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Accident de Bretigny : la SNCF responsable d'après un nouveau rapport judiciaire

C'est le site d'investigation Mediapart qui le révèle après avoir eu accès à un second rapport remis par les experts judiciaires en décembre : la SNCF serait bel et bien responsable du déraillement qui a fait 7 morts en juillet 2013.
© EPA/MaxPPP
Les experts judiciaires ont remis leur second rapport aux juges d'instruction chargés de l'enquête en décembre. Selon l'article du site Mediapart qui y a eu accès, ses conclusions pointent directement la SNCF comme responsable de l'accident.
Sept personnes sont mortes dans le drame qui a eu lieu en juillet 2013.

L'absence de surveillance et de remise en état, "cause primaire du déraillement"

D'après les experts, l'aiguillage défaillant qui a causé l'accident était non-conforme et en très mauvais état. Malgré cela, il "n'a pas fait l'objet des mesures de surveillance et de remise en état adaptées". Ils en concluent que cette absence de prise en compte est "la cause primaire du déraillement du train".
Déraillement qui aurait donc pu et du être évité si l'on suit leur raisonnement, et dont la responsabilité est imputable à l'entreprise.

Une enquête à rebondissements

Le 27 janvier dernier, le Canard Enchainé affirmait que la SNCF avait briefé ses employés avant qu'ils soient questionnés par les enquêteurs. L'entreprise avait alors démenti toute volonté de manipulation de l'enquête, mais une autre partie de ces écoutes révélait qu'elle cherchait toutefois à "créer un doute" dans la tête des enquêteurs.

RETROUVEZ : notre dossier complet sur l'accident de Bretigny-sur-Orge

Bataille juridique et scientifique

Depuis l'accident, les rapports des différents experts s'enchainent les causes de l'état de délabrement de l'aiguillage qui a provoqué le drame. Ceux-ci s'intéressent notamment aux boulons dont l'analyse pourrait aider à établir plus précisément la liste des anomalies d'entretien.
La SNCF qui avait virulemment contesté une première analyse métallurgique qui la mettait en cause avait demandé un complément d'expertise. Or ce complément révélé ce 16 février par Médiapart confirme résolument les conclusions du premier rapport sur les manquements de l'entreprise comme causes du drame.
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