Les magasins de jeux vidéo rouvrent en zones confinées

Les commerces vendant des jeux vidéo implantés dans des centres commerciaux qui ont fermés devront de leur côté maintenir leur rideau de fer baissé.

Un joueur tenant la manette d'une console de jeu. Photo AFP
Un joueur tenant la manette d'une console de jeu. Photo AFP

Les jeux vidéo, des biens essentiels ? Oui, pour les professionnels du domaine. Après les coiffeurs, librairies, disquaires et fleuristes, c’est au tour du secteur du gaming de voir ses magasins rouvrir en Île-de-France. Dans le XIème arrondissement de Paris, boulevard Voltaire, se concentrent un grand nombre de commerces de jeux vidéo et de produits dérivés (figurines, bandes-dessinées…). Certains sont ouverts. D’autres ferment tout en gardant le principe de click-and-collect, autorisé pendant le nouveau confinement entré en vigueur ce week-end.

"Des biens culturels"

"Nous sommes soulagés", nous confie Michaël, vendeur au magasin Retrogameplay. Cette décision d’ouvrir les magasins de jeux vidéo est "cohérente pour nous. Nos clients viennent chercher dans nos produits une échappatoire bien utile, voire essentielle en temps de Covid (…) tout comme d’autres dans les librairies", ajoute-t-il, exprimant par ailleurs sa solidarité envers les autres magasins du quartier qui eux ont dû fermer leurs portes.

Nous sommes soulagés

Mickaël

"Les jeux vidéo sont des biens culturels", estime de son côté un autre vendeur dans une autre boutique du quartier, qui ne comprend d’ailleurs pas pourquoi les magasins de gaming rouvrent alors que les cinémas, eux, restent fermés "alors qu’ils ont des possibilités de contrôle des places et des mesures barrières bien plus avantageuses". "Je suis content de pouvoir travailler, mais rouvrir les magasins est une décision totalement contradictoire avec la situation actuelle", mesure son collègue. "Si on reste ouvert et qu’on accueille trente personnes dans les magasins, on n’aura rien changé", ajoute-t-il.

Campagne centrée sur la jeunesse

La réouverture des commerces de jeux vidéo est notamment due à des initiatives entreprises par le SELL, le syndicat historique des éditeurs de jeux, auprès de cabinets ministériels. Les professionnels du secteur du gaming ont mal vu les librairies et les disquaires rester ouverts. La stratégie de communication et de persuasion du SELL s’est fortement basée sur la jeunesse. "Nous nous sommes mobilisés pour demander des explications. On a fait passer des argumentaires pour montrer en quoi le jeu vidéo est un bien essentiel et doit être traité à l'égal des autres", explique son porte-parole Nicolas Vignolles, contacté par France 3 Paris IDF.

Le jeu vidéo est un loisir pour 82% des 25-34 ans et pour 87% des 19-24 ans

Nicolas Vignolles, porte-parole du SELL

"Ce qui a sans doute le plus touché, c'est que nous sommes très présents dans le secteur de la jeunesse. Le jeu vidéo est un loisir pour 82% des 25-34 ans et pour 87% des 19-24 ans. Et quand on confine sa jeunesse, c’est illogique de ne pas la laisser accéder à son premier loisir culturel (…) il lui fait par ailleurs respecter et passer plus vite le confinement", précise Nicolas Vignolles. Par ailleurs, 71% des Français jouent, au moins occasionnellement à un jeu vidéo. Le syndicat a fini par obtenir satisfaction. " La mobilisation du jeu vidéo a été entendue !", expliquait-il sur Twitter hier après-midi.

Décret

Le SELL mise également sur une lecture détaillée du décret paru le samedi 20 mars au Journal Officiel, et qui détaille les magasins qui ont le droit d’ouvrir leurs portes. La vente de jeux vidéo est autorisée dans les magasins de moins de 400 m2, ainsi que dans les surfaces de plus de 400 m2, considérés comme "commerce de détail d’ordinateurs, d’unités périphériques et de logiciels en magasin spécialisé". Or, cette dénomination correspond, selon l'INSEE, au code "NAF 47.41Z". Celui-ci couvre "le commerce de détail de logiciels non personnalisés, y compris les jeux vidéo".

"La lecture est très claire (…) ce n'est pas un vide juridique que l'on exploite. On applique ce qui est dit noir sur blanc dans le décret", explique Nicolas Vignolles. Les magasins de jeux vidéo implantés dans des centres commerciaux qui ont fermés devront de leur côté maintenir leur rideau de fer baissé.

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