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Kery James, rappeur et icône de nos cités

Le rappeur Kery James à Paris en septembre 2016. / © Bertrand Guay / AFP
Le rappeur Kery James à Paris en septembre 2016. / © Bertrand Guay / AFP

Kery James vient de sortir un nouvel album "J’rap encore". Après plus de 25 ans de carrière, c’est toujours le "grand frère" qui encourage à ne jamais baisser les bras et fait rêver.
 

Par Emmanuelle Dumas

Kery James a la rage au cœur et se souvient d’où il vient, la banlieue … Il vient de sortir un nouvel album "J’rap encore" le 16 novembre dernier et continue sa tournée tout le mois de décembre. Il sera au Zénith à Paris, samedi 8 décembre.
 

Amal, une femme modèle

Un des thèmes de ce dernier album, c’est l’éloge du courage de toutes les femmes des quartiers, comme par exemple Amal Bentounsi, qui a repris à plus de 40 ans des études d’avocate, et a créé l’association "Urgence notre police assassine" pour dénoncer les violences policières. Elle venait de perdre son frère, Amine, braqueur tué d’une balle dans le dos par un policier, lors d’une course poursuite dans les rues de Noisy-le-Sec, en avril 2012. Le policier a été condamné en appel à 5 ans de prison avec sursis en mars 2017.

 

On n’est pas condamné à l’échec

Kery James appelle les siens à ne jamais renoncer. Il se sent autorisé à le faire, il sait d’où il vient et le parcours difficile qu’il a connu.
Né en Guadeloupe, de parents haïtiens, il arrive en France à 7 ans et découvre la dureté de la vie de banlieusard à 5 dans une pièce de 30 m² de la cité Calmette à Orly. Il en parle avec émotion dans sa chanson " 28 décembre 1977" , qui raconte son arrivée et ses premières années en métropole. Il se souvient d’un quartier où l’héroïne faisait des ravages.

A 14 ans il est à la tête du groupe Idéal J : son premier titre "Le Ghetto français" dénonce la dureté de la vie dans les cités. Il commence à rapper dans le collectif Mafia K1 Fry qui dénonce le racisme, la pauvreté et la violence des quartiers. 

En 1999, l’un des membres de son groupe, Lassana Touré est assassiné. C’est un choc pour lui. Il quitte tout et se convertit à l’islam et en 2000 se lance dans une carrière en solo.

Tout au long de sa carrière, il n’a de cesse de répéter, de crier : « On n’est pas condamné à l’échec », comme dans sa chanson en 2008 "Banlieusards" et en 2013 appelle à la solidarité entre les gars des cités dans "Constat amer ". 
Il galvanise son public, donne de l’espoir.

besoin de solidarité si l’on veut espérer un jour pouvoir quitter la précarité
la pauvreté ne peut excuser le fait de se comporter comme des non civilisés

 

L’éducation pour aller au bout de ses rêves

En 2008, Kery James crée l’association ACES : Apprendre, Comprendre, Entreprendre et Servir pour permettre à des jeunes qui n’ont pas les moyens, de poursuivre leurs études secondaires, avec une bourse de 6.000 euros.
Il est soutenu par des célébrités comme Omar Sy,l’acteur et le footballeur Florent Malouda

"Alix l’exilé, Kery le rappeur, James le voyou, Ali le musulman"

"Les quatre visages de Kery James", un documentaire réalisé en 2012 par Philippe Roizes raconte les différentes facettes de l'artiste après 20 ans de carrière.
La même année, il donne un concert dans la salle mythique des Bouffes du Nord à Paris.
 

Des jeunes de banlieues responsables

En 2017, il joue dans la pièce de théâtre "A Vif " au théâtre du Rond-Point. Son rôle est celui d’un jeune avocat qui tente un concours d’éloquence contre un de ses pairs. Son rival affirme que l’Etat est responsable de la situation déplorable des banlieues, tandis que lui rejette cette version et clame que les jeunes de banlieues ne sont pas des victimes, mais qu’ils sont responsables. Pour lui, ils n’ont pas d’excuses pour se laisser aller.
Le public de cette pièce est hétéroclite, beaucoup vont au théâtre pour la première fois.

C’est la cité telle que je la connais, tout le monde se connaît, il y a de la solidarité entre les gens, Kery James.

Kery James a aussi écrit le scénario d’un premier long-métrage pour Netflix : " Banlieusards " réalisé par Leila Sy.
" A Vif "  en était l’adaptation théâtrale. Le film raconte l’histoire d’un gamin partagé entre deux modèles de " grands frères " : le gangster et le futur avocat. Kery James a choisi la cité du Bois L’Abbé de Champigny sur Marne pour tourner ce film, à un vingtaine de kilomètres d’Orly, pendant cinq semaines en septembre, octobre de cette année. 350 habitants de Champigny ont été recrutés. Le film sortira en septembre 2019.
 

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