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REPLAY. Municipales à Moissac : le Rassemblement National joue la carte de l'ouverture lors du débat du second tour

Arrivé en tête le 15 mars, Romain Lopez (RN) est en mesure de rafler la mairie de Moissac (Tarn-et-Garonne). Sans union, Estelle Hemmami (DVG) sera seule à faire front face au Rassemblement National. Revisionnez le débat entre les deux candidats. 

Au premier tour de l'élection municipale de Moissac, Estelle Hemmami (DVG) est arrivée deuxième avec 23% des voix. Le candidat du Rassemblement national, Romain Lopez, est arrivé largement en tête avec 47 % des suffrages.
Au premier tour de l'élection municipale de Moissac, Estelle Hemmami (DVG) est arrivée deuxième avec 23% des voix. Le candidat du Rassemblement national, Romain Lopez, est arrivé largement en tête avec 47 % des suffrages. © JP Duntze - FTV

A Moissac (Tarn-et-Garonne), le Rassemblement National a raté de peu l'élection dès le premier tour de l'élection municipale. 123 voix supplémentaires auraient suffi à Romain Lopez pour rafler la troisième ville du département.

Le score de 47 % du jeune candidat de 31 ans a retenti comme un véritable coup de tonnerre dans la cité uvale. Estelle Hemmami (DVG) avec le collectif Territoire Moissac Solidaires (Tems) , arrivée en deuxième position 23% au 1er tour, et Maryse Baulu, ancienne adjointe (DVD) "unis pour Moissac", troisième avec 13%, étaient en mesure de se maintenir pour ce second tour.  

De nouvelles crispations

Lancé par le candidat de la République en Marche Gérard Vallès (4e du premier tour avec 9% des voix), le débat de la formation d'un "front républicain" face au Rassemblement National n'a pas abouti. Il a même provoqué de nouvelles crispations ne permettant pas de parvenir à un accord entre la liste d'Estelle Hemmani et celle de Maryse Baulu.

La vice-présidente du département a même préféré tout simplement se retirer comme elle l'a expliqué dans un communiqué et sans donner de consigne de vote : "dans un contexte politique et sanitaire excessivement troublé, la cohésion et le respect devaient s’imposer à Moissac. Malheureusement, le projet d’une liste d’union des équipes en présence n’a pas pu aboutir. C’est au contraire la division qui l’emporte dans une atmosphère délétère sur fond de calomnies (...) J’ai donc pris la décision de ne pas me présenter devant vous pour ce deuxième tour".

Le poids de l'abstention

Soutenue par Carole Delga, présidente de la région Occitanie, la liste Territoire et Moissac Solidaires se retrouve seule face à celle du Rassemblement National. Comme dans plusieurs autres villes d'Occitanie, le scénario de ce second tour parait incertain en raison du fort taux d'abstention du 15 mars dernier. Plus d’un Moissagais sur deux ne s'est pas déplacé pour voter. 

Résumé du débat

Pour ce second tour de l’élection municipale, la commune de Moissac est au centre de toutes les attentions. Sur la question de l’offre de soin, les deux candidats adoptent des positions très similaires notamment au sujet de l’hôpital intercommunal. "Un établissement que nous devons défendre "déclare Estelle Hemmami (DVG). "Le pivot du système de santé" pour Romain Lopez (RN).

Seule point de divergence, là où la candidate de la gauche souhaite l’ouverture d’un centre médical pour attirer de nouveaux médecins généralistes, celui d’extrême-droite se veut plus tempéré souhaitant "étudier la situation, être pragmatique" avant de prendre une décision sur ce point, estimant devoir avant tout "défendre l’hôpital".

Mais le sujet central de ce débat, ayant alimenté toute cette campagne, reste le dossier de l’insécurité.

Estelle Hemmami constate, elle même, "une transformation du centre ville" depuis plusieurs années. Une "paupérisation", un "mal logement communautaire" de populations venues d’Europe de l’Est, principalement des personnes bulgares venues s’installer à Moissac pour répondre au besoin en main d’œuvre saisonnier sur les exploitations. "Effectivement, il y a des incivilités, des nuisances nocturnes, des rodéos de voitures, des dépôts d’ordures sauvages. Cela ne sera plus toléré mais pour personne" Ne souhaitant "stigmatiser personne", la tête de liste de TEMS veut avant tout réorienter l’action de la police municipale "en tant que médiateur parlant plusieurs langues afin qu’ils aient un rôle d’éducateurs et d’accueil".

De son côté, l’ancien attaché parlementaire de Marion Maréchal veut que la "loi soit appliquée pour tous" à Moissac. La tête de liste du Rassemblement National égrène ses propositions : le renforcement de la police municipale et une meilleure coopération avec les "forces de sécurité", "la convocation des parents au sein du bureau du maire pour des rappels à l’ordre", la mise en place du principe de "pollueur payeur" et la "création d’un conseil des droits et des devoirs des familles" en faisant référence à l’exemple de Brigitte Barèges, maire de Montauban.

Durant ce débat, Romain Lopez a essayé de se détacher de l’image du militant du Rassemblement National préférant celle d’un politique calme, tolérant et rassembleur. « Nous, durant cette campagne, nous n’avons stigmatisé personne. Sur aucun document, sur aucune publication sur les réseaux sociaux, je n’ai parlé des Bulgares affirme le candidat de 31 ans. Sa liste serait, selon lui, celle de l’ouverture : "Nous n’excluons personne. Nous avons en effet des militants du Rassemblement National, mais aussi de la droite et de la gauche. Tout le monde est bienvenu dans notre liste."

Estelle Hemmami a essayé, en conclusion de cette émission, de mettre les électeurs de Moissac devant leurs responsabilités et de les mobiliser : "ne cédez pas à la fatalité. Je refuse que la ville de Moissac,  haut lieu de la résistance française, tombe dans les mains du RN. C’est un choix crucial. Ne laissons pas une triompher une minorité." Réponse le 28 juin prochain

Revisionnez ce débat animé par Patrick Noviello de France 3 Occitanie  :

 

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