Le député écologiste Denis Baupin est favorable à un service civique obligatoire

Publié le Mis à jour le
Écrit par Daic Audouit .

Invité de Samedi Politique sur France 3 Paris, ce 31 janvier, le député EELV de Paris, Denis Baupin, s'est déclaré favorable à un service civique obligatoire. Il a également commenté les déclarations faire de Chine par Manuel Valls sur le travail dominical à Paris.

Le service civique. Volontaire ou obligatoire ? Le débat agite la classe politique en réponse aux embrigadements djihadistes que connaît la France.



Moi, objecteur de conscience



Invité de Samedi Politique sur France3 Paris, Denis Baupin, député écologiste de Paris, est revenu sur son expérience d'objecteur de conscience dans les années 80. "Moi j'ai fait un service civil de deux ans dans une association tiers-mondiste comme on disait à l'époque. Ca a été pour moi très instructif", raconte-t-il.



Fort de cette expérience, il se prononce en faveur d'un service civique obligatoire. "Plutôt pour, il faut essayer de mettre en place le dispositif. Ayons le débat. Globalement qu'il y ait une étape où on puisse rappeler quelles sont les valeurs de la République et s'engager dans des associations ou dans les services publics, je pense que c'est intéressant pour la collectivité", déclare-t-il.







Soutien à Anne Hidalgo



Aujourd'hui, Denis Baupin effectue un service civique de 5 ans à l'Assemblée nationale. Il en est même un des vice-président et a conduit quelques uns des débats sur la loi Macron cette semaine. "Je voterai sans doute contre", (contre le volet travail du dimanche et zone touristique. La position du groupe EELV sur l'ensemble du texte n'est pas encore arrêtée ndlr), rappelle-t-il en préambule.



Comment accueille-t-il alors les déclarations de Manuel Valls qui lors de sa visite en Chine a vanté l'ouverture des grands magasins le dimanche à Paris.

"Vous pourrez vister le château de Versailles le samedi et faire vous courses le dimanche", a promis le premier ministre à ses interlocuteurs chinois.



"Vous pouvez aussi faire vos courses le samedi et visiter le château de Versailles le dimanche", rétorque l'ancien élu parisien qui relaie le combat d'Anne Hidalgo contre la création de zones touristiques internationales dans la capitale décidées par l'Etat. "Qu'on donne la compétence à la maire de Paris de décider de quand on ouvre les commerces et de quelle taille doivent être les zones touristiques. Et si elle estime que ce n'est pas pertinent, pourquoi l'Etat déciderait à la place de la ville ? ", poursuit le député.



"Je pense que le premier ministre devrait attendre que la loi soit votée. Il est probable malheureusement qu'il aura un majorité pour le faire, mais ce sont les députés qui votent, pas le gouvernement", ajoute Denis Baupin.



A la ville de Paris, il a été adjoint aux transports puis à l'environnement. Il accueille donc avec enthousiasme le plan anti-pollution présentée cette semaine par la maire. "Je me félicite du leadership que prend Anne Hidalgo sur ces questions avec des objectifs très forts. Elle prend l'initiative comme nous l'avions fait en 2001. Il faut que les politiques aient le courage de prendre l'initiative et ensuite cela suit", répond-il, quand on lui rappelle que l'interdiction du diesel est soumise à une décision nationale.



Préoccupé par Mélenchon



"Not in my name", avait tweeté Denis Baupin à propos du rapprochement de Jean-Luc Mélenchon et de Cécile Duflot. Il ne souhaite pas de listes communes avec le Front de gauche pour les régionales de la fin de l'année en Ile-de-France. "J'ai une vraie préoccupation par rapport à Jean-Luc Mélenchon. En 2012, il a fait quatre millions de voix. Quand a t-il fait ? A quoi ça sert d'avoir une stratégie qui réunit des gens sur des positions et finalement ne rien faire ? ", commente-t-il.



Il revient sur la difficulté des écologistes d'être membre de la majorité. "Nous essayons de peser à l'intérieur et nous aurions été plus forts si Jean-Luc Mélenchon et le parti communiste avaient choisi de participer à cette majorité", poursuit-il. "C'est plus compliqué de participer. C'est plus compliqué que d'être spectateur et de commenter de l'extérieur", ironise-t-il.







Les sondages parus en fin de semaine sur les intentions de vote pour la présidentielle de 2017 montrent une forte progression de Marine Le Pen et un risque que la gauche soit éliminée dès le premier tour. Réclame-t-il alors comme le patron des sénateurs EELV, Jean-Vincent Placé, une primaire entre socialistes et écologistes ?



"Que des gens se posent la question de savoir s'il faudra qu'il y ait une candidate écologiste ou des primaires est un débat qui doit avoir lieu à partir du moment où on sait que Marine Le Pen risque d'être présente au second tour", juge Denis Baupin.



Mais, prudent,  il ne tranche pas encore ce débat. "Il ne faut pas que la gauche soit éliminée. Mais à quelle condition ? Est-ce que l'on va fermer Fessenheim, c'est un sujet essentiel pour savoir si le candidat socialiste aura tenu les engagements qu'il aura pris", répond-il mettant la pression sur François Hollande qui souhaite éviter un candidat écologiste face à lui au premier tour.



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