Refus d'obtempérer à Nanterre : un mineur de 17 ans tué par un tir de la police

Un jeune homme a été tué ce mardi matin à Nanterre dans les Hauts-de-Seine par un policier qui a fait usage de son arme. Au volant de son véhicule, il aurait foncé vers les forces de l'ordre après avoir refusé de s'arrêter selon la version policière. L'avocat de la famille du conducteur a porté plainte.

Ce matin peu après 8 heures, un policier a fait usage de son arme sur un véhicule suite à un refus d'obtempérer près de la station de RER Nanterre-Préfecture, aux abords de la place Nelson-Mandela, derrière le quartier d'affaires de la Défense à Nanterre. Le véhicule s'est ensuite encastrée dans un poteau.

Une video du contrôle sur les réseaux sociaux

Une vidéo, publiée sur Twitter par un témoin que franceinfo a pu contacter, montre deux agents de police -des motards- en train de contrôler le conducteur d'une voiture jaune. L'un des deux se tient debout au niveau du conducteur et pointe son arme à bout portant en direction de l'automobiliste. Lorsque ce dernier redémarre, le policier, qui est toujours sur le côté du véhicule tout près du conducteur tire. La voiture finit sa course quelques mètres plus loin, encastrée dans un poteau. 

Le conducteur âgé de 17 ans aurait été touché au thorax et au poumon, confirme des sources syndicales. La victime serait décédée peu de temps après, malgré l'intervention du Samu. Son décès a été constaté peu après 9 heures, "suite à au moins une blessure par arme à feu", précise le parquet de Nanterre. Cette personne est connue des services de la justice, notamment pour refus d'obtempérer.

Selon le parquet de Nanterre, trois personnes se trouvaient dans la voiture lorsque les policiers ont tenté de l'arrêter. Un passager également mineur a été placé en garde à vue jusqu'en fin d'après-midi, et le troisième passager est en fuite.

Le parquet a ouvert deux enquêtes en flagrance, l'une pour refus d'obtempérer et tentative d'homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique, confiée au commissariat de Nanterre et à la Sûreté territoriale des Hauts-de-Seine.

L'autre enquête est ouverte pour homicide volontaire par personne dépositaire de l'autorité publique confiée à l'IGPN. Un des policiers impliqués dans la mort du jeune homme est en garde à vue pour "homicide volontaire", a appris franceinfo auprès du parquet de Nanterre. Les opérations de dépistage d’alcoolémie et de consommation de produits stupéfiants réalisées sur le fonctionnaire "se sont avérées négatives", précise le parquet. 

Des plaintes déposées 

L'avocat de la famille annonce que celle-ci va porter plainte pour homicide volontaire et pour faux en écriture publique, car "les policiers ont menti en affirmant que le véhicule du jeune Naël avait tenté de les percuter et de commettre un homicide sur leur personne", a dénoncé Me Yassine  Bouzrou, l'avocat de la famille. 

"C'est tellement triste, il était tellement jeune. Je l'ai vu naître"

Une quarantaine de personnes se sont brièvement rassemblées en début d'après-midi près des lieux du drame, larmes aux yeux, pour partager leur "colère". "C'est tellement triste, il était tellement jeune. Je l'ai vu naître", a assuré Samia Bough, 62 ans, ancienne voisine de l'adolescent, venue déposer un bouquet de roses jaunes.

Bouleversé par le décès du jeune homme, Patrick Jarry, maire DVG de Nanterre, exprime ses plus sincères condoléances à sa maman ainsi qu'à sa famille et à ses proches. Il souhaite que "les enquêtes ouvertes (...) permettent de faire au plus vite toute la lumière sur les circonstances exactes de ce drame", a indiqué la mairie dans un communiqué.

Le maire s'est dit "choqué" par la vidéo du drame, mais il appelle "chacun et chacune à la retenue et à la dignité, malgré l’émotion légitime suscitée par ce drame."

Le tir mortel a provoqué de vives réactions au sein de la gauche, de nombreux responsables politiques ayant relayé la vidéo du tir.

En 2022, 13 décès ont été enregistrés après des refus d'obtempérer lors de contrôles routiers, un record. Cinq policiers ont été mis en examen dans ces dossiers, les autres ayant été libérés sans poursuite à ce stade.


 

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