Un restaurateur relaxé après avoir affiché une ardoise “plaisantant” sur le GHB à Rueil-Malmaison

Le restaurateur, soupçonné d'incitation à la commission d'un crime, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Nanterre (illustration). / © DAMIEN MEYER / AFP
Le restaurateur, soupçonné d'incitation à la commission d'un crime, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Nanterre (illustration). / © DAMIEN MEYER / AFP

Après avoir « plaisanté » sur la « drogue du violeur » sur une ardoise posée devant son restaurant à Rueil, dans les Hauts-de-Seine, le commerçant a finalement été relaxé ce mardi.

Par PDB / France 3 PIDF / AFP.

« Tout ça pour ça ». Ainsi a réagi le restaurateur de Rueil-Malmaison soupçonné d'incitation à la commission d'un crime, après avoir affiché un message « plaisantant » sur le GHB, et finalement relaxé ce mardi par le tribunal correctionnel de Nanterre. Une décision qui a suivi les réquisitions du parquet.

Le 24 janvier dernier, le commerçant – au casier judiciaire vierge – avait affiché sur une ardoise posée devant sa brasserie : « Mon secret séduction tient en trois mots : Gentillesse, Humour, Bagou. Si ça ne marche pas ? Je me contente des trois premières lettres ». Une jeune habitante de Rueil, elle-même victime du GHB un an plus tôt et « choquée » en découvrant l'affiche, s'était insurgée sur Twitter contre ce qu'elle estimait être une incitation à l'utilisation de la drogue, demandant au maire d'intervenir pour faire retirer l'ardoise du trottoir.
Le restaurateur avait ainsi enlevé le jour même le message, mais trop tard.

« Des deux côtés, on a perdu plusieurs mois de notre vie »

Outre un emballement médiatique, avec de nombreux messages sur les réseaux sociaux se déchaînant aussi bien contre l’homme que l’habitante, le commerçant avait porté plainte contre X (plainte retirée depuis), expliquant avoir été victime d’une « agression » dans la rue et faisant état de « menaces » contre sa famille.

C’est le Collectif féministe contre le viol qui avait porté plainte contre le commerçant, pour « provocation non suivie d'effet au crime ou délit par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ». « Il est regrettable d'avoir une décision de relaxe, a d’ailleurs réagi l'avocate du CFCV Sophie Soubiran, mardi. Les juges ont considéré qu'il n'y avait pas d'éléments suffisants pour démontrer que Monsieur avait pour intention de créer un état d'esprit propre à favoriser la commission de l'infraction. »
« J'ai toujours eu ma conscience pour moi, a expliqué, de son côté, le restaurateur. J'ai fait une erreur, j'ai assumé… J'ai fait mon maximum pour retourner la vapeur, mais non, ça n'a pas suffi. Des deux côtés, on a perdu plusieurs mois de notre vie. »
 

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