Pyrénées-Orientales : la pose d'une antenne 4G à Corsavy fait polémique

Le projet d'une antenne 4G à Corsavy, dans les Pyrénées-Orientales, pose problème à un groupe d'habitants, favorable sur le principe mais pas sur l'emplacement. Un collectif s'est formé : une pétition a été lancée et un projet alternatif a été monté. Sans succès pour l'instant.
Corsavy, dans les Pyrénées-Orientales, le samedi 15 août 2020.
Corsavy, dans les Pyrénées-Orientales, le samedi 15 août 2020. © F3 LR
Des Corsavinois se mobilisent. La crainte de voir une antenne défigurer le paysage révolte un collectif de résidents de Corsavy, commune de quelque 200 habitants, à 20 kilomètres à l'ouest de Céret, dans les Pyrénées-Orientales.

Mi-juin 2020, les habitants ont eu connaissance d'un projet d'implantation d'une antenne 4G par Bouygues à proximité de le tour à signaux qui surplombe le village. 

Le premier projet retoqué par le mairie, l'opérateur a présenté un nouveau projet un mois plus tard. L'emplacement a changé : à environ 100 mètres d'un pilone haute-tension, à moins de 500 mètres des premières habitations. Le mécontentement a donc persisté. "Cette pose d'antenne a été imposée par Bouygues, menée à moindres frais et au plus pressé", se révolte Olivier Ramondy, du collectif d'habitants, mobilisé dès mi-juin.
 
Des membres du collectif opposés au projet initial à Corsavy, le samedi 15 août 2020.
Des membres du collectif opposés au projet initial à Corsavy, le samedi 15 août 2020. © F3 LR
 

Une alternative proposée


Outre la proximité des logements et la "pollution visuelle", le collectif considère que l'antenne "ne couvre pas sufisamment les zones blanches". Il cite notamment le hameau de Leca et la vallée du Riuferrer. Ce collectif ne rejette pas le principe de cette pose d'antenne, mais rejette sa localisation. "L’implantation actuelle prévue par l’opérateur exposera les premières maisons du village à des champs électriques supérieurs" aux recommandations de l'OMS, toujours selon le groupe d'habitants.

A la place, ces habitants proposent un autre emplacement, à 1 kilomètre de Corsavy. "Il s'agirait de reculer l'antenne d'une centaine de mètres de l'emplacement prévu", explique Arthur Daygue, un autre membre du collectif. "Cette configuration a la faveur du propriétaire", arguent-ils. Mais pas celle du maire. Pour l'édile, l'implantation d'une antenne est nécessaire. "Ca fait très longtemps qu'on est handicapé par un réseau pas fiable, la téléphonie fixe est catastrophique, le réseau fixe délabré. Au niveau mobile, on est mal servis." Même si le dernier projet présenté par Bouygues ne lui convient pas totalement, "c'est un compromis acceptable, la solution la plus raisonnable".

Ce n'est pas le cas pour lui de l'emplacement proposé par les opposants, qui a "peu de chances d'être retenu" car "très loin des sources d'énergie". La position du maire semble inflexible : "On ne veut pas remettre en question le projet, celui de la dernière chance. On ne veut pas prendre le risque que l'opérateur se retire, parce qu'on lui rend la situation trop compliquée."

Une pétition avec près de 130 signatures


Les opposants se sont donc tournés vers la communauté de communes, le département des Pyrénées-Orientales et la région Occitanie. Sans oublier la pétition qu'ils ont lancée : au samedi 15 août, elle avait rassemblé près de 130 signataires. 

Ils espèrent désormais engager une concertation avec le maire de la commune et Bouygues.

Bouygues fait valoir deux critères : le raccordement électrique et la couverture réseau. Dans le but de réduire les zones blanches, l'Etat a conclu il y a quelques années un contrat, notamment avec Bouygues pour l'implantation d'antennes. "Une obligation de service public", selon le maire de Corsavy. En cas de non-réalisation à temps, Bouygues pourrait se voir infliger des pénalités.

Le raccordement devrait avoir lieu au plus tard en juillet 2021. Bouygues fait savoir qu'à ce jour, aucun bail n'a été signé. 

  
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