Le maire de Rueil-Malmaison Patrick Ollier jugé en juin pour mise en danger d'autrui

Le maire LR de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) sera jugé le 5 juin à Nanterre pour "mise en danger d'autrui". L’édile est soupçonné de ne pas avoir fermé la piscine municipale de la commune, contaminée à la légionelle en juin 2018.

Patrick Ollier, en avril 2018, lors d’une conférence de la Métropole du Grand Paris (illustration).
Patrick Ollier, en avril 2018, lors d’une conférence de la Métropole du Grand Paris (illustration). © IP3 PRESS/MAXPPP
Président de la Métropole du Grand Paris et maire de Rueil-Malmaison, Patrick Ollier sera jugé le 5 juin prochain pour "mise en danger de la vie d'autrui", selon le parquet de Nanterre. L'édile de 75 ans, le directeur des sports au moment des faits et le directeur du pôle architecture seront jugés pour "exposition d'autrui à un risque immédiat de mort ou de blessure" et "violation délibérée d'une obligation de prudence ou de sécurité".

Les faits s'étalent sur une période de 15 jours en juin 2018. Les trois hommes sont soupçonnés d'avoir laissé la piscine municipale ouverte "alors qu'était connue la présence au-delà des seuils autorisés de bactéries légionelles dans le système de distribution d'eau", selon l'avis d'audience. Les prélèvements réalisés par plusieurs laboratoires en juin 2018 font état de taux de légionelles pouvant atteindre 35 000 UFC/L (unités formant colonies par litre), soit 35 fois le seuil réglementaire fixé à 1000 UFC/L.

"Des résultats extrêmement inquiétants de la qualité de l'eau"

La légionellose, infection pulmonaire provoquée par l'inhalation de particules d'eau contaminée, peut évoluer vers une insuffisance respiratoire aiguë et conduire au décès. Pour l'heure, aucune personne ayant fréquenté la piscine et atteinte de légionellose n'a été identifiée. Selon la plainte des syndicats CGT et FO de la ville, "des résultats extrêmement inquiétants de la qualité de l'eau et notamment de sa contamination à la légionelle étaient en possession de la direction de la piscine depuis le 6 juin 2018".

La mairie, elle, soutient que les faits n'ont été portés à la connaissance du maire qu'une dizaine de jours plus tard. "Il a été prévenu le 19 juin, la piscine a été fermée le 20 juin et le 21 juin il a limogé le directeur des sports. Il ne pouvait pas agir plus vite", indique-t-on dans l'entourage de Patrick Ollier. "Ce n'est pas lui qui est incriminé mais la ville", insiste-t-on encore au sujet du maire actuellement en campagne pour les municipales. L'ancien député et ministre "est convoqué en tant que représentant légal de la mairie", a confirmé le parquet.
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