2 des 5 manifestants jugés à Albi condamnés à de la prison avec sursis, "c'est le la provocation", tempête la CGT

3 syndicalistes et 2 manifestants comparaissaient aujourd'hui devant le tribunal d'Albi suite à la manifestation contre la réforme des retraites du 16 mars. Âgés de 23 à 67 ans, ils ont été interpellés pour des faits de "dégradations de bien public en réunion" pour trois d'entre eux, les autres pour "dégradations par incendie". 3 ont été relaxés et 2 ont écopé de quatre mois de prison avec sursis.

L'interpellation à leur domicile à 6h du matin, menottes à la main pour certains avait choqué. 5 militants comparaissaient ce mardi 2 mai 2023 devant le tribunal d'Albi. Le 31 mars, ils étaient devant la justice au tribunal d'Albi en comparution immédiate. Le procès avait alors été renvoyé.

3 relaxes et 2 peines de 4 mois de prison avec sursis

Cet après-midi, l'audience s'est déroulée de manière assez calme. Sur les 5 prévenus, 3 ont été relaxés et 2 autres (tous 2 sexagénaires dont 1 syndicaliste de la Confédération Paysanne) se sont vu infliger une peine de 4 mois de prison avec sursis.

La justice reprochait aux 3 relaxés le transport d'une barrière en bois (ganivelle) et aux 2 condamnés le fait de l'avoir jetée au feu devant le portail de la préfecture. Ils avaient été identifiés à partir de photos publiées dans la presse locales affirment des syndicalistes. 

Pour la CGT du tarn, cette décision est tout simplement inacceptable. "On a pleuré, déclarent Laure Malleviale et Lionel Romanet. Ce soir beaucoup de camarades sont solidaires. On est sous le choc, on a pris un parpaing sur la tête. Nous le vivons comme une provocation. Le prefet du Tarn est allé lui-même déposer plainte auprès du commissariat. C'est ce que nous avons appris lors de cette audience."

A l'extérieur du tribunal, une bonne centaine de personnes se sont rassemblées à l'appel de l'intersyndicale pour les soutenir. 

Barrières et palettes brûlées lors de la manifestation du 16 mars

Suite à l'adoption de la réforme tant contestée par usage du 49.3, une manifestation spontanée avait eu lieu devant la préfecture. Des militants ont pris la parole, une barrière et des palettes en bois avaient alors brûlé devant les grilles de la préfecture.

La mairie d'Albi et la préfecture du Tarn ayant déposé plainte, les militants ont été appréhendés à leur domicile, tôt le matin, menottés comme de vulgaires criminels et placés plus de 30h en garde à vue. La CGT du Tarn dénonce l'utilisation qui a été faite par le ministre de l'Intérieur. "Gérald Darmanin a cité la ville d’Albi comme ayant subi une attaque au cocktail molotov. C’est une fake news. Aucun cocktail molotov n'a été lancé mais des poubelles jetées dans le jardin de la préfecture et une seule barrière brûlée. Dire qu’on a attaqué la préfecture au cocktail est un scnadale", déclare Laure Malleviale. Le syndicat précise également qu'une nouvelle barrière a été rachetée et livrée à la mairie d'Albi.

Depuis leur interpellation le 30 mars dernier, les 5 militants avaient été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de se voir et obligation de pointer chaque semaine au commissariat. 

L'intersyndicale du Tarn ne renonce pas

Malgré la colère de cette condamnation de 2 militants, la CGT ne baisse pas les bras. "Nous sommes plus que déterminés à poursuivre le mouvement. Nous donnons rendez-vous à tous les citoyens demain mercredi 3 mai sur la place du Vigan à 18h." 

L'intersyndicale tarnaise va aussi se réunir pour définir les actions futures à venir. 

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