"Les yeux fermés" : rencontre avec les sportifs d’exception du cécifoot

Ils sont non-voyants et excellents balle au pied comme dans la vie de tous les jours. Gaël et Bandiougou sont deux des héros du documentaire « Les yeux fermés » diffusé ce jeudi sur France 3 Paris Ile-de-France.

« La première fois que je suis allée assister à un entrainement au club de foot pour aveugles de Bondy, j’ai pris une claque : voir des hommes et des femmes qui, malgré un handicap très fort, réussissent à s’adapter et à développer des capacités hors du commun. Personnellement, ils m’ont donné une leçon… ». Emmanuelle Msika, la réalisatrice du documentaire « Les yeux fermés », se souvient parfaitement de son premier contact avec le cécifoot. C’est ce jour-là qu’elle a eu l’idée d’en faire un film.

Parce que devant elle, des héros méconnus jouaient au foot malgré la pluie. Pour n’importe quel sportif, la pluie est désagréable, mais elle n’empêche pas de jouer. Pour un joueur à qui il manque la vue et qui se guide grâce à l’ouïe, ça complique très fortement la tâche. Les joueurs doivent redoubler d’effort pour repérer la position du ballon grâce aux grelots qu’il contient, et ce soir-là, ils le font avec une incroyable précision.

Repérer le ballon grâce aux tintements des grelots

« Sur le terrain, je n’ai pas vu des handicapés, mais des personnes aux capacités extraordinaires. Il suffit de fermer les yeux et de commencer à se déplacer pour s’en rendre compte. L’équilibre devient très vite extrêmement fragile et tous nos repères disparaissent »  raconte Emmanuelle Msika. Les footeux de Bondy eux aussi, ont perdu leurs repères un jour. Mais ils ont continué à marcher et à avancer.

"Être traité comme un sportif, ni plus, ni moins"

Qu'ils soient joueurs débutants ou confirmés, peu importe pour Samir, l’entraineur des bondynois. Il ne ménage personne. « Je sais qu’ils veulent tous être traités normalement, comme des sportifs et surtout pas comme des enfants. ». Car la compétition et ce ballon rond rempli de grelots ne sont qu’un prétexte pour se surpasser et être considéré, non pas comme un handicapé qui joue au foot, mais comme un sportif, ni plus, ni moins.

Bandiougou confirme : « Ça ne me fait pas du tout plaisir quand j’entends « C’est fou ce que les aveugles peuvent faire » ou « C’est génial ce que vous faites, bravo ! » Je sais que ça part d’une bonne intention, mais en fait je préférerais entendre « Il n’était pas terrible ton tir, t’étais à 3 mètres du but ». 

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Gaël Rivière, international de cécifoot et joueur du club de Bondy ©France 3 PIDF

« Les yeux fermés », à voir ce jeudi en deuxième partie de soirée sur France 3 Paris Ile-de-France, puis sur France.TV