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250 personnes manifestent à Paris contre le délit de racolage passif

Environ 250 personnes ont manifesté samedi à Paris pour demander l'abrogation du délit de racolage passif.

Par F.A et AFP

250 personnes ont manifesté pour demander l'abrogation du délit de racolage passif, engagement de campagne de François Hollande confirmé dans Le Parisien par la ministre des Droits des femmes Najat Valleaud-Belkacem.
"C'est une des lois les plus nuisibles pour nous, entre la répression policière, les amendes et les garde à vues. Toutes les nuits, il y a des rafles au bois de
Boulogne et au bois de Vincennes
", a dit Thierry Schaffauser, un porte-parole du syndicat des travailleurs du sexe (Strass), qui regroupe des prostituées dites "indépendantes".
Selon lui, l'instauration de ce délit a entraîné "une augmentation des violences et une baisse des tarifs", qui "oblige les prostituées à rester plus longtemps sur le trottoir". "Cette loi accroit la clandestinité, ce qui réduit la possibilité de faire de la prévention", a ajouté Bruno Spire, le président de l'association de lutte contre le sida Aides.
Les manifestants, parmi lesquels des dizaines de prostituées chinoises masquées et des militants des associations Osez le féminisme, Act Up-Paris ou Acceptess-T,ont manifesté de la place Pigalle jusqu'au quartier Strasbourg-Saint-Denis. Des bénévoles de Médecins du Monde, qui dénoncent les "conséquences délétères de cette loi sur la santé et les droits des personnes se prostituant", étaient également présents. Le 18 mars 2003, la Loi de sécurité intérieure instituait le délit de racolage passif, pénalisant "le fait par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d'autrui en vue de l'inciter à des relations sexuelles en échange d'une rémunération". Tout contrevenant devenait passible de deux mois d'emprisonnement et de 3.750 euros d'amende.
La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a assuré samedi dans Le Parisien que l'engagement de campagne de François Hollande
sur l'abrogation de ce délit serait tenu. Une "proposition de loi globale sur la prostitution et la traite" devrait être élaborée "d'ici à l'automne", a-t-elle déclaré, précisant que la pénalisation du client était "une piste de réflexion parmi d'autres". La sénatrice EELV Esther Benbassa a déposé une proposition de loi pour abroger le délit de racolage, qui sera débattue le 28 mars au Sénat. "A cause de cette loi, les travailleuses sont isolées, éloignées des associations.
Si elle avait aidé à ce qu'on démantèle les réseaux de prostitution, j'aurais été pour. Mais c'est le contraire qui est arrivé"
, a-t-elle affirmé samedi.

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