Un nouvel hommage à Ilan Halimi, 15 ans après sa mort : "Ce traumatisme est toujours présent"

Une cérémonie d’hommage a été organisée ce vendredi à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) en mémoire d’Ilan Halimi, enlevé, torturé et tué il y a 15 ans par le "gang des barbares" parce qu’il était juif.

L’hommage a été organisé au Pont de la Fouille, rue Antoine Rocca à Sainte-Geneviève-des-Bois, ce vendredi 12 février 2021.
L’hommage a été organisé au Pont de la Fouille, rue Antoine Rocca à Sainte-Geneviève-des-Bois, ce vendredi 12 février 2021. © Marion Huguet / France 3 PIDF

L’hommage s’est tenu au Pont de la Fouille, rue Antoine Rocca à Sainte-Geneviève-des-Bois, à partir de 11h ce matin. C’est là, le 13 février 2006, qu’Ilan Halimi a été retrouvé agonisant le long des voies ferrées du RER C, peu de temps avant de mourir après son transfert à l'hôpital, suite à de nombreuses blessures et trois semaines d’un long calvaire.

La cérémonie commémorative organisée ce vendredi par la commune, maintenue malgré le contexte de crise sanitaire, s’est déroulée sans public, contrairement aux années précédentes. L’hommage a toutefois été diffusé en direct sur la page Facebook de la Ville.

Début 2006, la séquestration, la torture et le meurtre d’Ilan Halimi, un Français de confession juive, crée la stupeur. Le jeune homme a été attiré dans un piège imaginé par Youssouf Fofana, le chef du "gang des barbares", pour obtenir de l’argent ; la victime étant censée – selon ses tortionnaires – être riche, du fait de son appartenance à la communauté juive. Dans les sous-sols d’une cité de Bagneux (Hauts-de-Seine), Ilan Halimi est martyrisé.

Un premier procès s'est déroulé en 2009, et un second en 2010, après un appel du parquet pour les condamnations inférieures aux réquisitions de l'avocat général. Au total, 26 personnes, âgées de 17 à 32 ans à l’époque des faits, ont été condamnées.

"Il faut continuer ce travail de mémoire et d’éducation"

Mais 15 ans après, le temps n’a pas effacé le traumatisme de ce crime antisémite. Me Francis Szpiner, l’avocat de la famille d’Ilan Halimi, reste hanté par cette affaire, comme il le raconte à France 3 Paris IDF : "A un moment donné, on entend la bande enregistrer, quand les ravisseurs demandent à Ilan de supplier sa mère d’intervenir. Et vous avez la voix d’Ilan Halimi qui supplie sa mère et on sent qu’il a peur... Ce sont des choses qui marquent."

"15 ans après, il se trouve encore des gens pour contester le caractère antisémite de ce crime et de dire que ce n’est qu’un crime crapuleux", déplore l’avocat.

Des gerbes de fleurs, déposées en mémoire d’Ilan Halimi.
Des gerbes de fleurs, déposées en mémoire d’Ilan Halimi. © Marion Huguet / France 3 PIDF

A Sainte-Geneviève-des-Bois et à Bagneux, des stèles ont été érigées en hommage à la victime. Pierres vandalisées, arbres sectionnés… Ces mémoriaux ont été plusieurs fois profanés.

"Ce traumatisme que nous avons vécu il y a 15 ans est toujours présent aujourd’hui, explique Francis Califat, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). C’est une plaie qui n’est pas refermée, qui est toujours vive, parce que depuis Ilan Halimi, il y a encore eu 10 Français juifs qui ont été tués dans notre pays uniquement parce qu’ils étaient juifs. Femmes, enfants, personnes âgées… Ce traumatisme est celui de l’ensemble de la communauté juive de France, de l’ensemble des Français juifs."

Du côté de Bagneux, la maire PCF Marie-Hélène Amiable, élue depuis 2004, a mené des actions de prévention pour lutter contre toutes les formes d’intolérance. "Bagneux n’oublie pas et n’oubliera jamais, affirme l’édile. Ce n’est pas parce qu’il s’est passé ce drame dans la ville, que tout le monde a forcément compris l’ensemble de ses ressorts. Donc il faut continuer ce travail de mémoire et d’éducation." Le crime reste gravé dans l’histoire de la commune.

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