L'émotion à Castres après la mort de deux de ses soldats en Centrafrique

Castres a mis ses drapeaux en berne en hommage aux deux parachutistes du 8e RPIMa tués dans la nuit de lundi à mardi à Bangui en Centrafrique. La ville et son régiment, très liés, sont en deuil.

© MaxPPP
"La rumeur de ce drame s'est déjà répandue en ville comme une traînée de poudre, avec la tristesse bien sûr d'apprendre cette nouvelle", a dit le maire
Pascal Bugis (DVD) en rappelant que cette unité d'élite avait payé un lourd tribut à son engagement sur tous les théâtres d'opérations extérieures français depuis 1951. Le 8eme RPIMA de Castres a 450 hommes présents en Centrafrique.
##fr3r_https_disabled##Philippe Folliot, député du Tarn et secrétaire de la commission défense nationale de l'Assemblée nationale donne des précisions sur la mort des deux soldats

Un lien particulier entre Castres et le 8


Selon une source proche du régiment, les deux militaires ont été tués "alors qu'ils effectuaient une patrouille dans les rues de Bangui". Ils appartenaient à la première compagnie du "8" qui "était arrivée en Centrafrique jeudi en provenance du Gabon", selon la même source. Il s'agit des premières pertes essuyées par l'armée française depuis le début de l'intervention en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris pour laquelle 1.600 soldats français sont mobilisés.

"Il y a un lien particulier entre le 8e RPIMa et la ville de Castres, qui est marraine du 8. Il y a un enracinement très, très profond de ce régiment dans toutes les couches sociales de la ville", a dit le maire. Le conseil municipal a adressé ses condoléances au régiment et à la famille des deux parachutistes et un recueil de condoléances a été mis à la disposition des habitants à la mairie, a indiqué la municipalité dans un communiqué.

Le "8" entretient des relations très fortes avec sa ville de garnison. De nombreux anciens paras sont restés pour y passer leur retraite.

Le 8eme RPIMA souvent en première ligne


IInstallé à Castres depuis 1963, le 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine, qui compte 1.200 bérets rouges, est un régiment de prévention et de gestion des crises. Professionnalisé depuis 1970, l'ancien 8e choc a été engagé au Tchad, au Rwanda, au Zaïre, en Irak, au Koweït, au Cambodge, en Bosnie-Herzégovine et en Afghanistan et participe régulièrement à des missions de présence au Gabon, en Nouvelle-Calédonie et en Côte d'Ivoire.

Souvent en première ligne, le "8", dont le chant proclame qu'on y "sait mourir quand on aime", a payé un lourd tribut à son engagement sur tous les fronts: depuis 1951 et avant lundi soir, le régiment avait perdu 19 officiers, 90 sous-officiers et 434 parachutistes.

En août 2008, huit de ses hommes appartenant à la "section Carmin 2" avaient été tués dans d'intenses combats à la suite d'une embuscade tendue par les talibans dans la vallée d'Uzbin (à 40 km à l'est de Kaboul). Au total, 10 soldats français avaient péri et 21 autres avaient été blessés.

Héritier du 8e bataillon de parachutistes coloniaux créé en 1951 en Indochine, le 8e RPIMa a été décoré de la croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures, cité quatre fois à l'ordre de l'armée en Indochine et s'est vu attribuer une cinquième citation pour sa conduite exemplaire au Liban. Le régiment, dont la devise est "Volontaire", est sous le commandement depuis mi-2013 du colonel Vincent Tassel, actuellement avec ses hommes en Centrafrique.


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