L'agenda culture

Des idées de sorties pour le week-end avec l'agenda culture de Jean-Laurent Serra

Par Christian Meyze

« Alégria » le Cirque du Soleil, jusqu’au 2 décembre à Bercy.

En espagnol, Alégria veut dire allégresse et c’est vrai qu’il y a de la joie, de la couleur et de la puissance sur la piste du Cirque du Soleil. Une véritable palette d’émotion déployée par ces artistes qui brillent comme des étoiles sur la scène de Bercy. Au total, ils sont une quarantaine à défiler en ménestrels ou en figures légendaires comme les nymphes représentants l’univers allégorique de ce spectacle placé sous le signe de la gymnastique.
Car c’est bien de la performance emballée de beau dont il question ici. Car en dehors des musiciens et des clowns, par ailleurs excellents, le Cirque du Soleil a recruté pour ce spectacle chez les sportifs de haut niveau. On y découvre, d’anciens champions médaillés ou membres d’équipes nationales devenus spécialistes du « tumbling » une discipline née du trampoline et de la gymnastique au sol. Les artistes habillés comme des ninjas s’envolent dans des doubles et triples sauts périlleux vrillés et se croisent sur deux pistes constituées de minis trampolines qui coupent l’espace de la scène comme un grand X. Autre exemple de ces numéros empruntés aux JO, celui de la barre fixe légèrement revisitée. La barre, ici, est placée à 12 mètres de haut. Les voltigeurs s’élancent d’une barre à l’autre et s’envolent avant d’être récupérés par des porteurs qui se balancent sur leur trapèze.
Frissons et émotions sont garantis sur la piste de ce cirque né au Québec en 1984 et qui, depuis, s’est imposé comme la plus grosse entreprise de cirque au monde. 20 spectacles sillonnent régulièrement les routes de la planète et pour célébrer son retour à Paris, c’est à Bercy que le Cirque du Soleil présente donc Alégria, un hommage onirique rendu à l’énergie et à la performance de ces gymnastes devenus artistes et certains d’entre eux côtoient tout simplement les sommets.

« Billie Holiday » Viktor Lazlo jusqu’au 5 janvier au théâtre Rive Gauche.

Mais non, Viktor Lazlo n’est pas seulement une star des années 80, capable d’enchainer les tubes. La chanteuse native de Quimper prouve qu’elle reste bel et bien, une de nos plus belles voix françaises. Et pour ceux qui la connaisse ou l’ont suivie, on pourrait même dire:" Enfin !" Car, ça y est, Viktor Lazlo reprend enfin le répertoire de son idole, Billie holiday considérée comme la plus grande voix du jazz de son époque. La chanteuse a toujours inspiré les chansons de Viktor Lazlo mais Lazlo ne la reprenait qu’avec parcimonie, au compte-gouttes, trop impressionnée par l’éventail vocal de la diva.
Comment, en effet, rendre hommage à un mythe sans risquer de provoquer la comparaison ?  La chanteuse a d’abord écrit un livre, puis ensuite un album intitulé « My name is Billie Holiday » c’est ensuite que le projet sur scène est devenu réalité, après plusieurs années de maturation. Et c’est sous l’impulsion du metteur en scène Eric-Emmanuel Schmitt qu’elle s’est lancée dans cette pièce musicale qu’elle présente au théâtre Rive Gauche. Viktor Lazlo y apparait tantôt en robe fourreau noire et intense, tantôt en pantalon à carreaux, reprenant les habits de l’époque. Car ce spectacle intitulé « Billie Holiday » est un véritable hommage rendu à la diva. On y découvre, un orchestre de jazz, sublime et carré, chargé de rythmer cette incursion dans l’histoire et la vie de Billie Holiday.
Des écrans sont présents sur scène, et c’est à travers des images d’archives que Viktor Lazlo superpose l’éventail de son talent à celui de la grande dame du jazz. Ca swingue, ça groove et on remonte le temps en chansons. Viktor Lazlo interprète son idole, Billie Holiday, l’élève et le maitre sont même réunis sur scène le temps d’une chanson mais chut !!! Pour connaitre la suite, rendez vous au théâtre Rive Gauche.
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Billie Holiday / Viktor Lazlo


« N°9 » Jean-Marie Bigard, actuellement au Palais des Glaces.

C’est le nouveau parfum de Jean-Marie Bigard: N°9 respire la griffe de l’humoriste. Composé d’un doigt de poésie et d’une grande dose de trivialité, ce spectacle évoque le temps qui passe, celui qui diffère d’un être à l’autre, comme par exemple les huit secondes nécessaires à la sœur de Jean Marie pour tomber ivre morte alors que lui bascule dans l’ivresse en huit heures et plus. Mais ne vous y trompez pas, il y a du grivois et du cru dans ce nouveau breuvage concocté par celui qui est capable de remplir le Stade de France, un jour et de jouer le lendemain dans une micro-salle comme le Point Virgule. Jean-Marie Bigard aime les paradoxes et la provocation, son public aussi ! Impossible pour lui de ne pas évoquer le sexe, la salle serait vide. Le spectacle ressemble donc à l’image que l’on se fait de son auteur, N°9 est un concentré de Bigard, c’est grossier, juste ce qu’il faut et interactif beaucoup, une sorte d’hommage rendu à la quintessence du comédien et à son sens de l’humour sans tabou.

« Wunderkrammer » compagnie Circa (Australie) jusqu’au 30 décembre, Grande Halle de la Villette.

La période de noël rime souvent avec chapiteaux, pistes aux étoiles et cirques du monde. Tant mieux car cette année, l’offre correspond vraiment à la demande. Presque toutes les formes des arts de la piste sont représentées sur Paris. La compagnie de cirque australienne Circa vient d’installer son cabaret de poche sous la grande halle de la villette et avec son spectacle intitulé « Wunderkrammer » qui signifie la chambre des merveilles, elle révèle au public parisien que l’acrobatie se marie très bien avec le mot proximité.
Les 7 acrobates font naître et disparaitre mille et un mirages sous vos yeux ébahis, à quelques mètres seulement. La compagnie fusionne les genres et les disciplines. Danse, trapèze, mât chinois et portés acrobatiques en tous genres rythment une performance enlevée par une musique tantôt électronique tantôt classique. Particularité de ces jeunes circassiens venus d’Australie, la femme porte autant que l’homme et celui-ci voltige autant qu’il porte ! Les rois de l’équité s’habillent et  se déshabillent beaucoup pour enchaîner avec humour et un sens certain de l’érotisme, des prouesses aussi techniques que sensuelles. Circa fait valser tous nos préjugés et tous nos clichés. C’est une véritable pièce de cirque qui raconte un propos.

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