Une élève refusée de Sciences Po Paris à cause de "conditions familiales défavorables", elle lance une pétition

Une élève admissible à Sciences Po Paris a été refusée malgré de bons résultats à l’oral d’admission à cause, selon elle, de "conditions familiales défavorables". Sa pétition en ligne pour obtenir une réevaluation de son dossier a déjà récolté près de 14 000 signatures.
Sénabou Ben Halima a été refusé de Sciences Po Paris à cause de conditions familiales défavorables durant son oral d'admission en distanciel
Sénabou Ben Halima a été refusé de Sciences Po Paris à cause de conditions familiales défavorables durant son oral d'admission en distanciel © Sénabou Ben Halima

"Je m‘appelle Sénabou Ben Halima et j’ai 17 ans. Sélectionnée parmi les 20% des candidats à Sciences Po admissibles, j’ai été refusée au terme de l’oral dû à des conditions familiales défavorables". Ainsi démarre la pétition lancée par la jeune fille sur le site Change.org. Dans la pétition, Sénabou assure ne pas avoir pu passer l’épreuve orale d’admission dans de bonnes conditions. 

Elle estime avoir été pénalisée par son environnement lors de l’épreuve. Alors qu’elle passait l’épreuve en distanciel, des membres de sa famille auraient fait irruption dans la pièce où elle se trouvait. Un fait qui, selon elle, lui a été reproché par le jury.

"L’inégalité des conditions du concours en distanciel s’est imposée à moi" 

Issue d’une famille nombreuse, Sénabou Ben Halima a vu son oral perturbé à deux reprises par l’introduction de membres de sa famille dans la pièce d’examen. Lors de la première interruption, la jeune fille a assuré au jury qu’il ne s’agissait pas d’une urgence et que sa famille était au courant qu’elle passait un examen national à ce moment-là. 

Après la seconde interruption, la jeune femme raconte que "le jury m’a rappelé que l’oral de Sciences Po devait observer des règles de confidentialité et que son accès aux tierces personnes est interdite". Il lui a également été demandé de montrer au jury la pièce dans laquelle elle se trouvait, ce qui lui était impossible, car son ordinateur est fixe. "Je m’engage à donner le dernier mot à ma performance orale dans mon évaluation et non à un imprévu discriminant."

Sciences Po invoque "des lacunes et un manque d’analyse critique"

Sénabou Ben Halima a déjà envoyé plusieurs lettres à Sciences Po suite à son refus d’admission. Elle espère toujours une réponse de la directrice de l’école. La Direction des admissions lui a adressé une réponse suite à sa demande de réévaluation de son épreuve orale. L’école n’a pas répondu favorablement à sa requête et assure dans une lettre qu’a pu consulter France 3 Paris Ile-de-France que les imprévus familiaux de la jeune fille n’avaient pas influencé négativement la note. 

Contactée, Sciences Po invoque "des lacunes et un manque d’analyse critique" pour justifier la note de 11,40 sur 20. Sénabou Ben Halima a partagé dans une lettre en réponse à l'attention du  jury, le bilan qu'elle retient de la qualité de l'épreuve afin de recueillir de plus amples détails sur sa notation. Elle estime de son côté avoir réussi les deux parties de l’oral.  

Elle ajoute par ailleurs qu’elle espérait que sa capacité à surmonter le stress en poursuivant son oral malgré les conditions difficiles soient prises en compte. "Je pensais qu’il verrait en cela ma capacité à m’adapter, mais cela n’a pas été le cas", explique-t-elle.

Sénabou Ben Halima justifie l’importance de sa pétition en expliquant qu’elle vise à mettre en lumière la difficulté de déposer un recours ou de contester une décision d’une école reconnue malgré des justifications valables comme un contexte familial défavorable lors des épreuves en distanciel. Après avoir été admise dans une école à Montréal, elle espère désormais promouvoir l’égalité des chances à travers des recours déposés devant le Tribunal administratif de Paris.

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