Cinq gardés à vue et beaucoup de questions, après les violences de mercredi

Au total, ce jeudi 19 mai, cinq personnes sont en garde à vue après l'attaque et l'incendie, mercredi 18, à Paris d'une voiture de police par des manifestants. Parmi elles, trois au moins avaient été "interdites de paraître aux manifestations" avant une décision judiciaire contraire.

Trois hommes ont été interpellés dès mercredi soir et placés en garde à vue après qu'une voiture de police, dans laquelle circulaient deux agents, a été incendiée à Paris par un groupe d'une quinzaine de manifestants anti-police. Deux des gardés à vue sont âgés de 19 ans, le 3e de 21 ans. Ils ont été interpellés dans le cadre de l'enquête immédiatement ouverte par le parquet de Paris juste après les faits, pour tentative d'homicide volontaire.


Au moins 3 personnes "interdits de manifestations"

Puis, dans la soirée de mercredi, une quatrième personne a été arrêtée et également placée en garde à vue. Enfin, ce jeudi, c'est un cinquième personnage qui est venu rejoindre les quatre premiers.
Parmi les quatre premiers gardés à vue, trois avaient "fait l'objet de la part de la préfecture de police de Paris d'une interdiction de paraître dans les manifestations", indiquent les enquêteurs. Mais ils ajoutent que l'un de ces trois arrêtés d'interdiction avait été "cassé par le tribunal administratif" mardi 17 mai.

Et c'est la première question qui se pose lorsque l'on regarde la violence de l'agression contre la voiture de police

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Car depuis plusieurs semaines, depuis l'arrivée des "casseurs" dans les manifestations contre la loi travail, on entend régulièrement, dans les propos des autorités de l'Etat, que ces casseurs sont toujours les mêmes, qu'on les connaît parfaitement.
Ce week-end, la préfecture de police de Paris avait fait notifier en mains propres à un certain nombre d'entre eux des arrêtés d'interdiction de paraître dans les manifestations programmées pour cette semaine. Et mardi, c'est Bernard Cazeneuve, le ministre de l'intérieur, qui a annoncé que 53 arrêtés préfectoraux avaient été signés, dont 41 à Paris, pour interdire de manifestation des personnes soupçonnées d'être des fauteurs de troubles.

Mais mardi, le tribunal administratif avait "cassé" 9 de ces arrêtés sur 10, au motif qu'il s'agissait "d'une atteinte à la liberté de circuler et de manifester". Et les avocats des personnes concernées avaient argumenté sur le fait qu'on ne leur prêtait que des intentions et qu'aucun fait ne leur était reproché.
Alors, question : les connaît-on aussi bien qu'on nous l'affirme ? De quoi est-on sûrs concernant ces casseurs ?


Une manifestation interdite

Autre interrogation : ce matin, le premier ministre Manuel Valls réclame des "sanctions implacables" contre les casseurs qui ont incendié la voiture de police. Et ce n'est pas la première fois, ces dernières semaines que le premier ministre ou son ministre de l'intérieur se veulent "fermes" et "déterminés". Mais la manifestation , qui s'auto-proclamait "contre-manifestation" et qui dans son objectif (protester contre les violences policières) comme dans son horaire (11heures) et dans le choix de son lieu (République) avait tout de la provocation grossière juste avant et à l'endroit ou les syndicats de police appelaient à leur rassemblement, la manifestation donc avait été interdite.

Or la "contre manifestation" interdite s'est tenue à quelques pas du rassemblement des policiers. Elle a rassemblé 300 jusqu'à 300 personnes. Tout juste a-t-on demandé aux gendarmes mobiles de contenir les participants un peu à l'écart de la place de la République. Est-ce ainsi que l'on fait appliquer une décision de l'Etat ? Est-ce bien raisonnable ?