À Paris : inédits et gratuits, deux festivals, Facettes et Pop & Psy, mettent à l'honneur la santé mentale

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Dans le cadre des semaines d'information sur la santé mentale, le festival Pop & Psy qui se tient les 7, 8 et 9 octobre et Facettes qui a lieu du 15 au 16 octobre, proposent des ateliers, des tables rondes et des concerts. Objectifs : briser les préjugés autour des maladies mentales des jeunes. Entretiens croisés.

Clémence Monvoisin et Jean-Victor Blanc se connaissent peut-être. Ils auraient pu se rencontrer dans des hôpitaux ou dans des unités psychiatriques à Paris. Ils ont presque le même âge. Clémence Monvoisin a 34 ans et Jean Victor Blanc a 33 ans.

Clémence est atteinte d’un trouble de l’humeur unipolaire, d’un trouble de la personnalité limite (borderline), et souffre de troubles des conduites alimentaires et des consommations.

"J'ai reçu ce diagnostic après 15 ans de troubles et de multiples hospitalisations. Dans mon parcours, grâce à plusieurs rencontres, j'ai pu modifier mon rapport à la maladie, mais je suis passée par des moments très difficiles et il a fallu du temps avant de poser des mots sur ma maladie", confie-t-elle. Cette errance durant toutes ces années, la multitude de questions qui l'ont submergée, la crainte de l'avenir, c'est tout cela, que cherche à faire connaître, et partager Clémence.

Jean-Victor Blanc est psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP) et enseignant à Sorbonne-Université. "Je suis passionné de pop culture, et j'ai créé le concept Culture Pop & Psy pour améliorer l’inclusion des personnes concernées dans la société, et faire évoluer les mentalités par rapport à la maladie mentale. Souvent, mes patients, surtout les jeunes, ont peur d'en parler, car ils craignent d'être stigmatisés" explique le Dr Jean-Victor Blanc.

Clémence Monvoisin est, elle aussi, déterminée à changer ce regard. Ainsi, elle décide d'aller vers les jeunes. Petit à petit, l'idée a germé dans sa tête, jusqu'à mûrir, et faire émerger ce festival Facettes, né d'une énergie collective.

Ce sont les jeunes qui ont choisi le nom de Facettes , comme tout le contenu de ce festival

Clémence Monvoisin, présidente de l'association Innovation Citoyenne en Santé Mentale et organisatrice du festival Facettes

"J'ai demandé à droite à gauche dans mon entourage, pour savoir, si je pouvais questionner leurs enfants ou jeunes connaissances", explique Clémence. Pour les mettre en confiance, elle leur parle de son parcours et de sa maladie. Petit à petit, la confiance s'installe. "Je leur demandais : et toi qu'est-ce que tu fais, quand ça ne va pas? Et pourquoi ça ne va pas ? As-tu des difficultés pour en parler, ou pas ? As-tu pensé à consulter ?" Petit à petit, la parole se libère. "Ils ont commencé à m'envoyer des potes, des cousins, et j'ai discuté avec plein de jeunes, et bu plein de cafés !", sourit Clémence. Tout ce petit monde, des jeunes, âgés entre 15 et 30 ans, a fini par constituer une vraie communauté. D'ateliers en ateliers de discussions, en passant par des visios, le samedi de 10 h à 12 h, l'association Innovation Citoyenne en Santé Mentale est créée et lance l'idée de ce festival, reconnaît, épatée, Clémence. 

Pourquoi Facettes ? "Facettes, pour rappeler que la personnalité recèle plusieurs aspects et qu'il ne faut pas s'arrêter que sur un aspect."

Pop et psychiatrie

Faire tomber les préjugés, c'est la mission que s'est donnée Jean-Victor Blanc. Ce jeune psychiatre dépoussière les théories et mêle la culture Pop à la psychiatrie. "Moi, on me dit souvent, je suis très jeune pour être psychiatre. J'ai 35 ans, je ne suis plus tout jeune" dit-il en riant. Mais son âge lui permet aussi d'avoir une approche différente et d'avoir une écoute avec les jeunes plus facile.

Pourquoi Pop & Psy?

"En fait, ça fait 5 ans maintenant, qu'avec Culture Pop, j'essaie de trouver des endroits pour parler de santé mentale différemment et notamment à l'aide de la pop culture. La pop culture est un moyen très efficace, selon moi, de changer les représentations qu'on a de la santé mentale à travers, notamment des séries populaires, des célébrités, des prises de paroles de sportifs ou par la musique", explique-t-il. Pour lui, les Etats-Unis sont plus décomplexés. "Ça se voit dans leurs approches, ils s'investissent pour la cause, produisent même des séries, où l'héroïne est bipolaire, dit-il, en citant Homeland, une série américaine qui enchaîne les saisons dans laquelle, l'héroïne, Carrie Mathison, analyste à la CIA, alterne des périodes de grande agitation et de dépression. Plus qu’un simple ressort créé pour donner de l’épaisseur au personnage, sa bipolarité a une grande influence sur la question de la maladie mentale et de sa prise en charge, et des scénarios comme ça en France, il n'en existe pas ou très peu", avance Jean-Victor Blanc.

