Île Seguin à Boulogne : plus d'obstacle pour le projet immobilier Vivaldi

Au terme de plusieurs mois de négociations qui ont démarré l’été dernier, les six associations opposées au projet de Bouygues immobilier sur la partie centrale de l’île ont réussi a trouvé un accord avec le promoteur et l'aménageur et retirent leurs recours. Les travaux devraient démarrer cette année.

Moins de bureaux et plus d’arbres, c'est la demande qui avait été faite par le collectif de six associations opposées à la construction du projet baptisé "Vivaldi", qui prévoyait la construction de 130 000 m² de bureaux et d’activités commerciales et un parc de 1,5 hectare sur la partie centrale de l'Île Seguin.

"On a commencé à négocier avec Bouygues au mois d’août 2022", raconte Bernard Landau. "Et si on n'a pas décroché la lune, on a obtenu quelques avancées qui nous semblaient indispensables", se félicite le président de l'association la Seine n’est pas à vendre, l'une des six associations qui s'opposaient au projet immobilier. (France Nature Environnement Île-de-France, Environnement 92, La Seine n’est pas à vendre, Nous sommes Boulogne, le Comité de sauvegarde des sites de Meudon, l’Association des rives de Seine)

Réduire les constructions et agrandir le parc

Ce terrain est compris entre la Seine musicale, à la pointe aval, et la future fondation d’art contemporain en amont. "Nous avons obtenu que la partie construction soit réduite à 100 000 m2 et que les espaces verts couvrent 3,5 hectares contre 1,5 hectare dans le projet initial", explique Bernard Landau. "Ce n'est pas négligeable, sur une île de 10,5 hectares, ça représente quand même 30 % de sa surface ", poursuit-il.

Une des demandes du collectif était aussi de limiter la hauteur des bâtiments. Dans le projet immobilier final, les cinq bâtiments en gradins conçus par Big, une agence d'architecture danoise, comprendront un étage de moins que dans le projet initial, ce qui rendra chaque bâtiment moins massif.

Une halle était prévue au centre des bâtiments, elle sera supprimée. "Il voulait faire l’équivalent du pub Renault sur les Champs-Élysées dans les années 80, mais supprimer cette halle permet d’agrandir le jardin et de l'amener au bord de la rue centrale et c'est une bonne chose", se réjouit le président de l'association. 

"Un accord historique selon l'aménageur"

Une autre avancée qui a été obtenue par les associations porte sur les rez-de-chaussée des bâtiments de bureaux afin qu'ils ne soient pas déserts le week-end lorsque les bureaux sont vides. "On pourrait imaginer qu'on installe des cafés ou des salles de sport", propose Bernard Landau. Et enfin dernier point confirmé dans la négociation, la création d'un lieu de mémoire de l’Île Seguin pour rendre hommage aux générations d'ouvriers des usines du constructeur automobile Renault présent sur l'Île de 1929 jusqu'en 1992.

De son côté, l'aménageur, Sociéte Publique Locale Val de Seine Aménagement, se félicite dans un communiqué, d'un accord historique : "Le projet amendé sera encore moins dense et moins haut. Il viendra s’intégrer encore plus harmonieusement dans le méandre de la Seine, les coteaux de Meudon et la rive de Billancourt, tout en assurant le lien entre les deux pointes qui accueillent aujourd’hui, en aval, la Seine Musicale du Département des Hauts-de-Seine et en amont l’ambitieux programme culturel que réalise actuellement Emerige."