Affaire Vincent Lambert : l'évêque de Montauban se lâche sur twitter

Depuis le mois de janvier, l'évêque Bernard Ginoux a tweeté une vingtaine de fois sur l'affaire Vincent Lambert. / © Capture d'écran du compte Twitter de Bernard Ginoux.
Depuis le mois de janvier, l'évêque Bernard Ginoux a tweeté une vingtaine de fois sur l'affaire Vincent Lambert. / © Capture d'écran du compte Twitter de Bernard Ginoux.

C'est un homme d'église, qui s'exprime ... sur twitter. L'évêque de Montauban s'oppose fermement à ce qu'il appelle le "meurtre programmé" de Vincent Lambert. Il dénonce la situation, sur internet, en moins de 280 caractères. 

Par Karen Cassuto

Habituellement, ils évoquent leur regard sur la société pendant leur prêche, à l'église. En 2019, certains évêques sont dans l'air du temps, et se prennent au jeu des réseaux sociaux. Ces religieux ne mâchent pas leurs mots, sur internet. C'est le cas de Monseigneur Bernard Ginoux, évêque du diocèse de Montauban. En six mois il a tweeté une vingtaine de fois sur l'affaire Vincent Lambert, une histoire qui lui tient à coeur.  
 


Le cas Vincent Lambert


Cette histoire, c'est celle d'une personne à mobilité réduite, plongée dans le coma. En 2008 Vincent Lambert est victime d'un accident de la route. Il est tétraplégique et dans un état végétatif depuis presque 11 ans, à l'hôpital de Reims. Ses traitements ont été interrompus au début de ce mois de juillet et Vincent Lambert est décédé ce jeudi 11 juillet. Au sein même de sa famille, les avis divergeaient : certains voulaient le maintenir en vie, d'autres souhaitaient arrêter les soins.
 

 
Pour Bernard Ginoux, ce cas est révélateur d'une situation plus globale de la société. 
 

On vit dans une civilisation où l'on a tendance à mettre les gens de côté. Mes tweets sont un cri, en réaction à cela. Je me sentais en devoir de le faire.


Il explique que 1 500 personnes seraient dans une situation similaire à celle de Vincent Lambert, en France. Et "certains sortent de ces comas après des années".
 

La parole d'un homme d'Eglise, sur twitter 


Dans ses nombreux tweets sur le cas Vincent Lambert, l'évêque de Montauban emploie des mots forts. 
  • "#Vincent Lambert récupéré pour la cause de l'euthanasie. L'ignoble s'affiche face à la dignité de ceux qui l'aiment vraiment."
  • "#Vincent Lambert. La porte est ouverte pour les suivants. Prions pour lui et pour ses parents qui assistent impuissants à son agonie."
  • "#Vincent Lambert. Rien ne justifie la mort qui vient peu à peu. C'est un meurtre programmé sur ordre d'un médecin. La barbarie en marche..."
  • "La mort programmée de #Vincent Lambert annonce l'euthanasie pratiquée légalement. La barbarie silencieuse continue. Réveillons-nous."
  • "#VincentLambert. On discute sur son état de conscience, sur ce qu'il ressent mais il y a une certitude : il vit vraiment. Laissez-le vivre."

Si l'on peut penser qu'il n'est pas courant de lire les paroles des évêques sur les réseaux sociaux, pour Bernard Ginoux, il n'y a rien d'anormal. Il évoque Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris, qui s'est également prononcé sur la question, sur internet. 
 

Tweeter est un moyen moderne que j'utilise depuis longtemps, pour faire réflechir. J'ai des choses à dire, pour éclairer. Il faut que la société réfléchisse.


Ce sont les mots de l'évêque montalbanais. L'homme d'Eglise insiste : il ne se mêle pas de questions politiques mais de problématiques humaines. 
 

Le Pape François nous a dit d'aller en périphérie. Je m'occupe des gens en périphérie, qui sont en souffrance. Et internet est un moyen de faire passer des messages.


Le Pape est la seule autorité supérieure aux évêques.
 

Un évêque pas comme les autres ?

Monseigneur Bernard Ginoux est connu pour ses prises de position sur des faits de société. 

  • En 2008 il s'oppose ouvertement à la légalisation du travail le dimanche.
  • En 2018 il dénonce la prise de position du Mouvement Rural des Jeunes chrétiens, favorable à l'avortement, en leur retirant leur aide financière.
  • Depuis 2018 il défend le mouvement des gilets jaunes sur les réseaux sociaux et lors d'interviews.  

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