Notre but est de faire reculer les préjugés. La stigmatisation aggrave la fragilité de la personne

Jean-Victor Blanc, psychiatre

Ce festival a pu voir le jour grâce à une prise de conscience collective et une envie de détendre l'atmosphère autour de la psychiatrie. "Je ne suis pas tout seul dans ce projet. Je le porte avec Florence Trédez, journaliste et spécialiste des rubriques Culture et Société, et la Fondation Falret qui nous a énormément aidés dans notre projet ", explique Jean-Victor Blanc.

"Notre but est de faire reculer les préjugés. La stigmatisation aggrave la fragilité de la personne, et des proches qui ne savent pas quoi faire. Stigmatiser fait naître un sentiment de honte, mais engendre aussi un repli sur soi pour la personne malade. Cela retarde son diagnostic et sa prise en charge par un accompagnement thérapeutique et un traitement", alerte le psychiatre. "Avec ce genre d'actions, comme les festivals, avoir des personnalités et des artistes, qui osent témoigner de leur vécu avec la maladie, cela permet de briser le silence et de lever les tabous sur la psychiatrie", confie le médecin.

 

 Le Covid a brisé le tabou de la psychiatrie

Clémence Monvoisin comme Jean Victor Blanc reconnaissent que depuis le Covid, la question de la santé mentale est devenue un vrai sujet de société. Pour autant, la prise en charge reste un chemin difficile. Pour rappel, 32 % des 18-24 ans ont un trouble de santé mentale et 2 jeunes sur 3 estiment que la crise actuelle liée à la Covid-19 va avoir des conséquences négatives sur leur propre santé mentale, selon une étude Ipsos Fondation FondaMental, publiée en janvier 2021 et qui sera présent au festival.

Oui, on parle plus de la maladie, mais on ne parle que des gens qui sont malades. On ne dit pas comment ils peuvent avoir accès à une vie satisfaisante

Clémence Monvoisin, Présidente de l'association Innovation Citoyenne en Santé Mentale

"C'est une maladie dont on ne guérit pas, on se rétablit, mais la maladie est toujours là. Donc on vise à avoir une vie personnelle, professionnelle et familiale satisfaisante", rappelle Clémence Monvoisin. "Pour ces jeunes atteints de maladie mentale, il faut que des réponses soient trouvées ou proposées, du moins, par rapport à des questions toutes simples, car leur vie reste une vie de jeune avant tout", précise-t-elle.

Et de poursuivre : "Cela passe par des réponses à des questions comme : avec ma maladie, est ce que je peux faire la fête ? Est-ce que je peux trinquer sans que ça ne me défonce la tête ? Est-ce que je peux avoir un ou une amoureuse? Est-ce qu'un jour je pourrais avoir un job qui m'intéresse, et pas un truc sous gradé, car mon psy me dit que je ne peux faire que ça ?"

Des questions, Clémence continue à s'en poser et cherche encore les bonnes réponses. Son psy, elle l'adore et l'appelle son sauveur, seulement, des questions la taraudent.  "J'ai 34 ans et quand je parle à mon psy, de maternité et qu'il me répond que je ne suis pas prête pour en parler, et bien moi, j'ai besoin d'autres réponses, même si je suis d'accord avec tout ce qu'il m'explique ensuite. On a besoin de pouvoir se projeter dans la vie avec ses envies, même si effectivement la maladie est là", confie Clémence.

"Oui, on parle plus de la maladie, mais on ne parle que des gens qui sont malades. On ne dit pas comment ils peuvent avoir accès à une vie satisfaisante", regrette Clémence Monvoisin. Le festival Facette propose donc des débats, des tables rondes pour tenter de répondre à toutes ses questions et plus largement des thèmes comme l'alimentation, le corps et son image etc. "On ne va pas avoir des ateliers de bipolaire, borderline, schizophrène, mais des temps d'échanges, des débats, des stand-up, mais aussi des témoignages pour partager nos différentes expériences et expliquer comment améliorer son quotidien quand sa santé mentale est affectée. C'est vraiment une porte d'entrée fédératrice, car elle concerne tout le monde pas uniquement aux personnes atteintes d'un trouble mental", assure Clémence Monvoisin.

