Le patron du musée des Manuscrits en examen pour escroquerie

Le très respecté collectionneur bibliophile et patron fondateur de l'Institut des Lettres et Manuscrits (musée des Manuscrits à Paris) Gérard Lhéritier a été mis en examen. Il est soupçonné d'une très grosse escroquerie auprès d'au moins 18 000 épargnants.

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Gérard Lhéritier, patron fondateur du musée des Manuscrits à Paris, est soupçonné d'une escroquerie de type "pyramide de Ponzi" (qui consiste à rémunérer des épargnants anciens avec l'argent des derniers épargnants rentrés dans le système), par l'intermédiaire d'une de ses sociétés, dénommée Aristophil.

Cette société Aristophil proposait aux épargnants de placer leur argent dans des lettres historiques ou des manuscrits avec des taux annoncés de 8 à 9%, un niveau surprenant pour les enquêteurs, qui se demandent si l'apport des nouveaux investisseurs ne servait pas à payer ceux qui souhaitent récupérer leur mise agrémentée de taux élevés.
Signe de l'énormité des sommes en jeu , Gérard Lhéritier s'est vu imposer un cautionnement de 2 millions d'euros dans le cadre de son contrôle judiciaire. Sa fille, responsable de la gestion des collections, et l'expert comptable de la société ont également été mis en examen.

Les sommes en jeu, mises au jour par l'enquête préliminaire donnent le tournis. Les policiers ont comptabilisé à ce stade 18.000 souscripteurs ayant conclu des contrats pour un montant de 850 millions d'euros.
Outre les contrats passés, les enquêteurs de la PJ ont estimé que d'autres étaient en cours de préparation, pour un montant de 600 à 700 millions d'euros.

De nombreux épargnants se sont manifestés auprès de la justice.  Ils avaient acheté des parts dans des écrits figurant dans le catalogue d'Aristophil, parfois très prestigieux, comme le testament politique de Louis XVI, les écrits du général de Gaulle, des manuscrits du marquis de Sade ou d'André Breton.

Un investissement pour le moins atypique


Avec ce dispositif, la société, dont l'objet principal est d'acheter "des lettres et des manuscrits pour les revendre avec bénéfice", proposait des morceaux d'histoire et du rêve érudit mais aussi des placements financiers, avec des écrits originaux. Ils pouvaient être acquis par parts, en indivision. L'acquéreur achetait donc dans ce cas un bien incorporel, un titre financier, et non un manuscrit en tant que tel.

Cet investissement atypique a rencontré, selon Aristophil, "un succès sans cesse grandissant", et dérouté tout autant le monde confiné de la bibliophilie que les spécialistes de l'épargne. Mais également la direction des fraudes (DGCCRF), intriguée par cette société depuis fin 2012. Car la "rentabilité" vantée par Aristophil, des manuscrits n'est en rien garantie et il n'existe pas un réel "marché" de ce genre de produit. Tout au plus on peut recenser une poignée de collectionneurs passionnés et de libraires de livres rares prêts à investir dans des écrits remarquables. Mais tout cela ne fait pas un marché de placements.
Dès lors, les promesses de gains, à la hauteur de ce que promettait Aristophil, s'apparentent plutôt à de l'abus de confiance et à de l'escroquerie.

Gérard Lhéritier comme son expert comptable ont ainsi été mis en examen pour escroquerie en bande organisée et blanchiment, présentation de comptes infidèles, pratiques commerciales trompeuses, abus de biens sociaux et abus de confiance.
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