Policiers brûlés à Viry-Châtillon : l'IGPN saisie par un avocat de la défense

Un signalement pour manquement aux devoirs d'impartialité, de dignité et de courtoisie a été émis à l'IGPN par un avocat de la défense qui dénonce une enquête tronquée.

La voiture de police brûlée par des cocktails Molotov le 8 octobre 2016 où se trouvaient quatre policiers.
La voiture de police brûlée par des cocktails Molotov le 8 octobre 2016 où se trouvaient quatre policiers. © THOMAS SAMSON / AFP

Cinq ans après les faits, l'enquête menée pour trouver les coupables de cette violente agression contre des policiers dans cette commune de l'Essonne en 2016 est au cœur des débats.

Le signalement à l'IGPN, envoyé le 6 avril et reçu autour du 16 avril, porte sur le comportement d'un policier en 2017, au cours de l'enquête menée par la Sureté départementale de l'Essonne, selon une source proche du dossier.

En l'état, l'IGPN, qui n'a pas ouvert d'enquête administrative et n'a pas eu accès à la procédure, "y voit un manquement au devoir de courtoisie selon les procès verbaux d'audition fournis à l'appui par Me Berton", a-t-on ajouté de même source, précisant que "conformément à la procédure", l'IGPN avait demandé des explications à la Direction centrale de la Sécurité publique (DSCP). Des explications que l'IGPN n'avait pas encore reçues ce vendredi.

Critiques contre l'enquête

Au terme de six semaines de procès à huis clos, la cour d'assises des mineurs de Paris a déclaré dimanche 5 des 13 accusés coupables de tentative de meurtre sur des policiers (les autres ont été acquittés). Trois d'entre eux, condamnés à 18 ans de réclusion, se sont pourvus en cassation.

Au cours du procès en appel qui avait débuté le 2 mars, Frank Berton, avocat de l'un des jeunes condamnés à 18 ans de réclusion, a saisi l'IGPN et prévoit de saisir le Défenseur des droits, a-t-il confirmé à l'AFP.

Par ailleurs, le 11 mars, Me Frédérick Petipermon, avocat d'un des accusés qui se pourvoit en cassation, a déposé une plainte à Evry contre les enquêteurs pour "faux et usage de faux".

D'autres avocats de la défense ont également exprimé leur intention d'attaquer les enquêteurs en justice, annonçant le dépôt d'une plainte auprès du parquet d'Evry, qui n'avait rien reçu vendredi à la mi-journée.

Selon la défense, les interrogatoires auraient été mal retranscrits à la défaveur des accusés et des "coupables auraient été sciemment remis en liberté".

"C'était le service adéquat"

Ces critiques ont fait réagir le directeur général de la police nationale Frédéric Veaux qui a pris la défense des enquêteurs auxquels il a rendu visite jeudi. Il s'est étonné également que ces critiques surviennent cinq ans après les faits.

A ceux qui critiquent le choix de confier cette enquête à la Sûreté départementale de l'Essonne, M. Veaux a répondu que c'était le parquet qui choisissait le service enquêteur.

"C'était le service adéquat car il a les moyens de faire des enquêtes sur le long cours, connaît très bien ce terrain très délimité avec une connaissance fine des bandes. C'était une enquête locale donc la Sureté avait le profil", a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

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