Un mineur placé par l'Aide à l'enfance tué par un autre jeune dans un hôtel social à Suresnes

L'auteur des coups de couteau a aussitôt été mis en garde à vue (illustration). / © IP3 PRESS/MAXPPP
L'auteur des coups de couteau a aussitôt été mis en garde à vue (illustration). / © IP3 PRESS/MAXPPP

Un jeune âgé de 17 ans placé dans un hôtel social par l'Aide sociale à l'enfance, à Suresnes dans les Hauts-de-Seine, a été tué mercredi par un autre jeune, à coups de couteau. Des travailleurs sociaux se sont rassemblés ce vendredi pour dénoncer le manque de moyens alloués à l'ASE.

Par France 3 PIDF / AFP

Les deux mineurs étaient placés à l'endroit même où s'est produit le drame. Un jeune placé par l'Aide sociale à l'enfance (ASE) dans l’hôtel Savoy de Suresnes a été tué mercredi par un autre jeune, âgé lui de 15 ans, d’après une source judiciaire. Les faits se sont déroulés dans la matinée vers 10h sur ce site qui accueille 30 jeunes placés par l'ASE, et l'auteur des coups de couteau a aussitôt été mis en garde à vue.

La victime, « dont le département des Hauts-de-Seine avait pour mission de le protéger, était, avec 29 autres jeunes, livré à lui-même dans un hôtel social sans encadrement et sans référent, a dénoncé dans un communiqué le sénateur et candidat à la mairie de Suresnes Xavier Iacovelli (ex-PS, soutenu par LREM pour les municipales). Depuis plus d'un an j'interpelle, avec d'autres, Patrick Devedjian (président LR du conseil départemental) sur la situation inacceptable à l'Aide sociale à l'enfance. »
Il poursuit : « Le département, malgré un excédent budgétaire honteux de 500 millions d'euros par an, refuse de mettre les moyens nécessaires pour protéger les enfants placés ».

"On a prévenu qu'il y allait avoir des drames et là voilà, il y a eu un mort"

Le département des Hauts-de-Seine a, de son côté, condamné « fermement toute exploitation politique qui pourrait être faite de ce tragique événement ». « Les placements en accueil d'urgence éducatif ont été mis en échec par plusieurs fugues de l'auteur présumé des faits », peut-on lire dans un communiqué, conduisant au placement du mineur dans un « lieu neutre (...) à proximité de son lieu de scolarisation ». Toujours selon la collectivité, la victime était suivie par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) après des « faits de délinquance », et elle avait été placée par le juge.
Suite au drame, une cellule psychologique a été mise en place pour venir en aide aux autres jeunes de la résidence, ainsi qu'aux personnels. Adrien Taquet, le secrétaire d'Etat à la Protection de l'Enfance, a fait part jeudi de « son émotion », en indiquant qu’il souhaitait « se rendre sur place dès que l'état d'avancement de l'enquête le permettra, afin de constater les conditions de placement et d'encadrement » de ces mineurs.

Un rassemblement a eu lieu ce vendredi sur le parvis du pôle universitaire Leonard-de-Vinci à Courbevoie, où se réunissaient les élus du conseil départemental.  Educatrices, psychologues, puéricultrices... protestent contre les réorganisations en cours dans les services sociaux des Hauts-de-Seine. Le drame survenu hier soir devrait au cœur des préoccupations : d’après une travailleuse sociale syndiquée à la CGT s’exprimant sous le couvert de l'anonymat, on s'oriente vers un « travailleur social unique, malléable, transposable ». « On a prévenu qu'il y allait avoir des drames et là voilà, il y a eu un mort », déplore-t-elle.

A l'intérieur du bâtiment, avant l'ouverture de la séance, le président du département Patrick Devedjian a parlé d'une "tragédie", saluant le "professionnalisme" des travailleurs sociaux. "Je tiens aussi à condamner toute exploitation politique qui pourrait être faite de ce tragique évènement", a-t-il ajouté.


 

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