Je veux bien aller chez le psy, mais je ne veux pas qu'on me fasse sentir malade

Abigaïl, association Voyageuse au naturel

Des réponses pour avoir des solutions, et pour apprendre à vivre avec la maladie, c'est aussi le message que souhaite faire passer Abigaïl de Voyageuse au naturel, militante pour la reconnaissance et la visibilité de la santé mentale, et diagnostiquée borderline en décembre 2020.

Elle participe au festival Facettes en apportant son témoignage. "Je soutiens le plus possible toutes les démarches en rapport avec la santé mentale. Je pense qu'il faut déstigmatiser et en avoir moins honte."

Des séjours en psychiatrie, elle en aura eu plusieurs. En général, elle y restait quatre mois. Le manque d'informations angoisse Abigaïl qui se demande s'il y a un traitement possible, si elle restera comme ça toute sa vie, hyperémotive, passant d'une énergie débordante de projets, à une envie de rester cloîtrée, en pyjama ne pouvant plus rien faire. Avec une sensation de vide quasi-constante et une envie d'autodestruction. "J'ai toujours eu une image de moi qui est dans les extrêmes. Je me disais, Abigaïl, c'est super, tu peux tout faire, à un état où je me disais, je suis un monstre, je ne mérite pas de vivre. J'étais à des années-lumière de me dire que c'était une pathologie psychiatrique, moi, je croyais que j'étais comme ça et j'avais pris le truc comme une fatalité."

Finalement l'annonce du diagnostic lors de sa première hospitalisation lui apporte une première réponse "Au début, ça fait peur surtout quand on vit dit, 'Bonjour Madame, vous avez un trouble de la personnalité', et bien, on ne saute pas au plafond", confie Abigaïl. 

Apprendre qu'elle souffre d'une maladie la rassure dans un premier temps. Mais le diagnostic ne lui suffit pas, car ensuite, il faut trouver le bon traitement, la bonne écoute, le bon médecin, qu'elle finira par trouver, mais après plusieurs années.

"Je veux bien aller chez le psy, mais je ne veux pas qu'on me fasse sentir malade", explique la jeune femme de 26 ans qui aujourd'hui partage son parcours sur différents réseaux sociaux. Lors de ses hospitalisations, elle s'est créé une angoisse, celle de la blouse blanche. "Ma première hospitalisation s'est très mal passée et je pense que je me suis créée un blocage. Il a diminué lorsqu'un jour, accueillie après une crise dans un hôpital de jour, une psychiatre s'approche d'elle, et enlève sa blouse. "Elle a été formidable. Je me suis retrouvée devant une personne qui était en jean-basket et qui a commencé à me parler. Là, j'ai senti que j'étais avec une personne qui avait fait tomber une barrière et j'ai eu envie de lui parler" raconte Abigaïl. 

Encore, aujourd'hui en France, il est difficile de dire, on est atteint d'une dépression ou atteint d'un trouble bipolaire. Même des artistes ont refusé, pour ne pas être pris pour "le dépressif de service"

Jean-Victor Blanc psychiatre et organisateur du festival Pop et Psy

"En France, on continue de diffuser une image archaïque de la santé mentale, l'associant directement à la pathologie mentale (sur-pathologisation) et, où prendre soin de sa santé mentale passerait forcément par une introspection douloureuse, obscure, dans le fond d'un divan, face à un psychiatre tout-puissant. Cela peut paraître exagéré, mais parfois, on est pas loin de ce cliché", regrette Dr Thomas Cantaloup, psychiatre et qui sera présent au festival Facettes.

Cette vision archaïque, Jean-Victor Blanc reconnaît qu'elle existe encore. La psychiatrie fait peur et c'est un vrai travail d'information que nous devons accomplir. "Encore, aujourd'hui en France, il est difficile de dire, on est atteint d'une dépression ou atteint d'un trouble bipolaire ou que je suis déjà allé en psychiatrie. Même des artistes qu'on a sollicités pour le versant artistique, sans qu'ils soient concernés, ont refusé. Certains nous on dit, qu'ils ne voulaient pas être pris pour "le dépressif de service"", regrette Dr Jean-Victor Blanc, en espérant que pour l'année prochaine, parce qu'il pense déjà à la seconde édition, les mentalités auront évoluées. Même refus, pour le festival Facettes par certains artistes. Heureusement, beaucoup d'autres ont répondu présents et chaque festival aura son moment festif et fédérateur. Comme le rappeur Gringe ou encore l’humoriste Fary présents sur Pop et Psy dans une ambiance festive avec notamment un live musical assuré par le groupe pop Madame Arthur.

Du côté de Facettes, des personnalités publiques se sont mobilisées : Camille Aumont-Carnel, Kyan Khojandi, Marine Baousson, Maxime Musqua, Rosa Bursztein ou encore Victoire Dauxerre. Des humoristes, chanteurs et DJ complètent cette programmation festive.

