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L'Île-de-France, en mode apprenti : une région bonne élève !

© Dieter Nagl/AFP
© Dieter Nagl/AFP

Les premiers chiffres franciliens de 2018 sont excellents en matière d'apprentissage : près de 86.000 apprentis recensés ! Un succès qui se confirme. Plus 26.700 apprentis par rapport à la saison juin 2016-mai 2017.

Par France Montagne / ET

Les premiers chiffres franciliens de 2018 sont excellents en matière d'apprentissage : près de 86.000 apprentis y ont été recensés. Le détail des chiffres en région parisienne...

Une hausse de l’apprentissage portée par le secteur public

En cette saison de conseil de classe, l'élève Île-de-France, en matière d'apprentissage, aurait pu voir son nom inscrit au tableau d'honneur. Le nombre total de contrats augmente de 2,1 % par rapport à la campagne de 2015/2016. La baisse constatée entre 2013 et 2015 dans la région parisienne est donc enrayée, sans toutefois que le niveau de 2012/2013 soit de nouveau atteint.

C’est surtout le dynamisme des recrutements d’apprentis dans le secteur public, même si le volume reste modeste, qui a permis cette remontée (+ 65 % de contrats dans le secteur public sur les deux dernières campagnes contre + 0,7 % dans le secteur privé).

Paris est le département où le nombre de contrats enregistrés est le plus élevé de la région, suivi des Hauts-de-Seine. Le Val-d’Oise est le département qui en enregistre le moins. Le nombre de contrats du secteur public est partout en hausse. Paris, les Yvelines et le Val-de-Marne concentrent 72 % des enregistrements de contrats d’apprentissage publics de la région, ce qui s’explique par la présence des rectorats, les services de l’Éducation nationale étant un grand employeur d’apprentis.

Par rapport à la campagne 2015/2016, l’enregistrement des contrats d’apprentissage du secteur privé a évolué de façon contrastée selon les départements : l’Essonne a connu une baisse des enregistrements (- 2,5 %) alors qu’une augmentation est constatée dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et surtout la Seine-Saint-Denis.
© Région IDF
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La durée des contrats est majoritairement de deux ans, mais le nombre de contrats d’un an est en hausse

La moitié des contrats couvre deux années d’apprentissage, soit entre 13 et 24 mois ; mais on constate que de plus en plus de contrats sont conclus pour des durées inférieures ou égales à 12 mois. Leur part a augmenté de 1,4 point au cours des quatre dernières campagnes pour s’établir à 38,8 %. Cette tendance s’explique en grande partie par les recrutements dans le secteur public, où les contrats d’un an sont fréquents. A l’inverse, les contrats de plus de 24 mois sont de moins en moins fréquents, surtout dans le secteur privé.

La durée du contrat dépend fortement du type de diplôme préparé. Pour les CAP et le niveau bac +2 (BTS, DUT), les contrats de deux années prédominent tandis que les licences sont à 78 % des contrats d’un an. Les durées sont plus hétérogènes pour les baccalauréats et les titres de master ou d’ingénieur, où il est également plus fréquent de conclure des contrats couvrant trois années d’apprentissage.

Environ 28.000 établissements recrutent des apprentis chaque année en Île-de-France

Le nombre moyen de contrats d’apprentissage par établissement est de deux. Ce taux est plus élevé dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis et dans les Yvelines, départements où la part des contrats conclus par des établissements de 250 salariés et plus est élevée. L’apprentissage dans la région est avant tout orienté vers les services, qui représentent 56 % des contrats, contre 38 % pour l’ensemble de la France. La part des contrats dans les activités financières, le conseil de gestion, l’informatique est plus élevée en Île-de-France que sur l’ensemble du territoire national.
Les principaux secteurs de recrutement d’apprentis en Île-de-France restent inchangés par rapport aux années précédentes, avec en tête le commerce de détail (10 % des contrats), les travaux de construction spécialisés (8 %) et la restauration (7 %). Néanmoins ces deux derniers secteurs ont diminué leur nombre d’apprentis sur les quatre dernières campagnes, tout comme des secteurs comme la coiffure-esthétique, les transports terrestres ou les télécommunications.

A l’inverse, les recrutements d’apprentis sont en hausse dans l’industrie automobile, le commerce, les services financiers ou encore l’informatique. Parallèlement, on observe que de plus en plus de recrutements relevant d’établissements d’au moins 250 salariés, ces derniers composant la grande part des secteurs en progression. Par exemple, dans les activités financières, 59 % des contrats sont le fait d’établissements d’au moins 250 salariés.

En 2016/2017, les établissements de 250 salariés et plus ont conclu 29 % des contrats d’apprentissage dans la région. Les établissements de moins de dix salariés demeurent cependant les principaux recruteurs d’apprentis : ils représentent 52 % des employeurs et 33 % des contrats du secteur privé.

