Les rejets d'amoniaque de l'usine d'oeufs de Lescout (Tarn) ne seraient pas cancérigènes

L’entreprise familiale située à la Bouriette, entourée de plusieurs hameaux, est au centre de toutes les suspicions. / © Sylvain Duchampt
L’entreprise familiale située à la Bouriette, entourée de plusieurs hameaux, est au centre de toutes les suspicions. / © Sylvain Duchampt

L'étude commandée par l'agence Régionale de Santé sur les rejets d'amoniaque de l'élevage industriel de poules pondeuses de la commune de Lescout (Tarn) ne confirme pas la suspicion d’excès de cas de cancers autour du site. Mais les riverains continuent de s'opposer à son agrandissement.

Par VA.

L'étude épidémiologique commandée au mois d'avril par l'Agence Régionale de Santé (ARS) à Santé Publique France sur les risques de cancers liés à l'élevage industriel de poules pondeuses de la commune de Lescout - 705 habitants dans le sud du Tarn -, et qui a été révélée ce mardi soir lors d'une réunion publique, suffira-t-elle à rassurer complètement les riverains du site ?
 

Pas de risque de cancer lié à l'élevage industriel de poules pondeuses

Cette étude ne confirme en tous cas pas la suspicion d’excès de cas de cancers sur la commune et dans la zone de 3 km autour de cet élevage industriel de près de 200.000 volailles situé à 700 mètres de l'école et où ont débuté des travaux d'agrandissement qui inquiètent les villageois.

L'enquête a été menée sur des cancers s'étant déclarés entre 1986 et 2015. Elle montre qu'il n'existe pas "un excès de cas de cancers par rapport à ce qui est observé en population générale". Elle indique également que "les investigations environnementales et la recherche bibliographique ne mettent pas en évidence clairement d’exposition environnementale à des agents cancérogènes, ni de données scientifiques solides étayant le lien entre risque de cancer et exposition à des élevages de volailles en l’état actuel des connaissances".
 

Une étude à poursuivre pendant 5 ans ?

Santé Publique France propose néanmoins de réaliser une mise à jour de cette analyse pendant 5 ans "pour surveiller l’évolution de la tendance dans cette zone".

"Les potentielles nuisances olfactives liées aux émissions de produits odorants (ammoniac, sulfure d’hydrogène) doivent être considérées comme une préoccupation pour la santé de la population riveraine", insiste enfin le rapport. "Dans ce contexte, précise-t-il, toute démarche visant à caractériser ces nuisances et leurs circonstances de survenue paraît justifiée et pourrait contribuer à réduire les préoccupations sanitaires des riverains".
 

Un agrandissement du site contesté en justice

La Confédération Paysanne, qui a pris fait et cause contre l’élevage industriel, réclame la mise en place de mesures de la qualité de l'air dans le village. Environ 300 personnes ont participé lundi soir à la "Fête à ma poule" organisé sur place par le syndicat agricole pour dénoncer le début du chantier de construction d'un nouveau bâtiment sur la ferme industrielle, que les riverains ressentent comme une provocation.

Son permis de construire, refusé par le maire puis autorisé par le Tribunal administratif à titre provisoire, fait l'objet de plusieurs recours en justice, notamment auprès de la Cour d'Appel du Tribunal administratif de Bordeaux, avec une audience en référé suspension prévue le 7 août.

Une pétition de plus de 7500 signatures réclamant l'ajournement des travaux jusqu'à la fin des enquêtes administratives et des procédures judiciaires en cours devait être remise dans la soirée au préfet du Tarn lors de la réunion publique.

Voir le reportage de Myriam Brisse et de Mathieu Chouvellon :

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