La quête des 500 signatures : un souci en moins pour Marine Le Pen

Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse à Nanterre (Hauts-de-Seine), le 25 juin 2014. / © Thomas Padilla /MAXPPP
Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse à Nanterre (Hauts-de-Seine), le 25 juin 2014. / © Thomas Padilla /MAXPPP

Pendant tout ce premier week-end de février, le Front national est en séminaire à Etiolles dans l'Essonne. Au menu des discussions, la stratégie de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017. Un sujet ne sera abordé que brièvement : la quête des 500 signatures. Un changement d'habitude pour le FN.

Par Daic Audouit

Pendant tout ce premier week-end de février, les cadres du FN sont réunis à Etiolles dans l'Essonne pour un séminaire de travail. Au country-club de cette petite ville de 3.000 habitants. 

Mise au vert

Un cadre qui n'est pas sans rappeler les mises au vert des sportifs avant les grandS matchs. "C'est notre Clairefontaine à nous", plaisante Nicolas Bay, secrétaire général du parti de Marine Le Pen. Au menu des discussions, la stratégie pour la campagne de l'élection présidentielle de 2017. 

Où se placer sur le terrain ? Faut-il se déporter exclusivement sur le couloir droit ? Comment s'approcher de la surface de réparation en seconde mi-temps et arrêter de tricoter au milieu ? Jouer hors de la zone euro n'est-ce pas risquer le hors-jeu à chaque offensive ?

Autant de sujets qui seront abordés. En revanche pas de souci pour constituer un club de supporters. Il n'est pas prévu de discuter de la quête des 500 signatures de maires nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle. Et c'est une grande nouveauté au FN. 

Fin du marchandage de tapis

Tout le monde se souvient des éternelles difficultés pour le parti à obtenir ce précieux sésame. Des difficultés mises en scène à chaque fois mais qui n'en étaient pas moins réelles. Mais pour 2017 ce ne sera plus le cas grâce aux succès électoraux depuis 2012. Nos confrères du Huffington Post estiment à 440, le nombre d'élus frontistes susceptibles d'offrir leur parrainage à la candidate Marine Le Pen. Un chiffre confirmé par Nicolas Bay. En effet, parler de signatures de maires est un raccourci. Les députés,les sénateurs  les conseillers régionaux ou départementaux peuvent également apporter leur signature. 

Bref, le FN n'a qu'une cinquantaine de signatures à aller chercher. "Avec notre réseau habituel de maires ruraux, cela devrait suffire", estime Jean-Lin Lacapelle, conseiller régional d'Île-de-France. "Il y a des maires dans les petits villages qui ne sont pas élus FN mais qui ont leur carte au parti", ajoute Nicolas Bay

Une bonne nouvelle pour les équipes chargées de la collecte, notamment en Île-de-France, région très peu pourvoyeuse en signatures pour le FN. Voir la carte interactive réalisée par OVNI.fr en 2012.

"Ca change vraiment parce qu'au moment fort de la campagne présidentielle,fin février, début mars on va être focalisé sur le programme et plus sur cette quête", estime Nicolas Bay. "Cela prenait énormément d'énergie à nos équipes militantes. C'était autant de temps en moins à consacrer au terrain", surenchérit Jean-Lin Lacapelle. "On sera libre de faire de la politique et plus seulement les marchands de tapis", résume un autre cadre du mouvement.

Structure administrative légère

C'était aussi une nouveauté en terme de communication. "Il y avait un biais. Les journalistes n'avaient que cette question à la bouche: vous en êtes où, vous en êtes où ?", explique le conseiller régional d'Île-de-France. Marine Le Pen en 2012, n'était pas là dernière à évoquer cette question régulièrement sous le mode victimaire en criant à l'injustice démocratique. Elle se présentait volontiers en porte-parole d'autres candidats. 

"Il y avait un effet négatif. Ça nous plaçait dans la catégorie des petits candidats", commente Nicolas Bay.

Le secrétaire général du FN confirme néanmoins que son parti enverra un courrier à tous les maires des petites communes pour obtenir leur parrainage. Une façon de montrer sa force en ayant bien plus de 500 signatures et de se prémunir contre d'éventuels coups de Trafalgar de dernière minute avec d'éventuels mouvements de fronde au sein du parti. 

Mais ce sera "une structure administrative légère", promet le numéro 3 du FN.

Le maire d'Etiolles ne "cautionne pas" la présence du FN dans sa commune.

Le maire d'Etiolles, Philippe Jumelle, s'est ému hier de la présence du FN dans sa commune. "Dans ce contexte et face à la réaction de ses concitoyens,
l’équipe municipale tient à préciser qu’elle n’est, en aucun cas, solidaire des idées et des opinions du Front National et qu’elle n’a, à aucun moment, encouragé la tenue d’un tel événement qui pourrait porter atteinte à l’image du village et de ses habitants
", écrit ce maire sans étiquette dans un communiqué. 

La responsable du FN dans l'Essonne a réagi sur twitter. "En mal de notorieté, le petit roitelet local essaye de créer et surfer sur sa polémique stérile et inutile", écrit Audrey Guibert.

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