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Récolte de céréales : “une année catastrophique” annoncée dans plusieurs départements

Les moissons, notamment pour le colza, s'annoncent très mal pour les céréaliers de notre région Photo Christian Wattier/MaxPPP
Les moissons, notamment pour le colza, s'annoncent très mal pour les céréaliers de notre région Photo Christian Wattier/MaxPPP

Avec une baisse de 30 à 50% des rendements due aux fortes pluies du printemps, les syndicats agricoles tirent la sonnette d'alarme. Ils demandent d'ores et déjà des mesures d'aide pour éviter la mise en faillite de plusieurs dizaines d'exploitations.

Par Patrick Noviello

"Une hécatombe !" Thierry Laplaige, céréalier à Lux, près de Villefranche de Lauragais en Haute-Garonne n'a pas de mots assez forts pour qualifier le fléau qui le frappe. Il est actuellement en train de récolter son orge et le constat est sans appel. "Un tiers des grains n'ont pas été fécondés et de nombreux autres ont pourri suite aux pluies cumulées".

Si rien n'est fait, près de la moitié des céréaliers et éleveurs vont être en faillite

Chez lui, comme dans de nombreuses autres exploitations de Haute-Garonne, le rendement a baissé de 50%. Et la récolte de blé dur qui va démarrer ne s'annonce pas meilleure. "Les trésoreries sont déjà à plat. Cette année, il nous fallait du rendement, des prix corrects et de la qualité. Nous n'avons aucun de ces trois critères" se désole-t-il. Et ce membre de la Coordination Rurale de prévenir : "si rien n'est fait, près de la moitié des céréaliers et éleveurs vont être en faillite. Nous craignons même des suicides d'agriculteurs".

Nous réclamons une année blanche

La Coordination Rurale de Haute-Garonne demande d'ores et déjà une "année blanche". "Autrement dit que tous les remboursements d'emprunts, cotisations MSA et impôts soient gelés pour les douze prochains mois" précise Jean-Pierre Recasens l'animateur de la CR 31. Dans le Gers où la situation n'est pas meilleure, le Président de la FDSEA a déjà demandé une dérogation quant à la réglementation d'aides de la PAC. "Pour que les agriculteurs ne soient pas sanctionnés en cas de contrôle si certaines de leurs parcelles ne sont pas exploitées parce qu'ils ont perdu leur récolte" justifie Christian Cardonna. "Il n'y a pas de raison qu'ils paient deux fois : la perte de leur récolte liée à l'excès de pluviométrie et une amende en plus".

Un impact est à attendre également pour les viticulteurs

Ce céréalier, installé à Mauroux entre Fleurance dans le Gers et Beaumont-de-Lomagne dans le Tarn et Garonne, se retourne aussi vers les coopératives. "Nous leur avons demandées de faire un bilan des trésoreries parce que l'excès d'eau a entraîné des frais supplémentaires notamment de carburants. Nous avons dû plus biner les sols". Lui estime la perte de rendement à 30% minimum sur le Gers mais les calamités s'enchaînent. "Les fourrages ont été faits dans des conditions trop humides" regrette-t-il.

"Quant aux cultures d'été (tournesol, maïs et soja), les rendements seront forcément en diminution pour l'automne prochain avec les sols compactés". Et pour Christian Cardonna, les céréaliers ne seront pas les seuls victimes de cette pluviométrie excessive de printemps : "beaucoup de mildiou a également été constaté dans les vignobles entraînant la disparition de grappillons. Un impact est donc à attendre également pour les viticulteurs".

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