Théâtre : de faux procès plus vrais que nature au tribunal de Perpignan

À l’occasion de la deuxième édition de la Nocturne du Palais, deux représentations théâtrales ont lieu ce samedi 2 octobre dans le tribunal de Perpignan. Des procès fictifs au plus près du réel, pour découvrir le monde judiciaire.

« Je reconnais que j’ai été violent avec ma femme, mais je ne lui ai jamais donné de coups de poings, ça ce n’est pas vrai » : à la barre, un homme en basket et sweat est jugé pour violences conjugales. La scène est d’un réalisme déconcertant. Pourtant, l’accusé est en réalité un acteur, tout comme les avocats et les juges.


Ce procès est en réalité une pièce de théâtre, interprété ce samedi 2 octobre à l’occasion de la deuxième édition de la Nocturne du Palais. Et pour se rapprocher au plus près de la réalité, la pièce est interprétée dans la salle d’audience du tribunal de Perpignan. Un lieu solennel qui a transporté les comédiens : « La salle met une ambiance. Le fait de voir les copains en robe également. Je joue le prévenu et j’ai l’impression d’assister à mon procès, alors qu’évidemment, je suis innocent » s’amuse Yann Munoz, comédien.  

Pour s'imprégner de leurs personnages, les acteurs ont assisté à des audiences. Les scénarios sont d'ailleurs inspirés d'affaires réelles. Un résultat aussi vrai que nature, dans les attitudes comme dans les coups d'éclat pour donner à voir la justice à ceux qui ne la pratiquent pas d'habitude.« Comme je n’étais jamais rentrée dans un tribunal, je voulais voir comment ça se passait. On voit ça à la télé mais ce n’est pas pareil qu’en direct où on ressent les choses soi-même. »

Une manière d’aborder en douceur le monde de la justice pour ceux qui seraient intimidés par l’idée d’assister à un véritable procès. 

C’est surtout une question d’oser aller faire la curieuse. Ça me gênait. Là cette démarche théâtralisée, c’est vraiment très bien.

Marie-Ange Jofre-Destaville, spectatrice

Chacune des deux audiences proposées, violences conjugales ou routières, est suivi d'un temps d'échange avec le Procureur de la République et le Président du tribunal, qui apportent leur éclairage.

Avec la fiction, les gens ont plus de facilité à venir. C’est bien qu’ils puissent voir aussi comment ça se termine devant les tribunaux. C’est un peu facile de dire, ils auraient pu, ils auraient dû. Il faut comprendre que le travail de la justice est un travail compliqué avec des règles.

Pierre Viard, le président du Tribunal de Grande Instance.


Ouvrir les portes de l'institution judiciaire tout en questionnant de grands thèmes de société. Tel est l'enjeu de ces procès théâtralisés. Un beau succès pour ces deux premières éditions. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
théâtre culture justice société insolite violence conjugale