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13 kilomètres de fleuve traversent Paris. Traversent ? Le mot est peut-être mal choisi. La Seine est aussi depuis un siècle un élément de fracture, mal intégré dans la ville, qui scinde la capitale en deux parties distinctes : la rive droite et la rive gauche.

Au 19ème siècle, le fleuve est devenu désincarné, réduit à une voie de navigation pour des mariniers auxquels les pouvoirs publics ont longtemps préféré la route. Enjambé par de multiples ponts, désertés par les habitations, les artisans et ouvriers, la Seine devient alors, peu à peu, un élément de décor, indispensable dans la carte postale touristique mais presqu’oubliée des Parisiens.

Sur la Seine, à Paris. / © France 3 Paris IDF/M. de Bohan
Sur la Seine, à Paris. / © France 3 Paris IDF/M. de Bohan
Aujourd’hui, la municipalité affiche une volonté forte de réinvestir le fleuve. Et cette politique, menée en dépit des fortes oppositions politiques et associatives, commence à porter ses fruits. Petit à petit, la Seine renait et reprend une place dans la vie des Parisiens. C’est pourquoi nous avons choisi d’y passer 24 heures.

La brigade fluviale, la "fluv", vit avec le fleuve depuis un siècle

A quoi ressemble une journée banale sur la Seine ? A la brigade fluviale, on vit avec le fleuve depuis plus d’un siècle. Son fief est d’ailleurs installé sur l’eau, quai Saint Bernard, au pied du jardin des Plantes, juste en face de l’entrée du port de l’Arsenal. La centaine d’hommes et de femmes qui travaille ici doit avoir le pied marin : il faut le savoir, les locaux tanguent plus ou moins en fonction du temps.

VOIR l'interview de Sandrine Berjot, commandant de la brigade fluviale
24 heures sur la Seine : interview de Sandrine Berjot, commandant de la brigade fluviale
A quoi ressemble une journée banale sur la Seine ? A la brigade fluviale, on vit avec le fleuve depuis plus d’un siècle. Son fief est d’ailleurs installé sur l’eau, quai Saint Bernard, au pied du jardin des Plantes, juste en face de l’entrée du port de l’Arsenal. La centaine d’hommes et de femmes qui travaille ici doit avoir le pied marin : il faut le savoir, les locaux tanguent plus ou moins en fonction du temps.
La « Fluv » comme la surnomment presqu’affectueusement ses membres, est la première brigade de police spécialisée dans la surveillance du fleuve. Elle a été officiellement créée le 30 juin 1900. 110 ans plus tard, elle fait partie intégrante du paysage fluvial.


Sa mission phare : le secours aux victimes de submersion. Chaque agent de terrain est un sauveteur et un plongeur. C’est donc tout naturellement que nos premiers pas sur la Seine nous amènent au contact de ces policiers hors-norme : cette sentinelle a acquis au fil des années une connaissance intime du fleuve et de ses habitants, de ceux qui y travaillent comme de ceux qui y ont leurs habitudes.

Vue sur la Seine, à Paris

 

Du canal Saint-Martin jusqu'au port de l'Arsenal... Un tunnel

La Seine, ce sont aussi lieux insoupçonnables. Le saviez-vous ? Le tunnel de la voute sépare le port de l’arsenal du canal Saint Martin. Il circule sous le boulevard Richard-Lenoir. Quelques centaines de mètres dans le ventre du 11ème arrondissement, où règne une semi-pénombre. En effet, des puits de lumières éclairent l’ensemble à intervalles réguliers.


Une atmosphère magique qu’une patrouille de la fluviale nous invite à découvrir

 

Au fil de l'eau... Mais aussi sur les quais !

Le quotidien de la Seine, ce sont les mariniers, les bateaux de tourisme, les bateaux-école aussi –c’est en Ile de  France que l’on passe le plus de permis bateau !-, les navettes ministérielles… Sans oublier les quais, qui renouent avec les Parisiens, eux qui les avaient désertés depuis longtemps… Pêle-mêle, on y croise des pêcheurs, des promeneurs, des sportifs (Haaaa… Le jogging sur le long de la rive gauche) et des flemmards (Haaaa… Le transat en face du palais de la découverte).
© France3 Paris
© France3 Paris
Les quais s’animent le soir venu, quand les costumes cravates sortent du travail. De part et d’autre du pont Alexandre-III, de nouveaux lieux de fête et de détente. La nuit parisienne ressemble désormais à une immense terrasse le long de la Seine : certains y jouent à la pétanque, d’autres refont le monde en dévorant une pizza, d’autres encore trinquent en se regardant droit dans les yeux…

Paris désormais, c’est aussi ça : loin des pots d’échappement, loin aussi des bruits de la ville qui sont ici plus étouffés, loin enfin du métro-boulot-dodo. La capitale se souvient enfin qu’elle s’est construite au fil de l’eau et de la Seine… Et n’en déplaise aux conducteurs exaspérés par les sempiternels bouchons, ça fait du bien…

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