une plainte pour effraction de cette aire d'accueil désaffectée est déposée par la Communauté urbaine de Perpignan.

Depuis, la trentaine de caravanes est toujours en place, ses occupants continuent à vivre dans des conditions d'hygiène indignes et le nettoyage d'aujourd'hui risque de ne pas suffire à régler la situation. Cette question des déchets n'est donc qu'un épisode de plus dans la complexe relation entre gens du voyage et élus du territoire, sur fond d'un manque de place chronique sur les aires d'accueil : selon la Préfecture des Pyrénées-Orientales, Perpignan Méditerrannée Métropole dispose de moins de 50 % du nombre de places d'accueil prescrites par le schéma départemental d'accueil des gens du voyage.


 

 

 

 

 

 

 

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