De plus en plus d’étudiants en apprentissage et de moins en moins d’élèves du secondaire

L’année précédant le contrat d’apprentissage 2016/2017, 64 % des jeunes étaient en formation initiale, 23 % étaient déjà en alternance, 6 % étaient salariés. Les demandeurs d’emplois et les inactifs représentent 5 % des entrées en apprentissage. Les contrats avec des apprentis reconnus travailleurs handicapés s’élèvent à peine à 1 %, mais cette proportion est toutefois en légère progression par rapport à 2013/2014.

En 2016/2017, 64 % des contrats sont passés pour la préparation de diplômes de l’enseignement supérieur. Cette proportion a augmenté de cinq points depuis 2013/2014. Malgré la hausse du nombre de contrats lors de la dernière campagne, les apprentis préparant un diplôme de CAP ou équivalent sont de moins en moins nombreux.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse. D’un côté, la baisse des redoublements dans le secondaire a rajeuni les effectifs ; or les plus jeunes sont moins enclins à entrer dans le monde professionnel. L’âge peut aussi être un frein à l’embauche dans certains secteurs : par exemple, les entreprises du bâtiment peuvent être réticentes à employer sur des travaux potentiellement dangereux des apprentis trop jeunes.

Par ailleurs, la dégradation de l’activité, dans les secteurs qui emploient la plupart des apprentis sur ces niveaux de qualification, a tiré vers le bas le nombre de recrutements, qu’il s’agisse d’apprentis ou des jeunes en général. Sur la campagne 2016/2017 en Île-de-France, 9 % des apprentis préparent un titre professionnel. 
© Région IDF
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Une féminisation de l’apprentissage allant de pair avec la hausse des niveaux de qualification

Compte tenu de la hausse des niveaux de formation, la moyenne d’âge des apprentis franciliens tend également à augmenter, notamment sur la classe d’âge 18-20 ans dont la proportion est passée de 33 % à 35 % des contrats. La part des apprentis mineurs est passée de 20 % à 17 % au cours des quatre dernières campagnes.

Les jeunes âgés de 21 à 25 ans demeurent les plus représentés parmi les apprentis franciliens (46 %). Les femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer en apprentissage mais elles demeurent encore minoritaires : en 2016/2017, elles représentent 44 % des apprentis franciliens, davantage que la moyenne nationale qui est de 34 %.

Cette moyenne cache cependant des disparités très importantes selon les spécialités de formation et les niveaux de qualification. Plus le niveau de diplôme préparé est élevé, plus les femmes sont présentes : alors que 35 % des apprentis de niveau CAP ou équivalent sont des femmes, c’est le cas de 51 % des apprentis de niveau bac+5. Cela explique notamment que les apprenties soient nombreuses à Paris, ville étudiante, alors qu’elles ne sont que 40 % parmi les apprentis résidant en Seine-et-Marne.

Ruptures de contrat et abandons de l’apprentissage

25 % des apprentis ayant débuté leur apprentissage en 2013/2014 ont rompu leur contrat. Le taux de rupture des contrats en Île-de-France est inférieur à celui constaté sur l’ensemble de la France. Cela s’explique par les caractéristiques des apprentis de la région francilienne : plus diplômés, travaillant plus souvent dans des établissements de grandes tailles et bénéficiaires de contrats plus courts.

Les ruptures concernent majoritairement les niveaux de diplôme les moins élevés et les secteurs d’activité qui recrutent au niveau du CAP ou du bac professionnel. A niveau de diplôme équivalent, les jeunes qui ont des contrats d’un an rompent deux fois moins leur contrat que ceux qui ont conclu des contrats de deux ans.

Mais, à même durée de contrat, les jeunes de CAP et de bac professionnel rompent davantage que les jeunes en licence ou master. 15 % des nouveaux apprentis de 2013/2014 ont abandonné l’apprentissage. La restauration et coiffure-esthétique sont les secteurs les plus exposés aux ruptures de contrat d’apprentissage.
© Région IDF
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Chiffres clés de l'alternance en France

• 405.205 apprentis.
• 288.700 nouveaux contrats signés (+ 1,9 % en un an) dont 4.200 dans le secteur public (+ 64,7 %).
• sept apprentis sur 10 trouvent un emploi dans les sept mois après leur formation, dont 60 % en CDI.
• trois apprentis sur 4 sont employés dans une entreprise de moins de 50 salariés.
• Seuls 33 % des apprentis sont des femmes.
• Salaire moyen d’un apprenti : 869 euros net.

(Sources : Dares, ministère du Travail, Eurostat, ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, chiffres 2016/2017)

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