Hausse des impôts locaux en Ile de France

Les conseils municipaux sont en train de voter les budgets 2015, date limite mercredi 15 avril, et dans certaines communes des hausses ont déjà été annoncées. 

C’est le cas de Lagny-sur-Marne en Seine et Marne, où les impôts locaux vont augmenter de 25 %. Dans les Hauts-de-Seine, à Levallois Perret, le conseil municipal a voté une augmentation de 10%, à Bagneux c'est une augmentation de 1,5 par rapport à 2014. Dans le Val-de-Marne, à Villiers-sur-Marne, l'augmentation s'élève à 5,9%, quant à Vitry sur Seine, le taux est de 2%.

Les Parisiens sont, pour l’heure, épargnés par cette augmentation, la capitale profitera de deux nouvelles dispositions fiscales adoptées fin 2014 par le Parlement et qu'elle avait appelées de ses vœux. La surtaxe des résidences secondaires et la hausse de la taxe de séjour dans les hôtels.

Pour expliquer ces hausses d’impôt, les maires invoquent la baisse des dotations d’Etat, annoncée et amorcée depuis plusieurs années, mais aussi la facture de la réforme scolaire : les communes doivent désormais financer une partie du temps périscolaire. L'Etat a en effet annoncé une baisse de 30% des dotations de l'Etat aux collectivités locales d'ici 2017, soit environ 11 milliards d'euros sur trois ans.

L’analyse de la Cour des comptes est, elle, plus nuancée explique Europe 1 : certes, les communes reçoivent moins d’argent, mais c’est parce qu’elles sont censées réaliser des économies d’échelle au niveau des intercommunalités et des agglomérations. Un seul service de collecte des déchets coûte moins cher qu’une équipe dans chaque commune. Mais dans la réalité, cette mutualisation via les agglomérations et les intercommunalités n’a permis aucune économie : entre 2009 et 2013, l’emploi a progressé de 4% dans la fonction publique territoriale, quand la hausse se limitait à 0,7% dans l’ensemble de la fonction publique.

Francois Lenglet sur RTL enfonce le clou. L’éditorialiste rappelle que dans bon nombre de cas, la création d'une intercommunalité, qui regroupe plusieurs villes pour prendre en charge, par exemple, la gestion des déchets, n'avait pas fait faire d'économies, parce que les administrations municipales avaient été maintenues quasiment intégralement en parallèle.

Quant aux villes qui ne prévoient pas de hausses d’impôts locaux en 2015, elles utiliseront d’autres subterfuges pour trouver des recettes fiscales. Exemple à Yèbles dans le Val d’Oise, où la maire a financé les travaux de l'école grâce à la solidarité des habitants. 

>> Un reportage de Farid Benbekai avec Philippe Aliès



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