Lutte contre la pauvreté : des petits déjeuners gratuits pour les maternelles à Grigny

Dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté, la ville propose gratuitement chaque matin une collation à tous les élèves de maternelle. Une mesure qui pourrait être étendue aux écoles élémentaires avant la fin de l’année.
Archives/ Des enfants de l' école Jacques-Yves Cousteau de Machecoul en Loire-Atlantique testent le petit déjeuner gratuit à l' école/ Avril 2019
Archives/ Des enfants de l' école Jacques-Yves Cousteau de Machecoul en Loire-Atlantique testent le petit déjeuner gratuit à l' école/ Avril 2019 © Franck Dubray/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Tartines, verres de lait, fruits. Depuis hier, les 1800 écoliers des 15 écoles maternelles que compte la ville se voient proposer une collation en arrivant le matin. Testée dans quelques classes, la distribution a été étendue à tous les établissements de maternelle. Faute de temps, faute d'argent, certains enfants arrivent le ventre vide à l'école.

Le coût des petits déjeuners s'élève à 85 centimes d’euros par enfant et par jour. Ils sont financés par le ministère de l’Education nationale.

Ville la plus pauvre de France 

Cette distribution alimentaire est l’une des 21 mesures mises en place par la ville pour lutter contre la pauvreté. "À Grigny, 50 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et 50 % de la population a moins de 30 ans. Les premières victimes de la pauvreté sont les enfants et les femmes", explique, Philippe Rio, le maire communiste de la ville.

Grigny est un laboratoire de ce plan de lutte contre la pauvreté

Philippe Rio, maire de Grigny

Selon l’Observatoire des inégalités, Grigny est la ville la plus pauvre de France. "Face à l’accélération de la pauvreté due à la crise du Covid, nous avons proposé au gouvernement des solutions de lutte contre la précarité. Des mesures qui venaient interroger, secouer la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté qui était un peu à l’arrêt. Grigny est devenu un laboratoire de ce plan de lutte contre la pauvreté", estime le maire.

Achat d'un appareil de radiographie gynécologique pour le centre de santé de la Grande-Borne, distributions de protections hygiéniques, de kits scolaires, dons de calculatrices pour les collégiens en sixième et petits déjeuners proposés gratuitement... Ces mesures concernent aussi bien l’éducation que la santé ou le social. "Elleavaient été annoncées par le gouvernement dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et d'action contre la pauvreté, mais c’était très long à se mettre en place et nous avons décidé de prendre les devants", affirme Philippe Rio égrenant des mesures de solidarité impulsées au niveau local ou national.

Petits déjeuners pédagogiques

Les petits déjeuners distribués par les Atsem et pris en classe sont également un temps pédagogique. Les instituteurs utilisent la distribution alimentaire pour parler des fruits, des couleurs, des goûts, de l'équilibre alimentaire.

Pour Philippe Rio, "les premiers retours que nous avons, c’est qu’il n’y a pas surconsommation de ces petits déjeuners. Les enfants qui ont mangé, ne mangent pas. Les enfants qui n’ont pas déjeuné, déjeunent."

Ce dispositif en partenariat entre l’Education nationale et la ville va se poursuivent dans les écoles élémentaires cet automne. Au total 2600 élèves pourraient être concernés.

 

Philippe Rio, maire de Grigny vient de recevoir le prix du "Meilleur maire au monde", à égalité avec le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb. Ce prix est décerné par la City Mayors Foundation. Une association londonienne qui étudie le travail des édiles.

"Quand on reçoit un bouquet de fleurs, on l’accepte volontiers surtout que notre quotidien est plutôt marqué par la rudesse. C’est un encouragement et un clin d’œil. Cela nous donne de la force pour continuer", a-t-il réagi.

 

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