Législatives 2024 : "Notre combat depuis une semaine c’est de trouver des salles disponibles", mariages, festivités et événements sportifs annulés en pagaille

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Ce devait être un jour de fête. Ce sera un jour de vote. Les 30 juin et 7 juillet, ils avaient prévu de se marier ou organisaient une course automobile. Des événement qui demandent des investissements en temps et en argent qui tombent à l'eau. Pas tous, heureusement...

À Bruille-Saint-Amand, Maxime Raspilair ne dort plus beaucoup. Boucher traiteur, il a vu son planning exploser avec l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale. Il raconte : "Depuis 4 h 30 ce matin, j’appelle mes confrères pour savoir s'ils ont des disponibilités : je sais que pas mal d'entre eux ont leur propre salle. Les salles des fêtes communales ont été réquisitionnées pour les élections. Nos clients sont impactés, nous aussi, ils ont déjà versé des acomptes".

Notre combat depuis une semaine c’est de trouver des salles disponibles.

Maxime Raspilair, boucher-traiteur

Sur la dizaine de prestations prévues les deux week-ends de législatives, il en a déjà perdu six. Après le covid et l’inflation, c’est un nouveau coup dur… qu’il peine à accepter. "On se lève le matin, on fait entre 10 et 12 heures par jour et nous, notre combat depuis une semaine c’est de trouver des salles disponibles".

Puis, sans colère, il ajoute : "C’est inédit et c’est chiant, on est encore impactés, nous, artisans. Je pense qu’on en a eu assez avec le covid. On n'a pas demandé à ce que les salles ne soient pas disponibles et c'est nous qui devons nous battre. Et en échange, on a quoi ? Rien. C’est encore un combat, c’est du téléphone, des mails, des textos, on n'a pas que ça à faire, on a une clientèle à s’occuper !".

La salle des fêtes réquisitionnée

Maxime Zelazny a eu du mal à réaliser ce qui lui arrivait quand la mairie l'a appelé : " On n’y a pas cru. Petit à petit, on a commencé à avoir peur. J’étais tout seul, ma femme était en week-end avec sa témoin à Ibiza. La première chose qu’on s'est dite c'est : on annule ! On n'a pas de choix, à trois semaines du mariage, on sait qu'il est impossible de trouver une salle déjà pour un anniversaire… Alors une salle de 100 personnes..."

On s'est dit, on annule !

Maxime Zelazny, futur marié

Et puis non, avec le soutien de sa famille, il a décidé de se battre. Avec sa mère et sa sœur, ils appellent une cinquantaine de salles, une trentaine de communes. Certaines leur répondent qu'ils sont déjà quinze à les avoir contactés. La déprime n'est pas loin : "Un an d’investissement, tout allait tomber à l’eau. On ne pouvait pas reporter car les prestataires étaient remplis jusque 2025. On a pensé à le faire dans un jardin, mais mettre une telle somme pour le faire dans un jardin, c’était pas terrible. Tout s'est effondré en quelques secondes juste après l’annonce".

Et finalement, c'est sa grand-mère qui trouvera une solution à Phalempin. "Jusqu’à minuit, on cherchait encore des salles, on appelait partout... On a eu le message à 8h 01 le lendemain matin comme quoi c’était bon !" Un véritable soulagement et un ascenseur émotionnel intense : "L’émotion la plus compliquée a été de dire à ma femme, qui a organisé beaucoup, que tout s’était effondré en quelques minutes".

Finalement, ils pourront se marier comme prévu, la note sera juste nettement plus salée. La salle est 1250 euros plus chère... Maxime conclut "c'est lourd à trois semaines du mariage alors que tout était prévu ! On n'a jamais prêté attention aux petites lignes, on met la signature en bas… Et la dernière dissolution, c'était quand ? On n'aurait jamais imaginé... "

Se marier dans une salle de classe !

À Quiévrechain, Laura Lanois et son amoureux ont subi la même déconvenue. La salle des fêtes de la commune, réservée pour leur mariage du 6 juillet, a été réquisitionnée pour les élections. 

"On ne s’y attendait pas du tout" raconte la jeune femme, "ça fait deux ans qu'on le prépare, ça fait deux ans qu'on a tout ça dans la tête. C'est énormément de préparatifs ! - Et de stress", ajoute son conjoint, "du coup, quand on nous a dit ça, j'étais déçue", raconte Laura.

Et la galère ne fait que commencer. Leurs prestataires refusent de changer de date... à eux de trouver une solution. Alors, après de longues heures de recherches infructueuses, ils appellent à l’aide la mairie. La commune va alors leur proposer, exceptionnellement, de se marier dans une salle de classe !

Très vite, en la visitant, le nuage qui pesait au-dessus de leur tête s'évapore et les sourires reviennent. Et le pragmatisme resurgit. Laura prévoit une table en U au milieu de la salle, et à la place du tableau, une toile pour faire des photos... Reste à décrocher les dessins d'enfants après le départ des élèves, la veille du jour J.

Des événements annulés 

Si le Main Square d'Arras est maintenu tout comme les fêtes de Gayant à Douai, en revanche le gala de catch de Mazingarbe, la ronde des géants de Bouvines ou le Vintage car show de Béthune sont annulés ou reportés. 

Même sort pour le Rallye des centurions prévu dans l’Avesnois, le dimanche 30 juin. Le président de l'association sportive automobile 59, Yoann Descamps, explique : "Le parcours étant entre villages, à l'extérieur d'Avesnes-sur-Helpe, c’était difficile de bloquer les routes et de demander aux gens d’aller voter. Donc là, l’annulation a été très rapide à décider. C’est un gros événement et le report est très compliqué. Même la veille, le samedi, ce n'était pas possible, on avait les ambulances, les médecins qui n'étaient plus disponibles..." 

On s'adapte, on a pas le choix, les élections sont prioritaires. Mais, on a l'impression de revivre l'esprit du Covid, quand nos épreuves ont été annulées trois jours avant. On essaie de calmer certains bénévoles qui ne comprennent pas du tout.

Yoann Descamps, président de l'Asa59

Le week-end suivant, c'est le Slalom d'Haumont qui est annulé. Le parcours, presque exclusivement en centre-ville, le rallye aurait bloqué l'accès aux bureaux de vote et à la mairie. Des annulations qui en rappellent d'autres aux organisateurs qui tentent de faire bonne figure : "C'est un travail de bénévolat, un très gros travail puisque pour mettre en place un rallye c'est un an de travail. Beaucoup de mobilisation, On s'adapte, on n’a pas le choix, les élections sont prioritaires. Mais, on a l'impression de revivre l'esprit du Covid quand nos épreuves ont été annulées trois jours avant. On essaie de calmer certains bénévoles qui ne comprennent pas du tout."

Mais bonne nouvelle, le Slalom d'Hautmont se fera peut-être, à un autre moment : "On est en train de voir pour une date report, c'est un événement qui demande moins de mise en place pour trouver une nouvelle date." explique Yoann Descamps. 




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