• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT

Enquête sur l'école ultra-catholique de Castres et ses liens avec l'extrême-droite

L'école baptisée "Cours le Sénevé" occupe un local municipal, 15 rue Francisco Ferrer à Castres (Tarn) / © France 3 Midi-Pyrénées / Youshaa Hassenjee
L'école baptisée "Cours le Sénevé" occupe un local municipal, 15 rue Francisco Ferrer à Castres (Tarn) / © France 3 Midi-Pyrénées / Youshaa Hassenjee

Qui se cache derrière le cours le Sénevé de Castres ? Accusé d'intégrisme par l'opposition municipale, l'association à l'origine de cette école se révèle être composée de personnes proches des milieux catholiques traditionalistes, de l'extrême droite et d'avoir un lien avec la majorité municipale.

Par Sylvain Duchampt

Le cours Sénevé a fait l'objet d'une polémique dont nous avons parlé la semaine dernière : l'opposition de gauche reproche à la ville de Castres d'héberger cette école qu'elle accuse d'intégrisme dans des locaux municipaux. Au-delà de cette polémique, nous avons enquêté pour en savoir plus sur les Castrais à l'origine de cet établissement, qui n'accueille pour le moment qu'une douzaine d'élèves. 

Au cours le Sénevé de Castres, il y a tout d'abord les enseignants. Huit au total, du français au sport en passant par l'histoire biblique, présentés sur le site internet de l'école.

Marie-Geneviève Soleil est la directrice de l'établissement. Depuis le début de la polémique, c'est elle qui s'exprime pour défendre ce projet dont le but est "la formation de la personne dans toutes ses dimensions : esprit, âme, cœur et corps." Agrégée de Philosophie, enseignante en lycée durant 15 ans, professeur de français et de latin au Sénevé, son nom apparaît depuis plusieurs années lors des université d'été du Centre Charlier. En juillet 2014, elle participait à une conférence sur le thème de "L'éducation des enfants : le carcan totalitaire, les libertés à reconquérir".
Marie-Geneviève Soleil, est la directrice du Cours le Sénevé. Agrégée de Philosophie, elle participe à des conférences de l'établissement culturel catholique et traditionaliste, le Cercle Charlier. / ©


L'ombre de Bernard Antony

Le Centre Charlier est un établissement culturel catholique traditionaliste crée par son père, un certain Bernard Antony. Cette figure de l'extrême droite, ancien député européen est bien connu notamment dans le Tarn pour avoir été le candidat du Front National à la mairie de Castres en 2001. 
Discours de Bernard Antony demandant la dissolution des Femen
Le 8 février 2014, Bernard Antony, président de l'AGRIF, prononce son discours lors de la demande de dissolution des Femen.
Comme le raconte la Dépêche du Midi, une femme se trouve en deuxième position sur sa liste lors de cette élection. Elle se nomme Françoise Canac. Candidate du FN aux législatives de 2002 sur la circonscription de Castres, son nom et son visage s'affiche aujourd'hui sur le site du cours le Sénevé. Elle est le professeur de Mathématiques de l'école.

Son mari, Patrick Canac, également candidat frontiste en neuvième position sur la liste de Bernard Antony en 2001, est l'un des fondateurs et le trésorier de l'association "les amis du Sénevé", structure à l'origine de la création de l'établissement scolaire.
Françoise Canac est professeur de Mathématiques au Cours le Sénevé et ancienne candidate du Front National sur Castres / ©


Des membres actifs de la Manif pour Tous

Parmi les autres enseignants, Béatrice Parmentier en charge de l'histoire Biblique. Ancienne vice-présidente du Secours Catholique du département, cette diplômée d'HEC fut l'un des membres actifs sur le Tarn dans l'organisation des manifestations contre le mariage pour tous.
Béatrice Parmentier est professeur d'Histoire Biblique et l'un des membres actifs de la Manif pour Tous dans le Tarn. / ©


La femme d'un élu de la majorité municipale de Castres

Dans les statuts "les amis du Sénevé" apparaissent les trois noms des fondateurs : Bertrand de Ligondès, infirmier et président de l'association, Patrick Canac et celui d'Alix Besançon. Cette dernière est l'épouse de Jean-Philippe Audouy. Cet élu municipal appartient à la majorité de Pascal Bugis. Délégué à la sécurité, il avait fait polémique en 2010 pour ses positions anti-IVG. Monsieur Audouy avait dénoncé, dans la Dépêche du Midi, une "attaque politicienne" initiée par la gauche castraise. 

 

Enquête : qui sont les amis du Cours le Senevé, l'école catholique de Castres ?

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Lagune de Thau : les huîtres n'étaient pas contaminées à la salmonelle

Les + Lus

Aidez-nous à améliorer notre site en répondant en trois minutes à ce questionnaire.

Commencer