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Qui soutient Manuel Valls en Ile-de-France ?

© Dominique Faget/AFP Photos
© Dominique Faget/AFP Photos

Manuel Valls a démissionné de Matignon et va s'engager dans la bataille de la primaire. Quels sont ses soutiens en Île-de-France ?

Par Daic Audouit

Manuel Valls est un élu francilien. C'est donc logiquement dans la région qu'il compte ses principaux soutiens. Certains forment même sa garde rapprochée depuis quelques années. Petite revue d'effectif.

Carlos Da Silva, député de l'Essonne

Carlos da Silva / © bernard Gaudin@afp
Carlos da Silva / © bernard Gaudin@afp

C'est le suppléant de Manuel Valls à l'Assemblée nationale. Autant dire qu'il souhaite vraiment la victoire du candidat à la primaire puis à l'élection présidentielle. Il pourrait ainsi redevenir député. Il doit laisser son siège au titulaire Les deux hommes se rencontrent en 2001 dans un petit resto de Corbeil, comme le raconte la journaliste Laure Bretton dans le portrait qu'elle lui consacre pour Libération.

Les deux hommes ont en commun leurs origines. Si Manuel Valls est catalan, Carlos da Silva est portugais, le premier de sa famille à naître sur le territoire français, comme il le mentionne fièrement dans sa biographie.  «Nous avons le même amour de la France, la même fierté de notre choix de la nationalité française», confiait-il à Libération en mai 2014. 

Lui, s'est investi à Corbeil-Essonne, ville voisine d'Evry. C'est l'oeil de Manuel Valls dans la circonscription et le département. Il sera le suppléant et le directeur de campagne de l'ancien premier ministre. Et ensuite patron de la fédération PS essonnienne. 

Depuis 2012, et encore plus quand Manuel Valls entra à Matignon, il devint son porte-parole officieux dans les médias. Défendant l'action de son ami contre les frondeurs. En in sur les matinales radio ou en off dans les articles des journaux: le fameux "dans l'entourage de". 

Encore ce matin, sur l'antenne d'iTélé.

Il est président du groupe socialiste au conseil régional d'Ile-de-France. 

Luc Carvounas, sénateur du Val-de-Marne et maire d'Alfortville

Luc Carvounas en janvier 2013. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Luc Carvounas en janvier 2013. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Lui est aussi est un enfant de l'immigration. Les parents du sénateur du Val-de-Marne sont originaires de Turquie. En 2009, il contacte Manuel Valls par SMS pour le rencontrer, comme le raconte toujours Laure Bretton dans un autre article pour Libération.  Le courant passe bien. Puisque Luc Carvounas devient son directeur de campagne pour la primaire de 2011. 

Comme Carlos Da Silva, son rôle est d'être le porte-parole officieux de son champion, empêché d'une totale liberté de parole par la solidarité gouvernementale. Plutôt offensif cet automne, soit pour dézinguer Emmanuel Macron, soit pour assurer tout le monde du soutien de Manuel Valls à François Hollande tout en instillant l'idée d'une candidature de remplacement

Autant Carlos Da Silva peut facilement à l'antenne, bouillonner et s'emporter assez vite, autant Luc Carvounas est adepte de la colère froide et de l'ironie assez mordante.  Il a été le directeur de campagne de Claude Bartolone pour les élections régionales d'Île-de-France. A cette occasion, il était en contact avec les autres listes de gauche pour préparer la fusion de deuxième tour.  Elu d'un département communiste, il parle avec l'autre gauche à défaut de se "réconcilier" avec.

Philippe Doucet, député du Val-d'-Oise

© AFP
© AFP

D'une certaine façon, Philippe Doucet doit sa carrière politique francilienne à Manuel Valls. Il est en effet député de la 5 ème circonscription du Val-d'Oise (Argenteuil). Celle-là même que brigua l'ancien premier ministre en 1997. Sans succès, ce qui l'encouragea à aller voir du côté d'Evry, laissant le champ libre à Philippe Doucet

Avec Manuel Valls, il a en commun l'étiquette maire de banlieue. Avec comme ciment les émeutes de 2005. Et un même créneau de défense "intransigeante pour leurs détracteurs" de la laïcité

Philippe Doucet n'est pas un Valls'Boy comme Carvounas ou Da Silva. Cela ne l'a pas empêché d'être un de ceux qui ont instillé dès le printemps dernier que l'ancien maire d'Evry puisse être une solution de remplacement à François Hollande. Cela lui permet également de marquer des différences et d'être un élément d'ancrage pour séduire la majorité des députés PS légitimistes qui hésitent sur leurs choix entre Valls et les frondeurs pour la primaire.  En avril 2014, il avait été ainsi à l'origine d'un appel d'élus PS de soutien au gouvernement pour contrer le mouvement naissant des frondeurs. 

Malek Boutih, député de l'Essonne

Malek Boutih (PS), le 12 novembre 2013. / © BERTRAND GUAY / AFP
Malek Boutih (PS), le 12 novembre 2013. / © BERTRAND GUAY / AFP

A l'époque, le député de l'Essonne n'avait pas signé cet appel. C'est devenu depuis l'un des plus véhéments soutiens de Manuel Valls. Une nouvelle inclination qu'il expliquait ainsi dans l'émission "Le Supplément" en mars 2015. "Je m'entends assez bien avec Manuel Valls. Je n'ai pas tout le temps été d'accord avec lui mais, franchement, j'adore son caractère parce que soit il me dit non, soit il me dit oui. Soit il fait, soit il ne fait pas. Aujourd'hui, il est assez combatif et assez en pointe. je l'apprécie pour ça. Il n'est pas en train de se dégonfler et de préparer le congrès du PS et c'est plutôt pas mal", déclarait-il alors. 

Il est celui qui a lancé le plus clairement l'idée d'une candidature Valls à la place de Hollande cet automne. Sur France Inter, en novembre, il juge "que Manuel Valls est une synthèse miraculeuse pour la gauche". Mais, il est vraiment trop électron libre pour avoir un vrai poids politique auprès de Manuel Valls.

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