Un sujet, que le cinéma aborde, avec le premier film de Brieuc Carnaille, "Le soleil de trop près", en salles depuis ce mercredi 28 septembre. À sa sortie d’hôpital psychiatrique, Basile, atteint de schizophrénie, se réfugie chez sa sœur Sarah. Elle est sa seule famille et sa plus grande alliée pour se reconstruire. Aussi rayonnant qu’instable, Basile parvient à trouver du travail et rencontre Élodie, une jeune mère célibataire : il se prend à rêver d’une vie "normale" ou plutôt satisfaisante.

Des jeunes bien dans leur tête 

La génération Z s'est emparée de sa santé mentale, notamment grâce à un meilleur accès à l'information. Il s'agit d'un changement générationnel

Thomas Cantaloup, psychiatre

Clémence parle de communauté, les personnes rencontrées sur son chemin de la maladie : les étiquettes sont nombreuses bipolaires, schizophrénie, borderline. "Ce n'est pas ça qui compte. Ce qui compte, c'est comment faire pour que ces jeunes vivent une vie de jeunes comme tout le monde, et comment les aider à faire leur vie d'adulte" explique la jeune femme.

Et finalement si les jeunes étaient plus préoccupés par leur santé mentale que leurs parents et plus décomplexés pour en parler ?

Pour Thomas Cantaloup, c'est définitivement vrai, et ce sont bien deux prises de conscience de deux concepts différents : "d'un côté, la génération Z s'est emparée de sa santé mentale, notamment grâce à un meilleur accès à l'information. Il s'agit d'un changement générationnel. Et, d'un autre côté, la pandémie a permis de mettre en lumière certaines maladies mentales, des plus légères aux plus sévères. C'est un progrès en terme de déstigmatisation".

À l'instar de Jean-Victor Blanc, il trouve que la France est en retard par rapport à ses voisins outre-Manche. "Nous avons globalement une vingtaine d'années de retard sur le monde anglo-saxon, notamment sur l'apprentissage des compétences psychosociales chez les enfants. Ces compétences permettent par exemple de savoir comment prendre conscience de sa santé (physique ou mentale). C'est, de ce fait, un sujet beaucoup moins compliqué à aborder pour eux".

Pour être libre, il faut être informé. Il faut donc redoubler d'efforts pédagogiques auprès du grand public dès le plus jeune âge, pour que ce dernier s'approprie sa santé mentale, les outils pour l'améliorer ou en prendre soin, etc... "Le festival est un moyen d'atteindre un public jeune et de rassembler plus large" ajoute-t-il.

Aujourd'hui, Abigaïl ne se dit pas que guérie, mais stabilisée. "Quand j'ai rencontré mon psychiatre clairement ça a été une libération. Je sais que je serais toujours hyperémotive, mais ce qui a véritablement changé dans ma vie aujourd'hui, c'est que j'ai un accompagnement qui est super, et un traitement médicamenteux qui fonctionne, et ça, c'est trop bien" se réjouit elle.

Des rendez-vous attendus

Avec Pop & Psy, on a eu envie de stopper les idées reçues sur la psychiatrie, et favoriser les échanges entre experts dans une atmosphère ludique, festive et inclusive. Il aura notamment, le Village des Solutions, un espace dédié aux acteurs associatifs et innovants en matière de santé mentale. "C'est un mélange de plusieurs voix, à la fois celles des personnes concernées par une maladie mentale, mais également des professionnels de santé, des jeunes, des parents ou simplement des personnes qui viennent nous soutenir", confie Jean-Victor Blanc.

Du 7 au 9 octobre 2022, au Ground Control à Paris 12ème. La réservation est nécessaire même si l'événement est gratuit. "On était déjà à 1200 entrées sur Internet alors qu'on a à peine commencé à annoncer le programme, il y a donc un engouement déjà par rapport à la programmation et au concept" se réjouit Jean-Victor Blanc.

Même pronostic pour le festival Facettes qui atteint autant d'inscriptions. L'évènement s'inscrit également dans un défi d'accessibilité pour tous. Gratuit et en accès libre, il sera entièrement sous-titré et traduit simultanément en langue des signes pour les personnes sourdes et malentendantes, avec la participation d'un chansigneur pour les concerts. Le festival s'installera Aux Amarres dans le 13ème du 15 au 16 octobre. 

"Nous avons choisi cet endroit pour la symbolique, car c'est un tiers-lieu solidaire et festif sur les quais d’Austerlitz, qui accueille quotidiennement 300 personnes (hommes et familles) en situation de vulnérabilité et de précarité" revendique Clémence Monvoisin.

Ces deux festivals sont programmés durant les Semaines d'Informations sur la Maladie Mentale ( SISM) en France du 10 au 23 octobre et de la journée mondiale de la Maladie Mentale du 10 octobre.

 

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