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5e jour de débat sur le Mariage pour Tous au Sénat

EDITO - Nous avons passé l'après midi du 5e jour de débat sur le mariage et l'adoption pour Tous au Sénat. Carnet de notes...

© FML / France 3 Paris
Mercredi en fin d'après midi, sur le parvis de l'Hôtel de Ville, un regroupement était annoncé pour dénoncer et lutter contre l'homophobie. Un peu plus tôt en ce 5e jour de débat sur le mariage et l'adoption pour Tous au Sénat, la chambre haute se penche sur le projet de loi concernant le mariage pour tous.

La nuit précédente, l'article premier qui ouvre le mariage aux personnes de même sexe était adopté par les sénateurs. Voté conforme -tel qu'il était à sa sortie du Palais Bourbon- il est définitif et ne connaîtra pas de seconde lecture sauf si le sénat rejette le texte dans sa globalité. Sur 344 votants, et 341 suffrages exprimés, le texte a obtenu 180 voix  contre 161.

Mais pour le moment, les questions continuent, les interpellations de l'opposition se succèdent. Jean-Pierre Michel, le rapporteur a certes déclaré mardi sur Public Sénat qu'après cette première étape un peu longue, il serait sans doute de mise d'accélérer l'examen. Une vision néanmoins peu partagée par les sénateurs de droite et de l'UDI qui entendent bien donner de la voix toujours et encore. Plus qu'à l'accoutumée d'ailleurs. Avec quelques éclats bien éloignés de l'esprit que cette auguste et sereine assemblée a l'habitude d'offrir. L'ambiance n'a sans doute pas atteint les crêtes rencontrées lors de la première lecture en février. Mais à tout le moins les connaisseurs remarquent une fébrilité originale.

Cet univers réputé comme urbain, connu pour la civilité de ses rapports et relations, tonne cette fois-ci. Au milieu des attaques ciblées et répétées comme à l'assemblée nationale autour de la Gestation Pour Autrui et Procréation Médicalement Assistée, qui avanceraient masquées derrière le texte aujourd'hui présenté -"ce mensonge d'état" selon l'opposition-, les broncas le disputent aux rires et chahuts. Et les saillies de la Garde des Sceaux se nourrissent de ces répétitions à l'envi, de ces attaques. "Cette ambiance nous rajeunît, elle est potache et nous renverrait aux années collège, si le sujet n'était pas aussi grave, si les propos tenus n'étaient regrettables ; propos qui ne contribuent pas au pacte républicain, au lien social" répond Christiane Taubira.

Et si à droite l'heure est à l'occupation du terrain, dans la majorité la discipline est grande. Il leur a été demandé de se garder d'intervenir trop, de réagir pied à pied, pour laisser la parole aux sénateurs de l'UMP et de l'UDI. Une règle du moment. Mais aussi une conduite toute sénatoriale. Une trace d'héritage, comme la civilité d'ordinaire respectée.

Le silence est le temps de l'apprentissage
 

Quand le mandat des sénateurs était de 9 ans, les nouveaux élus se retrouvaient relégués en haut de l'hémicycle avec un devoir de silence. Se taire pour écouter. Le temps de l'apprentissage. L'apprentissage de la sagesse. Seulement ensuite, après cette période, il leur était accordé de descendre, retrouver la parole et participer aux discussions. La statue d'Harpocrate (Dieu du silence) dans le salon des messagers d'Etat, qui pose son doigt sur sa bouche en signe de silence en est le symbole.

En attendant, les questions se poursuivent. Christiane Taubira vient de terminer une longue réponse. De se rasseoir. Apres avoir salué les efforts de silence dans les rangs de la majorité. Après que les sénateurs de gauche l'ont applaudie debout. Après avoir reçu cet hommage avec gratitude. Apres s'en être nourrie.

Les plus optimistes pariaient mercredi en début d'après-midi pour une accélération des débats, après avoir remarqué qu'il ne restait que 207 amendements. Les interventions qui s'accumulent autour de l'adoption en ce mercredi après-midi et les boucles autour des PMA et GPA laissent entrevoir encore quelques débats nocturnes. Et quelques citations dont la Ministre de la Justice n'est jamais avare et qui sont devenues, tout comme sa combativité, sa marque de fabrique. Loin, bien loin de la tranquillité du "train de sénateur".

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