Le loup implanté dans huit zones d'Occitanie, la présence d'un deuxième spécimen confirmée dans le Tarn

Un deuxième loup a été identifié dans le sud du Tarn. Plusieurs attaques sur des animaux sauvages et d'élevage ont été recensées cet hiver en Occitanie. Le point sur la présence du loup dans la région. 

 

 

Deux zones de présence "à confirmer" sont définies en Occitanie.
Deux zones de présence "à confirmer" sont définies en Occitanie. © Jean-Luc Flémal/MAXPPP

La présence d’un deuxième loup dans le sud du Tarn a été confirmé au cours de la semaine du 26 avril. Plusieurs attaques ont été recensées dans le département, notamment sur les communes d'Anglès, de Sauveterre, de Rouaitoux et de Lacabarède au cours des derniers mois. Des pièges photographiques ont capturé des images de ce prédateur, selon les informations du Tarn Libre. La présence du loup sur le territoire tarnais n'est pas nouvelle. Elle remonte à 2008 où pour la première fois un spécimen a été aperçu sur le massif de la Montagne noire.

Dans le département, la préfecture a classé début mars les communes de Murat-sur-Vèbre et d'Anglès en cercle 2, ce qui correspond à des zones où « des actions de prévention sont nécessaires du fait de la survenue possible de la prédation par le loup ».

Pour la région Occitanie, « on a eu des données ponctuelles depuis le début des années 2010 », précise Julien Steinmetz, directeur régional d’Occitanie de l’Office français de la biodiversité.

Dans un communiqué de presse envoyé vendredi 30 avril en fin de journée, la préfecture du Tarn indique : "Dans ce contexte, le dispositif partenarial de surveillance du territoire a été renforcé en 2018 (suite au 1er cas de prédation en 2018) et des moyens d’action en matière de protection des troupeaux domestiques ont été mis en place. Parallèlement une cellule de veille associant les partenaires (services de l’État, chambre d’agriculture, syndicats agricoles, OFB, lieutenants de louveterie, Fédération des chasseurs du Tarn, gendarmerie, ONF,..) a été constituée. Conformément à la réglementation relative au plan national loup, le classement en Zone de Présence permanente (ZPP) du secteur du Somail sera acté si la présence est confirmée durant deux hivers consécutifs, donc à l’issue de l’hiver 2021-2022."

Des zones de présence permanente identifiées

Le site Loup France permet de faire un point sur la présence du loup sur le territoire français. En Occitanie, il identifie huit zones de présence permanente "meute" (en orange sur la carte) : deux dans les Pyrénées-Orientales, une dans l'Aude, une dans l'Hérault, une en Aveyron et trois en Lozère. 

Selon les données d'avril 2020 à octobre 2020 du réseau loup lynx. En orange : les zone de présence permanente "meute". En bleu : les zones de présence à confirmer.
Selon les données d'avril 2020 à octobre 2020 du réseau loup lynx. En orange : les zone de présence permanente "meute". En bleu : les zones de présence à confirmer. © Nicolas Jean ONCFS

« Le loup est présent dans notre région depuis 1999. La première zone de présence permanente se situe dans les Pyrénées-Orientales. Une meute est constituée de trois loups sur un même territoire », explique Patrick Leyrissoux, vice-président et coordinateur de l'association Ours Férus. Il précise également qu'il y a « des indices de présence dans le Lot et dans le sud de la Haute-Garonne ». 

C'est une évolution régulière et lente. Quand le loup cherche un territoire, il peut parcourir 70 kilomètres par jour

Patrick Leyrissoux, vice président et coordinateur de l'association Ours Férus

La France, exception au sein de l'Europe

Le loup est un espèce protégée au niveau européen et national. Mais en France, des dérogations sont possibles pour autoriser sa chasse, sous certaines conditions (cette chasse doit prévenir des éventuels dommages importants, ne doit pas nuire au maintien de l'espèce et aucune autre solution ne doit être possible).

« Tous les loups en France sont de souche italienne des Alpes. Il y a des obstacles liés à l'homme dans cette présence. L'Etat français est une singularité au sein de l'Europe. Il a maintenu une dérogation afin d'autoriser d'abattre jusqu'à 20% d'une population. Cela a une inflexion sur le taux de croissance mais cela ne joue pas sur le taux de prédation. C'est une façon d'acheter la paix sociale », rapporte Patrick Leyrissoux. Une paix entre défenseurs du loup et éleveurs victimes de ses attaques qui n'arrivent toujours pas à s'entendre. 

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