Messie Katanga, du judo au MMA, un combattant polyvalent à l’état brut

Avec un palmarès bien garni en judo, une bonne boxe et une expérience courte mais pleine d’enseignements en rugby, Messie Katanga fait partie de ces sportifs rares dotés d’une polyvalence à toute épreuve. Celle-ci lui est de la plus grande utilité dans sa nouvelle vie de combattant MMA.

Messie Katanga photographié lors d'une compétition de judo en 2017.
Messie Katanga photographié lors d'une compétition de judo en 2017. © ISSOUF SANOGO / AFP

Le MMA semble fait pour Messie Katanga. Cette discipline, qui mélange tous les sports de combat, a séduit celui qui a posé le pied sur un tatami dès l’âge de 3 ans. Cet enfant hyperactif comprend très vite qu’il peut se servir de ses qualités physiques hors normes pour son âge afin d’exceller dans le judo. Les entraineurs de son club de Villiers-Le-Bel dans le Val-d'Oise le remarquent rapidement. "J’ai été très vite surclassé", se rappelle-t-il. À trois ans, il combat déjà des enfants de 5 ans et gagne souvent.

À 14 ans, il part à Tourcoing en sport études où il remporte ses premiers titres nationaux en cadets. Messie intègre ensuite le Pôle France à l’INSEP. Sa carrière décolle et il remporte les titres mondiaux de sa catégorie d’âge. Après son passage chez les juniors, il tente une expérience d’une saison avec la section de rugby. Cet essai dans un sport collectif n’est pas concluant. Katanga explique : "Le rugby est un sport collectif, or, je suis quelqu’un d’assez individualiste donc ça ne collait pas avec un sport d’équipe". Il retourne rapidement sur les tatamis et ses performances en junior lui permettent d’être classé troisième meilleur Français derrière un certain Teddy Riner, de 7 ans son ainée.

"Teddy est une inspiration pour moi"

Durant son enfance et son adolescence, Messie épluche les magazines de judo dans lesquels il puise son inspiration à travers le suivi de la carrière de son mentor et ami. "Teddy m’a beaucoup inspiré, je l’ai toujours vu comme une motivation, je voulais tout faire pour pouvoir m’entraîner avec lui et avoir le même succès que lui"

Si la relation entre les deux hommes est amicale en dehors des tatamis, au moment du combat, la compétition et l’envie de gagner reprend le dessus. "Sur le tapis, on se faisait la guerre, on s’entraînait très dur", confie Kantanga. Ce goût prononcé pour la compétition et la victoire se retrouve dans l’entourage de Messie puisque l’un de ses cousins n’est autre que Tony Yoka, champion olympique de boxe des poids lourds à Rio en 2016. C’est d’ailleurs, entre autres, son attirance pour la boxe anglaise qui a poussé le judoka de formation à se lancer dans le MMA.

Le MMA, espace d’expression de sa polyvalence 

Fin 2018, le Francilien décide de commencer un programme d'entraînement en vue de rentrer en compétition en MMA.  "J’ai toujours énormément aimé la boxe anglaise et pratiquer la boxe thaïlandaise pour ma préparation physique en plus de mes entraînements de judo alors je savais que je pouvais être bon", affirme-t-il. 

Sur la façon dont les judokas sont perçus dans le circuit MMA, Messie apporte une précision importante : "Les combattants de corps-à-corps sont connus pour fuir le combat à distance et les coups. Or personnellement, je pense avoir une bonne boxe anglaise donc ça ne me fait pas peur du tout". À propos de ses ambitions, Messie se voit à moyen terme accéder au Graal des combattants de MMA : l’UFC. 

Son premier combat dans sa nouvelle discipline prévu le 10 avril dernier n’a pas pu se tenir à cause d’une blessure au ménisque qui le gène et nécessite une opération. Ce contretemps n’altère pas sa volonté de remplir son objectif qui reste le même dans chacune des disciplines dans lesquelles il concourt, être le meilleur.

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