JO de Paris 2024 : le mythique stade Yves-du-Manoir de Colombes à nouveau au cœur des Jeux

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Le stade Yves-du-Manoir construit il y a 140 ans est "un des lieux majeurs de l'histoire sportive en France". Il accueillera les épreuves de hockey sur gazon durant les JO. Il y a 100 ans, en 1924, il accueillait déjà des épreuves olympiques. Le complexe sportif vient tout juste d'être rénové.

Deux années de travaux et "une restructuration profonde." Le Stade Yves-du-Manoir, du nom d'un joueur de rugby du Racing Club de France, le club historique du stade, décédé en 1928 aux commandes de son avion, est d'abord un lieu mythique du sport français et la principale enceinte des Jeux olympiques de 1924.

L'enceinte sportive vient d'être inaugurée ce lundi par le conseil départemental des Hauts-de-Seine. Sept nouveaux terrains de football et de rugby, et un nouvel anneau d’athlétisme ont été construits à l'occasion de ces travaux de grande ampleur. Deux bâtiments neufs et des terrains de hockey sur gazon ont également vu le jour.

Les travaux ont permis la mise aux normes de la tribune historique, d'une capacité de 6.000 places, et la construction d'une nouvelle tribune séparée de 1.000 places. Yves-du-Manoir "avait besoin de travaux. Les JO ont été l'occasion de totalement rénover ce stade", a retracé le président du conseil départemental Georges Siffredi, "fier et heureux" que le stade rencontre "un nouveau destin olympique".

"Les travaux ont coché toutes les cases de nos cahiers de charges, tant en matière de délais, de coûts, et surtout d’ambitions", a noté Philippe Rozier, le directeur général adjoint de la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (Solidéo).

Le coût global du projet s’élève à 101 millions d’euros. Un budget financé par le département des Hauts-de-Seine et la SOLIDEO. Ces travaux permettent au stade de "rester un lieu dédié au sport", selon Michael Delepine, historien du sport. 

Dans quelques mois, le stade construit au 19ème siècle accueillera les JO pour la deuxième fois de son existence. Retour sur l'histoire unique d'une enceinte qui va connaître une nouvelle olympiade cent ans après la première. Il s'agit du premier site de compétitions olympiques livré pour 2024.

Au départ, un hippodrome 

Lorsqu'il sort de terre à la fin du 19ème siècle, ce site est un hippodrome. "Il accueille le fait sportif depuis 140 ans. Les premières courses datent de 1883", explique Michael Delepine, historien et auteur du livre Le Bel Endormi aux éditions Atlande qui relate l'histoire de ce stade. Rapidement, il est utilisé pour d'autres sports comme le rugby. Le Racing Club de France, ancêtre du Racing 92 y élit domicile. "À l’époque, les clubs changeaient de stade très régulièrement. Ils le louent dès 1910 pour toutes ses sections  sportives", raconte-t-il.

Au tournant du 20ème, l'enceinte de Colombes accueille un autre sport d'origine anglo-saxonne, le hockey sur gazon. "Les matchs de l'équipe de France et les entraînements du Racing s'y déroulent dès les années 1920 jusqu'aux années 1950", détaille Michael Delépine.

Durant les prochains JO, il accueillera d'ailleurs les matchs des compétitions masculines et féminines de ce sport sur herbe. C'était déjà le cas en 1924. La cérémonie d'ouverture s'y est déroulée. Les compétitions de football, rugby à treize, tennis ou encore équitation et escrime également. "On parle souvent des Jeux de Paris mais il s'agit surtout des Jeux de Colombes", ironise le chercheur.

Les grands rendez-vous du sport français s'y tiennent 

Dans les décennies qui suivent les JO, le stade des Hauts-de-Seine accueille de nombreuses manifestations sportives. D'abord, plusieurs matchs des équipes de France de Rugby et de football. "C'est devenu le lieu majeur du sport français au milieu du 20ème siècle. La coupe de France de football était surnommée à l'époque 'la fiancée de Colombes' car la finale y avait lieu tous les ans  Il y a notamment des finales internationales d'athlétisme", relate l'universitaire.

Ensuite, en 1972, on y installe un ring de boxe pour en faire le théâtre du combat entre le français Jean-Claude Bouttier et l'argentin Carlos Monzon. Un combat pour le titre de champion du monde de la catégorie des poids moyens. À propos de cet épisode, l'historien raconte que "le stade a dû diversifier sa billetterie et accepter d'autres évènements comme celui-ci. Il y a eu d'autres projets autour de la boxe qui n'ont pas eu lieu avec Marcel Cerdan par exemple."

Progressivement, les grands évènements sportifs ont quitté le stade au profit du Parc des Princes puis du Stade de France. Aujourd'hui, l'historien voit le retour de l'olympisme à Colombes comme "un clin d'œil important à l'histoire du sport en France. C'est l'assurance que le stade restera un site sportif pendant plusieurs décennies encore."

Les seconds JO du stade

Pendant les JO (26 juillet - 11 août), les deux tribunes, renforcées par des tribunes provisoires, donneront chacune sur un terrain de compétition de hockey sur gazon. Ces tribunes provisoires, qui seront installées entre février et avril, porteront l'ensemble à 13.500 places, a précisé Edouard Donnelly, directeur exécutif des opérations du comité d'organisation (Cojo), qui attend "300.000 spectateurs sur la quinzaine" de jours de compétition.

Avec 12 équipes par tournoi - masculin et féminin -, environ 400 athlètes de ce sport "très populaire en Inde, pays le plus peuplé au monde", viendront en découdre à Colombes, ce qui en fera un "site très important au-delà de son aspect historique", a souligné Edouard Donnelly.

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