Confinement - Crue de 1910, guerres et attentats... Ces images saisissantes du métro parisien déserté

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Depuis l'entrée en vigueur du confinement, le 17 mars, les voyageurs ont déserté les transports en commun. Mais ce n’est pas la première fois que le métro parisien fait face à une telle désaffection. En 1910, ou durant la Seconde Guerre mondiale, le métro a déjà connu ces heures de solitude.

Avant le Covid-19, il y a eu l'hiver 1910 dans le métro parisien. Cette année-là, la crue de la Seine ne fait pas de victimes dans la capitale, mais des dégâts considérables dans l'ensemble de la région parisienne. Le niveau du fleuve monte jusqu'à 8 mètres 62... Le célèbre Zouave du pont de l'Alma a de l'eau jusqu'aux épaules.Mais c'est sans doute l'une des conséquences les plus marquantes à Paris : la paralysie des transports. L'essentiel du réseau souterrain du jeune métro de la capitale reste ainsi fermé durant plusieurs semaines. De rares êtres humains à s'aventurer dans les stations du métro inondé le font en barque, comme le montrent des images insolites de la station Odéon, sur la ligne 4, fournies par la RATP.
"Le réseau n'a pas l'ampleur qu'il a aujourd'hui", explique Grégoire Thonnat, auteur de la "Petite histoire du ticket de métro parisien" (éditions SW Télémaque). "L'eau de la Seine rentre dans les tunnels, inonde les usines électriques. Pendant trois mois, de fin janvier à mi-avril 1910, il n'y a plus de métro." Le métro aérien restera toutefois bien sûr épargné par la Seine. Mais en surface, les bus devront se frayer un passage à travers les eaux en crue, durant les longues semaines de la catastrophe naturelle.

Le métro plébiscité sous l'Occupation

Trente ans plus tard, c’est la guerre qui, cette fois, paralyse le réseau. Seules 85 stations du métro parisien resteront ouvertes durant les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale. 93 des 159 km de lignes resteront exploités, soit un tiers de service en moins. Le service reviendra peu à peu à la normale dans les trois mois suivant le début du conflit. A la normale, ou presque... Les lignes aériennes resteront fermées, par crainte des bombardements.

Le record de 1943 n'est toujours pas battu.

C'est à la faveur de la pénurie d'essence que les transports en commun seront sollicités dès l'armistice de juin 1940. Alors que le trafic était de 761 millions de voyageurs en 1938, ce chiffre dépasse le milliard d'usagers en 1941. Jusqu'au record de 1943 : 1,32 milliard de voyageurs. "Le record de 1943 n'est toujours pas battu", explique Clive Lamming, historien des chemins de fer.

L'automobile reine dans les années 70

Dans les années 60 et 70, les voyageurs boudent les transports en commun pourtant largement modernisés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. "Il y a une érosion de la fréquentation du métro dans les années 60 puis 70", poursuit Grégoire Thonnat. C’est en effet dans les voitures que l'on retrouve les Parisiens, en quête de liberté.
"Ce sont les Trente Glorieuses. Le niveau de vie s’élève… On achète de plus en plus de biens de consommations, dont des voitures, un signe extérieur de richesse", explique ce spécialiste du métro parisien.

Il y a une érosion de la fréquentation du métro dans les années 60 puis 70.

Le métro après les vagues d'attentats

Des transports en commun délaissés. Ce sera également le cas au lendemain des différentes vagues d'attentats. Dans les années 90, ou en 2015, la méfiance face au risque terroriste portera, ponctuellement, des coups à la fréquentation des transports en commun.

Sans commune mesure avec l’effet coronavirus sur le métro parisien.